Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Bryan Eubanks, Stéphane Rives : fq (Potlatch, 2015)

bryan eubanks stéphane rives fq

Le premier signal est aigu, qu’émettent Bryan Eubanks (oscillateurs et feedback de synthétiseur) et Stéphane Rives (saxophone soprano). Et ses strates, déjà fragiles, sont altérées par les fréquences provoquées ici et là par leurs rapprochements.

Mais les premiers sifflements – une dizaine de minutes, en et hors circuit – « menuisent » seulement : l’ouvrage électroacoustique tout juste dessiné est encore à venir. Dans une deuxième séquence, un grave perce et le soprano calque l’électronique, quelques reliefs se lèvent. C’est maintenant une conversation chantante qui projette ses expressions saillantes, saturées, tremblantes…, avant de les cristalliser.

A des instruments différents ayant su ne faire qu’un, les musiciens peuvent jouer enfin de rivalités : désormais, le soprano jabote, opposant sa découpe facétieuse à d’autres aigus persistants – qui ne provoquent jamais mais pénètrent plutôt – et le charme opère. C’est ainsi qu’en trois temps,  Bryan Eubanks et Stéphane Rives ont fait de leur exploration des oscillations un bel ouvrage en dentelle de fréquences. 

Bryan Eubanks, Stéphane Rives : fq (Potlatch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 9 september 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ fq
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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The Imaginary Soundscapes : A Way Out by Knowing Smile (Ruptured, 2011)

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Deux musiciens collaborant pour la première fois – ici, sous le nom de The Imaginary Soundscapes, Frédéric Nogray et Stéphane Rives – peuvent attendre pour en démontrer. C’est ce que disent les première secondes de Low, pièce qui compose avec High cet A Way Out by Knowing Smile.

Des secondes qui n’en démontrent pas, donc, et ne font pas plus preuve d’originalité. Mais dont l’hésitation saura disparaître à l’allumage d’une musique électronique accidentée : des courbes d’expressions diverses s’y rencontrent et se renversent sur l’endurance d’un drone ; des parasites grouillent sur restes de particules sonores et souvenirs d’improvisations en public ou de répétitions. L’apparition de longues notes découpées de saxophone marque d’ailleurs le tournant du projet, qui gagne en force et en profondeur. Dans le sillon désormais tracé, Nogray et Rives n’ont plus qu’à distribuer des aigus persistants pour conclure sous alarme leur premier et vaillant échange. 

The Imaginary Soundscapes : A Way Out by Knowing Smile (Ruptured)
Enregistrement : 2010-2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Low 02/ High
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Seijiro Murayama, Stéphane Rives : Axiom For The Duration (Potlatch, 2011)

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L’axiome promis par Seijiro Murayama et Stéphane Rives devra naître d’un principe commun et austère. L’échange est endurant qui décide de la rencontre du cercle au contour appuyé (insistance du frotteur) et de lignes qui se tiennent à distance (fugues du sopraniste).

« Butcherisé », Rives décide ainsi de notes longues et finies : ici, une alarme ; là, un sifflement ; ailleurs encore, un léger débordement. Le polissage de Murayama arrange, lui, le mouvement des lignes et ainsi le rythme du tableau : en milieu de parcours, ses effets élèvent même quelques reliefs : légers, qui ne peuvent obstruer l’horizon au bord duquel le soprano passera en transformateurs et sur lequel sauront se fondre la subtilité du percussionniste et la patience du saxophoniste. C’est aussi là que le duo trouvera l’équilibre qui lui convient ; là qu’il décidera donc de conclure.

Seijiro Murayama, Stéphane Rives : Axiom for the Duration (Potlatch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 5 et 6 mai 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ One Piece
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Wade Matthews, Stéphane Rives : Arethusa (Another Timbre, 2009)

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Il arrive que d’une belle idée naisse une belle œuvre. C’est le cas ici : l’idée a été de mettre face à face Stéphane Rives (au saxophone soprano) et Wade Matthews (aux fields recordings et electronics). Quant à l’œuvre en question, c’est Arethusa.

Sur Arethusa, le dialogue se passe de mots mais surtout pas de sons inhabituels. A tel point qu’il est difficile de les définir d’une autre manière qu’en utilisant des comparaisons : avec l’atmosphère tranquille d’un coin de Central Java ou la lumière transcrite en notes filtrant jusqu’au plus profond des souterrains. C’est dire que la collaboration de Rives et de Matthews est d’essence naturelle même si l'extrait que l'on trouve ci-dessous me fait mentir. Elle joue avec les matériaux (le bois, notamment), trois des quatre éléments (eau, terre, air) et avec de nombreux silences. Decrescendo : le duo a disparu.


Wade Matthews, Stéphane Rives, Arethusa (extrait). Courtesy of Another Timbre.

Wade Matthews, Stéphane Rives : Arethusa (Another Timbre)
Edition : 2009.
CD : 01/ 8:50 02/ 8:17 03/ 17:23 04/ 11:58
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ernesto Rodrigues, Rhodri Davies, Stéphane Rives, Guilherme Rodrigues, Carlos Santos : Twrf Neus Ciglau (Creative Sources, 2009)

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Au Música Portuguesa Hoje festival de Lisbonne, fut donnée l’année dernière une trentaine de minutes d’une musique électroacoustique élaborée par Rhodri Davies (harpe, électronique), Carlos Santos (électronique), Stéphane Rives (saxophone soprano), et puis Guilherme et Ernesto Rodrigues (violoncelle et violon).

Plus d’une demi-heure, pour être tout à fait juste, d’une rencontre internationale s’entendant sur un amas de lignes de fuite, souterraines ou ascendantes, et de drones assemblés : là, un aigu perce, ailleurs, un autre renonce. L’improvisation s’immisce dans le paysage, attire à elle l’auditeur pour l’avaler ensuite. L’exercice est réussi, et l’épreuve : manifeste.

Ernesto Rodrigues, Rhodri Davies, Stéphane Rives, Guilherme Rodrigues, Carlos Santos : Twrf Neus Ciglau (Creative Sources)
Enregistrement : 12 juillet 2008. Edition : 2009
CD : 01/ #1
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Archives Ernesto Rodrigues
Archives Rhodri Davies

Archives Stéphane Rives

Archives Guilherme Rodrigues

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Marc Baron, Bertrand Denzler, Jean-Luc Guionnet, Stéphane Rives: Propagations (Potlatch - 2007)

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Quatre saxophones (2 altos, 1 ténor et 1 soprano) servent une improvisation inquiète de révéler sa propre sonorité, à force de mesure et de pratiques expérimentales accordées.

Entassant souffles et drones, interventions timides ou osées, Baron, Denzler, Guionnet et Rives, passent de l’abstraction charmante d’une première partie à l’instauration d’élans plus palpables sur une deuxième, que la réflexion autant que l’insistance peaufinent avec lucidité. Plaidant pour l’éternel retour d’une note sur laquelle ils s’accordent, les musiciens dérangent ensuite leur entente au son de sifflements hauts et de graves, de ruptures soudaines et d’assauts fomentés. Menée avec intelligence, l’expérience rassure en révélant les conséquences heureuses de ses Propagations.

CD: 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3

Marc Baron, Bertrand Denzler, Jean-Luc Guionnet, Stéphane Rives - Propagations - 2007 - Potlatch. Orkhêstra International.

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