Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Galina Ustvolskaya : Piano Sonatas (Col Legno, 2012)

galina

On a beau préférer le noir de l’édition originale au bleu de la réédition, on n’en est pas moins heureux de retrouver les sonates pour piano de Galina Ustvolskaya, interprétées par Markus Hinterhäuser.

Bien sûr, j’ai encore – je veux dire, comme hier – l’impression de me faire réprimander par un piano quand mon attention faiblit un peu, quand je laisse aller mon oreille ailleurs que vers les notes que le piano m’envoie. Je présente alors mes excuses et me reconcentre : tiens, cette sonate ressemble à une étude, mais l’imagination de Ustvolskaya la transforme en mélodie douce ou en moment de tension.

Ma concentration, toujours elle, me fait suivre le balancement des accords ou m’invite à fredonner un air qui ressemble à du Satie mais qui tombe du bout des doigts d’Hinterhäuser. Jusqu’à la sixième sonate, j’ai donc obéis. Pourtant, cette sonate gronde plus qu’aucune autre. Je m’explique, je prouve mon attention, qui est accompagnée d’un beau plaisir. C’est alors que le silence gagne du terrain et soumet l’instrument, l’instrumentiste, puis le compositeur. Après quoi on ne se souvient que de la légèreté des pièces de Galina.

Galina Ustvolskaya : Piano Sonatas (Col Legno)
Enregistrement : 1998. Réédition : 2012.
CD : 01-06/ Sonata No. 1 - Sonata No. 6
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Mikko Innanen : F60.8 - Digital Home Recordings (Æon, 2009)

miko innanen f60

A un catalogue déjà fourni en références remarquées dans le domaine des musiques classique et contemporaine, le label Æon ajoute aujourd'hui trois disques signés de jeunes représentants de la scène improvisée finlandaise produits en collaboration avec Llma Records : La lumière noire du pianiste Aki Rissanen, Michelin Star du trio électroacoustique Verneri Pohjola / Joonas Riippa / Pekka Tuppurainen, et F60.8 du saxophoniste Mikko Innanen.

Instrumentiste doué et suffisamment célébré comme tel dans son pays, Innanen – 30 ans cette année – a déjà eu l'occasion de jouer aux côtés de partenaires de la taille de John Tchicai, Barry Guy ou Han Bennink. En 2004, il s'adonnait en plus au plaisir d'enregistrer en solitaire et à domicile une série d'improvisations qu'il retouchera un peu avant d'en composer une sélection : F60.8 – Digital Home Recordings, suite d'une quinzaine de vignettes sonores élaborées au moyen de saxophones alto, ténor, soprano et baryton, aujourd'hui devenu disque. Forcément expérimentale, la pratique d'Innanen s'amuse autant de ses instruments que des possibilités déstabilisatrices de l'amplification (bienveillance accordée aux saturations et confiance faite à l'effet des transports réverbérés) pour un résultat bientôt transformé en pièces atmosphériques inquiétantes, en collages abstraits et anguleux ou en morceaux d'un foklore bruitiste et opiniâtre. Sans jamais tomber dans le verbiage (le disque dépasse de peu la demi-heure), Innanen convainc sans trop en faire de la fertilité de son imagination en changeant chacun de ses emportements en souffle rafraîchissant.

Mikko Innanen : F60.8 - Digital Home Recordings (Æon / Harmonia Mundi)
Edition : 2009.
CD : F60.8
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Solo Andata : s/t (12k, 2009)

soloandasli

Compatriote du très estimable Lawrence English, le duo Solo Andata trace un aller simple entre les opposés de notre monde sur son second effort. Tissant des liens entre terre et eau, mouvement et statisme ou fraîcheur et chaleur, le duo australien exploite les armes secrètes de l’ambient en une démarche poétique d’une belle subtilité impressionniste.

Le voyage prend forme à bord d’un bateau dans le froid d’une nuit arctique (Ablation) pour s’achever en piéton dans la chaleur sauvage de Woods, Flesh, Bone. Au fil du parcours, qu’une déclinaison néo-classique digne de Max Richter expose l’humidité glaçante des  embruns obscurcis du grand Nord exprime un immense potentiel esthétique ou qu’une vision de la nuit aquatique développe une sérénité apaisante, les très belles sonorités de l’opus baignent dans un éther riche de sens. Au fur et à mesure, la température s’élève – c’est étonnant à quel point les deux Aussies parviennent à rendre physique la sensation, elle est non dénuée d’un mysticisme païen qui nous ramène au plus près des éléments. Au départ d’une guitare, d’un piano, d’un violoncelle ou de la résonance naturelle de matériaux organiques, les Solo Andata invitent à l’admiration du  monde et c’est mille fois plus passionnant que douze albums photos de Yann Arthus-Bertrand réunis.

Solo Andata : s/t (12K / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ Ablation 02/ Hydraulic Fluctuations 03/ Canal Rocks 04/ Beyond This Window 05/ In The Light Storming 06/ Look For More Here 07/ Loom 08/ Woods Flesh Bone
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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