Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Artificial Memory Trace : Hypnotikon (Unfathomless, 2016)

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D’où viennent ces grigris (cricri ? fouifoui ?...) qui sifflent à nos oreilles ? Où et quand Slavek Kwi / Artifical Memory Trace les a-t-il captés ? Eh bien je m’en vais vous le dire, car je sais lire et que dans la gangue du CD on a toutes les informations : dans le Nord de l’Australie (c’est le deuxième tome d’australOpus, tiens) en août 2009.

Ses insectes nocturnes, ses crabes-hermites speedés, etc., chantent donc dans des réserves naturelles et protégées. Tel quel (= Intakta), Kwi nous les rend sur la première plage pour les mettre un peu plus tard au diapason de ses humeurs. Dans une soucoupe volante, les bestioles ! La composition peut commencer. Le matériel électronique bogue ou glitche mais la métamorphose opère : les bêtes n’en sont plus, elles ont été synthétisées pour le bien d’une ambient tellurico-abstraite de bonne facture (même si, en ce qui me concerne, je n'ai pas succombé à l’hypnose).

hypnotikon

Artificial Memory Trace : Hypnotikon
Unfathomless
Enregistrement : 2009. Composition : 2012. Edition : 2016.
CD : 01/ Intakta 02/ Morf 03/ Tranzone 04/ 4mile Hole Billabong Underwater 05/ Hermitcrabs
Pierre Cécile © Le son du grisli

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David Michael, Slávek Kwi : Mmabolela (Gruenrekorder, 2015)

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Sonic Mmabolela est un festival, organisé par Francisco López et James Webb dans la réserve du même nom que ce double-CD. En 2013, il a permis à Slávek Kwi (Artificial Memory Trace) et David Michael de balader leurs micros (dès très tôt le matin !) sur un terrain riche en bestioles de toutes tailles et de toutes couleurs.

Rentrés à la maison, il leur a fallu réécouter tout ça pour composer (Kwi, CD1) ou éditer (Michael, CD2). In fine (CD1 et CD2, j’insiste – ce qui fait du matériau), leurs field recordings ne ressemblent pas aux field recordings de Môsieur Toutlemonde. Parce que Michael a l’air de prospecter avec un souci du détail quasi-scientifique (on entend même une mouche voler quand un hippopotame ne prend pas tout l’espace sonore) et que Kwi articule les bruits de la forêt en prenant en compte le rythme des chants ou en inventant des call and response sur-naturels…

Le plus étonnant restant quand Kwi, sous Artificial Memory Trace influence, donne l’impression d’emprisonner un insecte dans un pot de yaourth qu’il sonorise ou quand lui vient l’idée de planter violemment son micro dans le sol pour capter l’activité des grouillants / rampants. Peut-être ses plus belles prises !

David Michael, Slávek Kwi : Mmabolela (Gruenrekorder)
Enregistrement : novembre 2013. Edition : 2015.
2 CD : CD1 : Slávek Kwi – CD2 : David Michael
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Field Recordings Expéditives : Rodolphe Alexis, Michael Trommer, Artificial Memory Trace, Cathy Lane, Aymeric de Tapol...

field recordings expéditives le son du grisli

rodolphe alexis mornes diablotinsRodolphe Alexis : Morne Diablotins (Gruenrekorder, 2013)
Après s’être demandé à quoi pouvaient ressembler les îles des Caraïbes avant l’arrivée de Christophe Colomb, Rodolphe Alexis a pris l’avion en début d’année pour la Dominique. La faune de l’île, assez préservée, lui a offert des concerts d’oiseaux, de grenouilles des arbres, d’insectes et de pluie qui tombe comme nulle part ailleurs. A écouter la nuit, pour respecter le décalage horaire, comme en signe de respect pour ce beau documentaire sonore. (pc)

htoMichael Trommer : HTO (3Leaves, 2012)
C’est son lac qui donna son nom à la ville de Toronto… Il y a peu, Michael Trommer est allé avec un matériel d’enregistrement inspecter ce qui lie à jamais la ville et... ce lac. Il a ramené HTO – hypothèse : H(²O)TO(ronto) ? – où l’on entend une mégapole submergée, des flux mélodiques et une présence glacée (pas HOT !) qui touche tout ce qui l’approche. Nous voilà contents mais humides. (pc)

artificial tidalArtificial Memory Trace : Tidal (Aufabwegen, 2013)
Slavek Kwi, c’est juré, ne touchera à aucun des sons (si ce n’est à ceux des dauphins) qu’il ramènera de ses voyages au Canada, en Irlande… Ces sons, il est allé les chercher une installation sonore en tête et sont tous répertoriés : des portes, des chats, des plantes aquatiques, une eau ruisselante, une mère démontée... Des morceaux de nature dont il se sert sur Tidal, un horizon peut-être lointain pour nous mais pas dénué d’intérêt. (pc)

hebrides suiteCathy Lane : The Hebrides Suite (Gruenrekorder, 2013)
Cathy Lane est partie à la recherche des traces sonores (je cite) que l’histoire a laissées sur les îles Hébrides, au large de l’Ecosse. Au milieu des bêlements, des bruits de pas et de moteurs, on découvre sur le CD de nombreux témoignages d’habitants qui peuvent parler en même temps ou que Lane peut transformer en les copiant et collant pour en faire de drôles de loops (là on est à la frontière de la « réalité augmentée »). Impossible de suivre toutes les nuances de la langue et de l’accent… il faut alors se raccrocher aux rythmes de ce document qui en devient poétique.  (pc)

aymeric de tapolAymeric de Tapol : Méridiens (Tanuki, 2013)
Comme Aki Onda dans ses Cassettes Memories, Aymeric de Tapol se rappelle deux voyages sur cette k7 bleue jaquetée de jaune. En face A, nous suivons (peut-être pas dans l’ordre) les étapes d’un séjour au Sénégal et au Mali fait en 1999 en écoutant des bruits de trafic, des musiciens parader, un enfant siffler… En face B, nous voici à Istanbul (2012 = meilleur enregistrement) au milieu de musiciens des rues ou à la portée des muezzins. Le trip ego-naturaliste révèle donc des intentions musicales… envoûtantes ! (pc)

christina_kubisch-ecki_guether-gruen_131Christina Kubisch, Eckehard Güther : Mosaïque Mosaic (Gruenrekorder, 2013)
Pour qui voyage (et non pas « fait »), chaque pays traversé sera de couleurs et de sons changeants. Invités par le Goethe-Institut de Yaoundé, Christina Kubisch et Eckehard Güther ont, en 2010, tendu leurs micros au Cameroun tout entier. La distance entre le pays d’origine et le pays d'accueil certifiait-elle que la chose enregistrée serait d’un quelconque intérêt ? Or, écoutons : les bruits (de marchés, ateliers, rues, transports, cultes…) défilent simplement, que notre duo capte en ravis : musicalement, presque rien ; quant à la chose documentaire, presque nulle. (gb)

daniel menche

Daniel Menche : Raw Fall (Tapeworm, 2010)
Tunnel falls at the eagle creek trail in Columbia River Gorge & South Falls in Silver Falls State Park located in the Oregon Cascade Mountains ated in the Oregon Cascade Mountains : voilà les sources de ces deux prises (une pour chaque face de cette cassette Tapeworm). Derrière l’accablant mur d’eau, Daniel Menche découvre un passage qui le ramène à un naturel tout tellurique : à ses mystères, à son évidence, à sa vérité. Voilà pourquoi il cite alors Roger Steen : « There is a reason for this madness and that is waterfall. » (gb)

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Artificial Memory Trace : Boto (Ini.Itu, 2012) / Ultrealith (Gruenrekorder, 2012)

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Un plaidoyer en faveur de la musique tchèque ? Faut dire : Slavek Kwi nous y invite en expédiant d’un coup d’un seul deux récents enregistrements de son Artificial Memory Trace. Une trentaine d’années qu’il travaille à ses enregistrements sur sites – le temps  donc de collaborer avec un autre grand nom du genre, Eric La Casa –, c’est dire si ses efforts méritent d’être récompensés… par quatre clefs, un diapason d'or ou dix perches tendues et qui forment une étoile !

Porté par un intérêt pour le dauphin d’eau douce (ainsi ai-je appris l’existence des dauphins d’eau douce), voilà Kwi parti pour le Brésil pour en revenir  avec Boto [Encantado]. Avec les chants qu’il a recueillis des bêtes, il construit une histoire. Me voici invité à entrer dans un paisible zoo où les animaux crient barrissent roucoulent puis dirigé dans une grotte sombre. La grotte est longue et regorge de présences et, qui s’y frotte s’y pique, le moindre effleurement est une menace. La voix du dauphin a été modifiée et n’est qu’un des éléments d’une dark ambient qui n’est pas piquée des vers (ou des hannetons, au choix).

Oui, ce genre d’hannetons qu’on aurait pu croiser sur la pochette d’Ultrealith, où Artificial Memory Trace joue avec des enregistrements de bruits du monde entier, normalement difficiles à capter. Tous dans la même boîte, ils participent d’une musique électroacoustique où l’aquatique a aussi son « mot à dire ». Pour avoir nourri ces sons à une heure indus, Kwi ne peut que constater leur métamorphose : du monde muet il a fait un fort en gueule à maxi-tête (de chauve-souris, d’insectes, etc.). C’est effrayant mais nous savons tous que ce genre de monstre n’existe pas. Ô qu'il est d’autant plus beau à entendre !

EN ECOUTE >>> Boto (extrait)

Artificial Memory Trace : Boto [Encantado] (Ini.Itu / Metamkine)
Edition : 2012.
LP : Boto [Encantado]

Artificial Memory Trace : Ultrealith (Gruenrekorder)
Edition : 2012.
CD : Ultrealith
Pierre Cécile © Le son du grisli

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