Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Simon Rose, Stefan Schultze : The Ten Thousand Things (Red Toucan, 2015)

simon rose stefan schultze the ten thousand things

Un drame se joue entre le convulsif baryton de Simon Rose et le piano anxiogène de Stefan Schultze. Entre Brötzmann, Lüdi et Gustafsson, le saxophoniste investit le premier plan ; le pianiste asphyxie, lui, une ruche bourdonnante, crispante. Réduisant leurs lourds ébats en de sages effleurements, le drame se restreint parfois en une inquiétude tenace, prégnante. Et ce, toujours, en terrain réduit.

Dans un monde où régnerait l’anxiété, ils seraient rois. Pour l’heure, ils ne sont que deux improvisateurs en prise avec des matières maintes fois polies et, ici, réactualisées avec la soif et l’enthousiasme qui sont les leurs.



simon rose

Simon Rose, Stefan Schultze : The Ten Thousand Things
Red Toucan Records

Enregistrement : 2013 / Edition : 2015
CD : 01/ Horsepower 02/ Dead End 03/ The Ten Thousand Things 04/ Magua 05/ Extinguish the Lamps 06/ Leviatan Blues 07/ Bird Sommersaults 08/ Straw Dogs 09/ Slippage 10/ Unstabled 11/ Fault Line
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Simon Rose : Schmetterling (Not Two, 2011)

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Si ce ne sont des fantômes, ce sont alors les promesses acoustiques du bois qu’est venu chercher le saxophoniste Simon Rose (Badland) dans une salle d'un hôpital psychiatrique de Berlin ? Enregistré d’une traite, en deux heures et demi, Schmetterling rassemble quatorze séquences de baryton solo qui crient que Rose va bien... même s’il exagère et inquiète même parfois.

Car Simon Rose peut tenir une note assez longtemps : la polir, la faire rouler à l’intérieur de son instrument. Mais il peut aussi tonner sur un monochrome. Sa vigueur, sa force, sont mises au service d’un expressionnisme flamboyant – oserai-je dire « à l’Allemande » ? La langue que parle Rose est rêche, râpeuse. Ses mots sont bruts, taillés à l’abrupt.  Et les éclats qui en ressortent vous arrivent souvent en pleine oreille.

Simon Rose : Schmetterling (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 27 avril 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Offworld 02/ Panopticon 03/ Wolf Street 04/ Sound on Squirrel 05/ Eel Feeler 06/ Boxhagener 07/ Winterfelt 08/ Spielen 09/ Like Tears in Rain 10/ Crater Lake 11/ Schmetterling 12/ Pike Market 13/ Hinter Mir 14/ At 14th
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Badland : The Society of The Spectacle (Emanem, 2005)

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Voici dix années que Badland œuvre pour la musique improvisée tout en répétant à l’envi que celle-ci n’appartient à personne. Respectant un mini manifeste pourfendeur de sérieux débordant ou de complexes à avoir, le trio n’en rend pas moins une musique insoupçonnable de frivolité ou d’irrévérence crasse.

Et d’abord, en approchant au maximum l’improvisation choisie du champ du jazz. Un free insatiable, par exemple, lorsque le saxophone de Simon Rose rappelle celui de David S. Ware sur le jeu de batterie éclaté de Steve Noble (The Society of the Spectacle, Part 2), tous deux partageant avec un troisième – le contrebassiste Simon H. Fell – d'épais désirs de cohérence.

En somme, ménager l’inspiration non cadrée et les petites obligations là pour ne pas déplaire. User des gimmicks est un stratagème : la contrebasse et le saxophone, sur Mia ; glisser quelques interventions plus expérimentales en est un autre : grincements divers, couacs, chocs internes et parcours révélés des souffles (Reeds in the Western World, Kittiwake) ; prôner un minimalisme soudain apte à calmer les esprits, un dernier : jusqu’à présenter sur Nissa une galerie longue de renoncements.

Mais le plus enthousiasmant se trouve encore ailleurs. Sur The Society of the Spectacle, Part 1 et Snipe, notamment, où l’énergie déployée ne lâche pas un seul instant. Le trio y porte aux nues des décisions explosives, et arrache à grands coups de serpes les restes d’intention que certains pourraient encore avoir concernant des tentatives inédites de furie en musique.

Stratèges de charges répétées, inébranlables et brutes, Rose, Fell et Noble, ont remporté, avec The Society of the Spectacle, une bataille livrée à la fois au sérieux et au médiocre. Faisant leurs et originales toutes les situations.

Badland : The Society of The Spectacle (Emanem / Orkhêstra International)
Edition : 2005.
CD : 01/ Kittiwake 02/ Elka 03/ The Society of the Spectacle (Part 2) 04/ Nissa 05/ The Society of the Spectacle (Part 1) 06/ Mia 07/ Snipe 08/ Reeds in the Western World
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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