Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

A paraître : le son du grisli #2Sortir : Festival Bruisme #7le son du grisli sur Twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Sigtryggur Berg Sigmarsson : So Long (Helen Scarsdale Agency, 2015)

sigtryggur berg sigmarsson so long

Et un exercice de prononciation, un, avec Sigtryggur Berg Sigmarsson, qu’on connait mieux en tant que collaborateur de BJ Nilsen et Evil Madness et, surtout, moitié du duo expérimental – on s’accroche aux loudpspeakersStilluppsteypa. Auteur d’une discographie aussi discrète qu’abondante (une quinzaine de titres), l’Islandais imprime à son So Long un vent glacial qui fera baisser la température de votre casque Sennheiser de vingt bons degrés.

Transpercés d’un blizzard sonore qu’interrompt un bourdonnement marin, mais aussi insectivore, au flux et reflux d’une marée assoupie, les sons de l’initial Eight Hour Delay invitent à l’attente dans un recoin d’une salle de transit, quelque part entre Narvik et Bergen. Intervient alors un bourdonnement vivace, est-ce une corne de brume détraquée où l’envoi d’une nouvelle ligne sidérurgique ?, au travers d’un calme fuyant et lointain, à la frontière du liturgique (The Trip et son orgue troublant), avant qu’un ultime non-assaut ne dépeigne un paysage en pleine recomposition glaciaire, entre matin blanc et renoncement frigorifié (Late Night Arrival).

Sigtryggur Berg Sigmarsson : So Long (Helen Scarsdale Agency)
Edition : 2015
CD : 01/ Eight Hour Delay 02/ The Trip 03/ Late Night Arrival
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Waldron, Stapleton, Sigmarsson, Haynes, Faulhaber : The Sleeping Moustache (Helen Scarsdale, 2006)

the sleeping moustache jim haynes ms waldron

Où l'on trouve Steven Stapleton – musicien qui, sous le nom de Nurse With Wound, s’adonnait déjà à une musique particulière, mêlant krautrock et psychédélisme tardif – aux côtés de quatre autres personnages (M.S. Waldron, Sigtryggur Berg Sigmarsson, Jim Haynes, R.K. Faulhaber), habitués aux concepts musicaux variables et spéciaux : minimalisme électronique, expérimentations déjantées et performances sonores.

Posté sous parasol surréaliste, le groupe imbrique cinq grandes compositions à cinq intermèdes concis – collages de voix accélérées, bouclées ou inversées, de grincements et freinages divers et de plaintes sorties d’un bestiaire imaginé sans doute sur l’instant. Ingrédients que l’on retrouve éparpillés ici ou là sur grandes plages, qu’elles servent une ambient en perdition sous les chocs amortis ou une progression de drones inconciliables. Ailleurs, les musiciens interrogent le langage – rapprochant ainsi encore davantage leur travail de celui de Kurt Schwitters et de Dada – ou peuvent se satisfaire de la longue exposition d’un amas de field recordings, chassé bientôt par une programmation électronique minimaliste, certes, mais faiblarde, aussi.

Boîte de Pandore ramassée, l’enregistrement séduit lorsqu’il arrive à ne pas se répéter, et plutôt que d’œuvre hallucinée et ombreuse, prend les atours d’exercice réussi de poésie sonore.

M.S. Waldron, Steven Stapleton, Sigtryggur Berg Sigmarsson, Jim Haynes, R.K. Faulhaber : The Sleeping Moustache (Helen Scarsdale)
Edition : 2006.
CD : 01-02/ The Sleeping Moustache
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]
>