Le son du grisli

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Evan Parker, Seymour Wright : Tie the Stone to the Wheel (Fataka, 2016)

evan parker seymour wright tie the stone to the wheel

Après avoir plusieurs fois enregistré avec Keith Rowe – l’épatant RKW, notamment – et Eddie Prévost, le saxophoniste (alto) Seymour Wright a donc approché Evan Parker : Tie the Stone to the Wheel a été enregistré en deux fois : deux Wheel le 5 octobre 2014 et trois Stone le 12.

La rencontre est d’abord volatile, qui accorde au gré des secondes un soprano et un alto sur des hauteurs accidentées : l’alto calque ses notes sur celles du soprano mais il en sera différemment auprès du ténor. Aiguisé encore, l’échange joue cette fois de différences : les coups portés sont vifs, mais tandis que Parker déroule des phrases d’un naturel déconcertant, Wright propose par séquences, s’exprime en ayant l’air de chercher des solutions.

Certes moins sûre d’elle, son expression n’en est pas moins valable. Sur les trois Stone annoncés, elle gagne ainsi en assurance : les saxophones – peu importe leur nature – semblent désormais ne faire qu’un. Le ton, l’allure, et même l’intention se frôlent de plus en plus et bientôt se confondent. Les dernières minutes de Tie the Stone to the Wheel valent d’ailleurs tous les discours.



fataka

Evan Parker, Seymour Wright : Tie the Stone to the Wheel
Fataka
Enregistrement : 5 & 12 octobre 2014. Edition : 2016.
CD : 01/ Wheel I 02/ Wheel II 03/ Stone I 04/ Stone II 05/ Stone III
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Nate Wooley, Seymour Wright : About Tenor And Saxophone (Fataka, 2013)

nate wooley seymour wright about trumpet and saxophone

Ces leçons (ou éclaircissements) de trompette et de saxophone ont été données en studio, le 4 juillet 2012, par deux musiciens affûtés aux techniques diverses : Nate Wooley, dont on ne cessera de se réjouir de l’activité débordante, et Seymour Wright, alto entendu souvent auprès d’Eddie Prévost.

Les premières respirations sont fragiles, obligeant les instruments à jouer, autrement que par le souffle assuré, de leurs hommes. Car l’enjeu est là, semble-t-il : dans l’illusion que trumpet and saxophone donnent de commander la machine humaine. Pas contrariante, celle-ci alterne alors trucs et astuces pour plaire et parfois interroger : de figures découpées net en vifs éclats et de réserves en longues notes sur lesquelles ils s’accordent, Wooley et Wright composent un recueil de neuf propositions dont le champ d’action balance entre expression rentrée et pressant empêchement. Et c’est l’équilibre que Wooley et Wright trouvent sur ce champ qui fait de cet enregistrement une réussite.

écoute le son du grisliNate Wooley, Seymour Wright
About Trumpet And Saxophone (extrait)

Nate Wooley, Seymour Wright : About Trumpet And Saxophone (Fataka / Metamkine)
Enregistrement : 4 juillet 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ 3:27 02/ 3:25 03/ 3:15 04/ 6:04 05/ 6:48 06/ 9:05 07/ 6:15 08/ 2:07 09/ 4:23
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Sebastian Lexer, Eddie Prévost, Seymour Wright : Impossibility in its Purest Form (Matchless, 2012)

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Et si l’idée était celle de s’arrêter une heure ? Sur le bleu du digipack et les tripoutres aux contours noirs qui s’y forment ? Une heure à intégrer de tout son corps un labyrinthe d’Escher avec dans les oreilles les improvisations d’Impossibility in its Purest Form. C'est-à-dire prendre le grand escalier et marcher sans s’arrêter en tenant compte des suggestions de la musique : ici à droite, à gauche plus loin, à moins qu’il ne faille déjà revenir en arrière ?  

On connaissait l’indétermination en musique, voici qu’a sonnée l’heure de l’impossibilité – son symbole est-il donc le triangle de Penrose. Un peu plus haut, conseille la première improvisation : Eddie Prévost (percussions) et Seymour Wright (saxophone alto) étirent des notes au maximum de leur possibilité, créent des rythmiques qui vouent au cercle une obsession sans bornes. Après quoi, Prévost et Sebastian Lexer (piano+, pour dire son piano préparé / augmenté) désignent une pièce qui ressemble à un atelier dans lequel on lustre le cuivre et on irrite le bois : à la suite des musiciens, l’auditeur s’y engouffre : l’espace créé des résonances qui le promènent dans une galerie de miroirs déformants. Sorti de là, il faudra suivre le chassé-croisé de Lexer et Wright : folle, leur imagination ne permet pas moins au troisième élément qu’est leur duo de terminer la structure – en musique, rien d’impossible.

Quelques semaines plus tard, le trio enregistrait Impossibility in its Purest Form. A entendre ici, des instruments sous étouffoirs avant que la signalisation mise en place par Wright ne décide de routes bientôt investies par quelques lignes longues, qui interfèrent et résonnent. Une pièce de musique qui, à plat et avec grâce, raconte les trois autres – en musique, rien d’impossible.

Sebastian Lexer, Eddie Prévost, Seymour Wright : Impossibility in its Purest Form (Matchless / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Trilinear α (Prévost/Wright) 02/ Trilinear β (Lexer/Prévost) 03/ Trilinear γ (Wright/Lexer) 04/ Impossibility in its Purest Form 23:26
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Keith Rowe, Martin Küchen, Seymour Wright : s/t (Another Timbre, 2010)

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Auprès de deux altos (Martin Küchen et Seymour Wright), le guitariste Keith Rowe enregistrait récemment une improvisation assez imposante pour se passer de titre.

Il faudra appeler Rowe Küchen Wright (voire RKW) ce mouvement en perpétuelle définition. Des soupçons de cordes tracent d’abord une ligne sonore aux apparences trompeuses qui fera office, ici, de ligne de flottaison. Embarqués, Küchen et Wright vont comme un seul homme sur de frêles parallèles avant d’enrouler ceux-là autour d’un son de guitare qu’ils auront réussi à isoler. L’éternel poste de radio de Rowe recrache ce qu'il attrappe, discours qui sépare les intervenants puis avive un larsen qui n'en était qu'à sa naissance. En conséquence, Küchen et Wright s’entendent une autre fois, sur un dessein plus terrible. Pour résister à l’affront, la guitare de Rowe tente une berceuse qui endormira les souffles et leurs effets. Le même larsen remonte, Rowe célèbre en vainqueur la série de quatre enregistrements que le label Another Timbre consacrait récemment à l’instrument guitare (at26-at29).


Keith Rowe, Martin Küchen, Seymour Wright, s/t (extrait). Courtesy of Another Timbre

Keith Rowe, Martin Küchen, Seymour Wright : s/t (Another Timbre)
Ediiton : 2010.
CD : 01/ s/t
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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