Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Machinefabriek, Subterraneanact : Persistent Objects (Opa Loka, 2016)

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Bien décidé à rattraper mon retard (voir chronique du 10 mars) avant 2026, j’enquille : aujourd’hui, c’est Persistent Objects que Rutger Zuyderveit (aka Machinefabriek = objets, electronics) a enregistré avec Henk Bakker (aka Subterraneanact = clarinette basse, electronics).

Au début, la clarinette c’est presque du didgeridoo, un didgeridoo qui souffle sur des petits oiseaux enregistrés, mais tout ça ne dure pas. Parce que les electronics ne mettent pas longtemps à crisser. Mais pas au point non plus de faire s’envoler les oiseaux mais quand même de retourner le jeu de clarinette. Bakker entame donc un solo, un solo long, un solo long au loin… Et l’on dirait que c’est à ce solo que Zuyderveit réagit, souvent lentement et avec un amour pour le son travaillé (réverbérations, larsens, décélérations… sont de la partie).

Mais parfois, il semble ne pas réagir, et laisse la clarinette seule (alors, en conséquence, elle est moins loin). Au fur et à mesure, Bakker et Zuyderveit trouvent un équilibre entre petites expérimentations (parfois longuettes) et ambient ultra sensorielle. Déjà pas mal…



persistent objects

Subterraneanact, Machinefabriek : Persistent Objects
Opa Loka
Enregistrement : 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Null 02/ Ripticl 03/ Spoore 04/ Kayos 05/ Fixiate 06/ Persistent Object 07/ Timecode 08/ Poly2 09/ Inc.Inc. 10/ Jolt 11/ And Beyond
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Machinefabriek : Wendingen (Zoharum, 2016)

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Il est difficile de suivre l’actualité de Machinefabriek, alors autant s’attaquer à la chronique du dernier disque en date et faire comme si c’était un choix… Enfin, je veux dire, dans le cas de Wendingen, c’est quand même un choix, car le CD compile des remixes de morceaux qui datent d’entre 2005 et 2015… Ce qui devrait donner un aperçu satisfaisant du travail de Rutger Zuydervelt.

Si je ne connais pas tous les treize groupes ou musiciens remixés, je peux dire qu’ils officient dans des genres parfois différents (n’est-ce pas The Moi Non Plus, Amon Tobin, De la Mancha ou Coppice ?) à en croire les éléments d’origine encore présents dans les remixes. Maintenant, saluons les efforts de Zuydervelt.

Car qu’il repeigne les façades sonores dans une veine ambient-claustro, construct-downtempo ou psyché-dronisant (j’ai déposé hier tous ces termes, ils sont donc à moi) ou qu’il procède par couches successives qui oppressent le ou les musiciens qu’il devait retoucher, Zuydervelt impose sa patte tout en laissant affleurer le son d’origine. Autant dire que ce n’est pas donné à tout le monde, et quand en plus ça atteint des sommets comme sur une relecture de Fieldhead ou de Coppice, alors là : félicitations à la remixfabriek !

wendingen

Machinefabriek : Wendingen
Zoharum
Enregistrement : 2005-2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Mensenkinderen : Een Blauwe Maandag (Machinefabriek Remix) 02/ Wouter van Veldhoven : Schetsje (Machinefabriek Remix) 03/ Fieldhead : Songs Well (Machinefabriek Remix) 04/ Aaron Martin : Necks Of Wire (Machinefabriek Remix) 05/ Coppice : Hoist Spell (Machinefabriek's Philicorda Version) 06/ De La Mancha : Release All Night (Machinefabriek Remix) 07/ The Moi Non Plus : Where Is Everything (Machinefabriek Remix) 08/ Djivan Gasparyan : Moon Shines At Night (Machinefabriek Remix) 09/ Amon Tobin : Lost & Found (Machinefabriek Deconstruction) 10/ Gareth Hardwick : Lost in the Memory (Machinefabriek Remix) 11/ Fiium Shaarrk : Krypton Tunning (Machinefabriek Remix) 12/ Vladimir : Compare & Contrast (Machinefabriek Remix) 13/ Red Stars Over Tokyo : Guilded Houses (Machinefabriek Remix)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Machinefabriek, Anne Bakker : Deining (Machinefabriek, 2015)

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Une partition est reproduite dans le digisleeve de ce CD, Deining, de Machinefabriek. Moins pop que ce que j’ai pu entendre du groupe de Rutger Zuydervelt par le passé. Mais d’ailleurs, est-ce encore bien lui puisque c’est la violoniste hollandaise Anne Bakker qui joue tout ici ?

Plusieurs fois, les unes sur les autres, à ce que j’ai compris (je ne peux pas croire qu’il n’y ait qu’une et une seule prise de violon alto), Bakker fait glisser son archet, doucement, très consciencieusement. C’est ce qui donne cette dronante qui commande les trois quarts des disques que j’écoute en ce moment. Une piste sur l’autre, un aigu sur un grave, un grave sur un aigu, et le tout se tient, fait bloc, et un bloc de vingt-six minutes quand même. Toujours dans une veine minimaliste donc, Machinefabriek. Plus orientée « contemporain », cette fois, quand même... L’exercice de style s’écoute.

Machinefabriek, Anne Bakker : Deining (Machinefabriek, 2015)
Edition : 2015.
CD : 01/ Deining
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Gareth Davis, Machinefabriek : Lucier: Memory Space (GOD, 2014)

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Tu le sais bien, je préfère les compositeurs contemporains qui se passent d’interprètes de conservatoires. Je préfère les compositeurs qui ont des idées et qui les partagent. Comme Alvin Lucier. Son Memory Space enjoint au musicien de sortir glaner des « situations sonores » (en prenant des notes, en les gardant en mémoire ou plus simplement en les enregistrant) pour les rejouer ensuite avec ses instruments, quand il le sentira, sans rien y ajouter.

Gareth Davis à la clarinette basse et Rutger Zuydervelt (Machinefabriek) ont joué le jeu, une fois en République Tchèque et une fois en Pologne. C’est Ostrava la première face, et Cracovie la deuxième. Et c’est toujours une clarinette qui s’enroule autour de field recordings (beaucoup de voix, d’annonces en haut-parleur, on sait qu’il y a beaucoup de voix qui traînent par chez Lucier). Et l’instrument à vent qui l’imite, le vent, qui le fait passer dans le hall et les couloirs de cet aéroport dans lequel nous avons été coincés. La neige est partout sur les pistes, Memory Space où on pourra graver nos impressions. Y revenir, dans les mêmes conditions. En attendant la suite du projet Prescribed Course of Action de Gareth Davis.

Gareth Davis, Machinefabriek : Lucier: Memory Space (GOD)
Edition : 2014.
LP : A/ (Ostrava) Memory Space B/ (Krakow) Memory Space
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Piiptsjilling : Moarntiids (Midira, 2014)

piiptsjilling moarntiids

Ce serait mentir que de dire que l’usage du Flamand n’a pas freiné (d’un grand coup) l’enthousiasme qu’aurait pu faire naître en moi la découverte (même si Moarntiids est la troisième production du groupe) du Piiptsjilling de Mariska Baars (qui signe la belle peinture de la pochette), Jan & Romke Kleefstra et Rutger Zuydervelt (plus connu sous le nom générique de Machinefabriek).

Mettant en musique la poésie de Jan Kleefstra, le trio en adopte (semble-t-il) les codes : la traduction des textes qui ont inspiré les quatre morceaux du CD parlent (merci au digipack pour la traduction) de murmure, d’endormissement, d’ombres et de reflets de lumière dans l’eau… C’est dire que la musique de Machinefabrik aurait pu convenir au projet, mais en choisissant Piiptsjilling pour s'atteler au projet, c’est peut-être autre chose qui en sort. Guitares électriques avec un peu de delay, ce qu’il faut d’électronique et des voix fantomatiques (en plus de celle qui récite) concoctent une pop atmosphérique matinée, un krautrock planant, une americana d'Amsterdam nouvelle… Passée la surprise du premier titre, tout ça est assez convaincant !

écoute le son du grisliPiiptsjilling
Moarntiids (extraits)

Piiptsjilling : Moarntiids (Midira)
Edition : 2014.
01/ Flinter Djippe See 02/ Kobbeswerk 03/ Slykklauwers 04/ Sûnder Wyn Nea Itselde
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Sergio Sorrentino, Machinefabriek : Vignettes (Fratto9, 2013) / CMKK : Gau (Monotype, 2013)

sergio sorrentino machinefabriek vignettes

On aurait bien vu Rutger Zuydervelt alias Machinefabriek à l’affiche du récent Stream Machines. Toutefois, au lieu de suivre le panneau Den Haag, c’est du côté de l’Italie de Sergio Sorrentino que les pas du Rotterdamois se sont dirigés pour des Vignettes nuancées et délicates (mais…).

Très présente, l’électronique du Néerlandais s’inscrit en contrepoint du jeu de guitare de l’Italien. Parfois, l’apport de ce dernier tend carrément vers la sourdine, et le travail d’orfèvre-pâtissier de Zuydervelt imprime des caractères numérisés à l’extrême – d’ailleurs, Echi Del Tempo / Echo’s van de tijd est le titre le plus réussi, because à l’opposé de cette vision étriquée.Car oui, la recette ne fonctionne que partiellement, et la compatibilité des deux protagonistes guère évidente pour qui aura laissé au clou son casque de mineur. Et pour le coup de grisou, on retournera en 2009, quand Zuydervelt s’amourachait d’Andrea Belfi (Pulses And Places).

Sergio Sorrentino, Machinefabriek : Vignettes (Fratto9 Under The Sky Records)
Edition : 2013.
CD : 1/ Prefazione / Introductie 2/ Caduta Libera / Vrije Val 3/ Trotto / Draf 4/ Buco Nero / Zwart Gat 5/ Echi Del Tempo / Echo's Van De Tijd 6/ Rettile / Slakkegang 7/ Pendolare / Forens 8/    Frammenti / Fragmenten 9/ Perdersi / Dwaling  10/ Ghirigoro / Doedel 11/ Trasformazione / Transformatie     12/ Alba / Dageraad 13/ Nebbia Fitta / Dichte Mist
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

cmkk gau

Insatiable, l’ami Machinefabriek, le revoici membre du trio CMKK aux cotés de Jan et Romke Kleefstra, soit trois des quatre équipiers du merveilleux projet Piiptsjilling, dont on ne vantera jamais assez l’unique Wurdskrieme. Habitués des titres en Frison, les trois compères remettent le couvert avec Gau, qui exprime une idée de vitesse et d’urgence. En prime, Jan Kleefstra lit de sa fascinante voix rauque les textes dans sa langue maternelle, soutenus de main de maître par Machinefabriek et son Jan de frangin. C’est formidablement troublant, parfois carrément trippant, on sent le vent glacé souffler de la Mer du Nord en novembre et ça donne une envie bandante d’apprendre la langue séance tenante.

écoute le son du grisliCMKK
Gau (extrait)

CMKK : Gau (Monotype)
Edition : 2013.
CD : 01/ Gau
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Machinefabriek, Andrea Belfi : Pulses and Places (Korm Plastics, 2009)

machinegrisliek

Initié au tournant de ce siècle, le projet Brombron voit à chaque numéro deux musiciens (ou plus) en résidence au centre culturel Extrapool de Nimègue aux Pays-Bas (le pays se fait une spécialité du genre collaboratif, comme le prouve cette autre excellente série qu’est In The Fishtank sur Konkurrent). Dirigée par le très actif Frans de Waard, patron de l’officine Korm Plastics et maître d’œuvre de l’excellent site musical Vital Weekly, la série est désormais hébergée sur son propre label après l’avoir longtemps chez Staalplaat. Des numéros précédents, on notera notamment la conjugaison des talents de Stephan Mathieu & Ekkehard Ehlers (‘Brombron 2’), Frank Bretschneider & Peter Duimelinks (‘Brombron 10’) ou Felix Kubin & Coolhaven (‘Brombron 11’). Beaucoup de monde, on le voit. Dans la liste, les noms de Francisco López & Richard Francis, récemment chroniqués en ces lieux, et de Machinefabriek & Andrea Belfi  sont totalement à leur place, singulière et indépendante.

Le volume 15 est tout bonnement sensationnel. Musicien électro-acoustique, Belfi s’est déjà fait remarquer sur la maison Häpna, alors qu’au cours des dernières années, Rutger Zuydervelt a présenté un nombre considérable de travaux, certains d’une immense qualité (Marijn, Cello Recycling/Cello Drowning, Weleer). Première union entre les deux artistes, l’Italien principalement aux percussions et le Néerlandais surtout aux guitares et à l’orgue, le disque est remarquable de grondements divers et de drones amadoués à coups de gongs et objets divers. Au cours de quatre morceaux d’anthologie (dont le dernier, à écouter absolument !), la recherche sonore sans failles du duo italo-néerlandais émerveille et subjugue, tant à chaque seconde on a envie de se plonger dans l’instant qui va suivre. Evidemment, pour la farandole d’anniversaire du petit Théo, va falloir penser à autre chose.

Machinefabriek, Andrea Belfi : Brombron 15: Pulses And Places (Korm Plastics / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ Untitled 02/ Untitled 03/ Untitled 04/ Untitled
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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