Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Rocket Science : Rocket Science (More Is More, 2013) / Sam Pluta : Machine Language (Carrier, 2012)

evan parker sam pluta peter evans craig taborn rocket science

Et si tout cela n’était qu’une histoire d’alter-ego ? Et si, après tant d’années, les mémorables trios d’Evan Parker n’avaient plus que de la routine à nous vendre ? A contrario, chaque concert du saxophoniste avec Peter Evans regorge de vivacité et de renaissance. Fallait-il donc à Evan le choc Peter pour se retrouver ? Personnellement, je ne suis pas très loin de le penser. Ici, Rocket Science apporte confirmation, la complicité de l’un et de l’autre frôlant plus d’une fois le mimétisme.

Ici, il y a correspondance et envol. Ce concert au Vortex est un concert où tout se happe, se saisit, s’entretient et où rien ne se prémédite. Les electronics de Sam Pluta prennent tous les risques : ils ne sont pas coloriage mais matière vive. Autonomes, ils ne rétrécissent jamais le jeu de l’un ou de l’autre. Craig Taborn, d’abord timoré – voire distancé – trouve bientôt sa voie. C’est lui qui oblige, organise l’harmonie et délivre, ça et là, quelques clusters héroïques. Ailleurs, les deux souffleurs s’autorisent les cascades habituelles et autres jeux circulaires, ici totalement renouvelés. Bouillant comme un chaudron donc.

Rocket Science : Rocket Science (More Is More Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 25 mai 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Fluis Dynamics 02/ Life Support Systems 03/ Flutter 04/ Noise Control
Luc Bouquet © Le son du grisli

sam pluta machine language

La musique de Sam Pluta se laisse difficilement ranger en tiroirs et bocaux, mais bon, pour Machine Language, nous oserons oser minimalisme, électroacoustique, noise néo-futuriste, rock sifflant fort fort, abstraction loin d’être concrète… Bien, et maintenant, Machine Language d’un bout à l’autre ? Si l’on n’oublie que Pluta, dans les genres, a fait mieux, pourquoi pas…

Sam Pluta : Machine Language (Carrier Records)
Edition : 2012.  
CD : 01/ Machine Language 02/ Lyra 03/ Standing Waves 04/ Matrices 05/ 7:6
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Mike Pride : Drummer's Corpse / Mike Pride's From Bacteria To Boys : Birthing Days (AUM Fidelity, 2013)

mike pride drummer's corpse birthing days

La mort déborde de Drummer’s Corpse. Il y a d’abord ces glas qui ouvrent le bal. L’agonie n’est alors plus très loin qui éclate quand une armada de batteurs-percussionnistes (Mike Pride, Oran Canfield, Russell Greenberg, Eivind Opsvik, John McLellan, Chris Welcome, Yuko Tonohira, Bobby Previte, Ches Smith, Tyshawn Sorey, Marissa Perel, Fritz Welch)  martèle une bronca héroïque (on se croirait chez Branca). De ce sarcophage sonique s’extraient et s’incrustent cris, râles, torsions. La vibration est continue, le drone est d’acier, l’issue ne pourra être que fatale.

Tout aussi mortifère et gangrénée est Some Will Die Animals. Une guitare se fait koto, une contrebasse sirote puis s’emmourache du drame, des toms viennent fracasser des dialogues empilés (on se croirait chez Godard). Le lugubre n’en finit pas de frapper à nos oreilles.

En totale opposition à Drummer’s Corpse et inspiré par la naissance du premier fils de Mike Pride, Birthing Days joue la carte de la complexité rythmique, du vertige, du tournis. Seule une ballade (Lullaby for Charlie) vient calmer ce déluge irraisonné. Du jazz, de l’improvisation, de la fusion poussiéreuse et, toujours, une manie à jouer de l’insaisissable. Des retournements de situation(s) à l’exercice de style, il n’y a qu’un pas. Et malgré les interventions musclées et souvent inspirées de Jon Irabagon et d’Alexis Marcelo, la machine tourne à vide.

Mike Pride : Drummer’s Corpse (Aum Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Drummer’s Corpse 02/ Some Will Die Animals
Luc Bouquet © Le son du grisli

Mike Pride's From Bacteria to Boys : Birthing Days (Aum Fidelity / Orkhêstra Intenational)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ 79 Beatdowns of Infinite Justice, the 02/ Birthing Days 03/ Marcel’s Hat 04/ Brestwerp 05/ Lullaby for Charlie 06/ CLAP 07/ Fuller Place 08/ Pass the Zone 09/ Occupied Man 10/ Motion
Luc Bouquet © Le son du grisli

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