Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Hildegard Kleeb, Roland Dahinden : Recall Pollock (Leo, 2012)

hildegard kleeb recall pollock

Au moment où Bryan Eubanks & Catherine Lamb rendent hommage (par un disque sur le label Sacred Realism) à la peintre Agnes Martin, la pianiste Hildegard Kleeb (improvisatrice et formidable interprète de Feldman, Cage ou Wolff) & le tromboniste Roland Dahinden – on aura repéré le couple par exemple dans un projet Braxton publié par Hat – enregistrent une quinzaine d'impeccables petits formats « inspirés par Jackson Pollock »...

Sous le titre Recall Pollock, qui sonne presque comme un impératif, et derrière une pochette qui a le bon goût de ne pas reproduire la moindre toile (on se reportera au Free Jazz d'Ornette pour cela), le duo suisse se garde bien de nous faire le coup du dripping sonore ou du all-over ; en retour, le chroniqueur ne convoquera ni sound-action-painting ni vain rapprochement trans-artistique ! La musique cascade, énergique, découpée ; et si elle songe au peintre, elle ne le singe heureusement pas : elle lui adresse un salut lointain ; à distance, autonome, peut-être a-t-elle, oui, quelque chose du « souvenir », mais c'est de sa propre vivacité qu'elle tire tout son attrait et son inventivité.

EN ECOUTE >>> Recall Pollock (extrait)

Hildegard Kleeb, Roland Dahinden : Recall Pollock (Leo Records / Orkhêstra International)
Edition : 2012.
CD : 01/ Recall Pollock 1 02/ Recall Pollock 2 03/ Recall Pollock 1_2 04/ Recall Pollock 2_2 05/ Recall Pollock 3 06/ Recall Pollock 4 07/ Recall Pollock 5 08/ Recall Pollock 6 09/ Recall Pollock 3_2 10/ Recall Pollock 7 11/ Recall Pollock 8 12/ Recall Pollock 9 13/ Recall Pollock 10 14/ Recall Pollock 11
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Ensemble Montaigne, Roland Dahinden : Anthony Braxton (Leo, 2013)

ensemble montaigne roland dahinden

Puisant dans quelques-uns des feuillets des compositions 174, 136, 94 & 98, Roland Dahinden réveille le côté contemporain d’Anthony Braxton, période protoGTM. Celui qui fut l’associé de Braxton à la Wesleyan University de 1992 à 1995 ennoblit avec l’aide de l’Ensemble Montaigne (deux violons, un alto, un cello, une contrebasse + hautbois, clarinette, basson, cor) une musique aux faux désordres.

Si rythmes et improvisations semblent ici absents, Braxton utilise la plupart des codes des musiques contemporaines. En faisant s’affoler et crisper les cordes,  en croisant les unissons défaits, en multipliant les lignes cabossées, le compositeur s’ouvre aux glissades sérielles tout en rameutant de la free music quelques traits fidèles. Témoin, cet hautbois puisant au plus profond de son souffle des harmoniques vitriolées rarement rencontrées dans la musique contemporaine. Un Braxton nouveau, ça ne se refuse pas.

écoute le son du grisliEnsemble Montaigne
Anthony Braxton (extrait)

Ensemble Montaigne (bau 4) 2013, Roland Dahinden : Anthony Braxton (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2013
CD : 01/ Composition N° 174 + 96 + 136 + 94 + 98 + 193 + Language Music
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Roland Dahinden, Hildegard Kleeb, Dimitris Polisoidis : Anthony Braxton (+ Duke Ellington) Concept Of Freedom (hatOLOGY - 2005)

dahindengrisli

Depuis sa formation en 1992, le trio constitué du tromboniste Roland Dahinden, d’Hildegard Kleeb (piano) et de Dimitris Polisoidis (violon), s’oblige à investir tout autant la musique contemporaine que le champ musical improvisé. Ayant plusieurs fois joué aux côtés d’Anthony Braxton, le trio se laisse aujourd’hui aller à ressentir librement le « Concept Of Freedom » du maître, auquel fait écho celui institué plus tôt par Duke Ellington.

Pour ce faire, un invité de passage, Robert Höldrich, chargé de programmations électroniques. Dès l’ouverture, il pose quelques rebonds artificiels sur les interventions ramassées du piano et du violon. Très vite, le contemporain investit le domaine du jazz, et, comme pour amortir le choc, les musiciens décident de s’entendre sur un mouvement lent.

Intelligemment distribués, les duos se succèdent. Le grincement discret du violon vient perturber la précision des notes de piano, qui s’entendent plus facilement avec le phrasé coulant du trombone. Et puis, la discorde, lorsque s’impose un fond sonore programmé, ruche agonisante dans laquelle, frénétiques, les legatos de Kleeb finissent par se rompre. Longues et sombres, les interventions de Dahinden trouvent un certain apaisement, avant d’être renvoyées à leurs harmoniques par un Robert Höldrich n’en pouvant plus de stratagèmes.

Le violon se verra destiner les siens propres, multiplié à souhait et affublé d’une réverbération proche de celle, caractéristique, d’Alexander Balanescu. Une fois l’espace rendu aux vents synthétiques, le piano osera une mélodie d’un lyrisme démuni, planté là sûrement pour tirer des larmes. L’usage de John Cage trouve ici un expédient de choix, et clôt joliment la parenthèse.

Terminée dans les brumes, la liberté faite concept, hantée par la présence des maîtres Braxton et Ellington, aura suivi un parcours changeant, et su tirer parti d’expériences menées en terres étrangères : d’électronique bruitiste et de musique contemporaine. L’ensemble oscille au gré des couleurs mises en place ; la liberté trouvée partout.

CD: Comp. No.257 (+ 30, 31, 46, 69, 90 & 136), by Anthony Braxton. Freedom No. 1, 4 & 6 from the Sacred Concert No.2, by Duke Ellington.
 
Roland Dahinden - Anthony Braxton (+ Duke Ellington) Concept Of Freedom - 2005 - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.

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