Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Bobby Bradford, John Carter : NO U-TURN (Dark Tree, 2015)

bobby bradford john carter no u turn 1975

D’une formation documentée ici pour la première fois, on espère d’autres traces tant ces soixante-dix minutes paraissent courtes. Bobby Bradford et John Carter ont, dans leur coin, poussé le bouchon du free assez loin. Que presque personne ne se soit passionné pour leur musique rend triste, limite amer. Mais les musiciens discrets savent le rester et les oreilles avisées savent les entendre. Inaugurant une série Roots Series, le label Dark Tree a déniché LA pépite.

Bobby Bradford vise les hautes cimes, celles déjà atteintes une quinzaine d’années plus tôt aux côtés du grand Ornette C. Alléger les tempos, décoincer les harmonies, Bradford le fait magnifiquement. John Carter gagne les hauts plateaux sans effort. On retrouve ses suspensions giuffriennes à la clarinette – passions texanes jamais prises en défaut – et on le découvre proche des transes coltraniennes au soprano.

Roberto Miranda et Stanley Carter sont contrebassistes : ils n’ont appris qu’à se rejoindre, qu’à entretenir leurs emportements. Quant à William Jeffrey, sa batterie est foisonnante, jamais envahissante, jamais narcissique. Et d’une présence rare. Cela se passait le 17 novembre 1975 à Pasadena. C’était hier, c’est aujourd’hui.

Bobby Bradford & John Carter Quintet : NO U-TURN. Live in Pasadena, 1975 (Dark Tree / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1975. Edition : 2015.
CD : 01/ Love’s Dream 02/ She 03/ Comin’ On 04/ Come Softly 05/ Circle
Luc Bouquet © Le son du grisli

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