Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Luigi Nono : Risonanze erranti / Post-prae-ludium per Donau (Neos, 2011)

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Je n’ai jamais jamais autant attendu l’hiver que depuis qu’il a disparu. Ce n’est plus du ciel d’ailleurs qu’il peut arriver, mais des disques que je conserve au chaud. Il m’est par exemple arrivé hier lorsque, en écoutant le premier enregistrement de Risonanze erranti, un grand frisson m’a parcouru.

C’est l’Ensemble Experimental (Klaus Burger, Susanne Otto, Roberto Fabbriciani), Les Percussions de Strasbourg et l’EXPERIMENTALSTUDIO des SWR qui jouent cette œuvre électroacoustique (les electronics sont live) de Luigi Nono. Des mots extraits de volumes d’Herman Melville et d'Ingeborg Bachmann peuvent faire croire à des chansons glaçantes. Les voix s’y coupent malgré la résonance. Les percussions claquent. Des sifflets vous font perdre tous vos repères. Risonanze erranti vous couvre de blancs et vous voilà bien.

Pour tuba et live electronics, Post-prae-ludium per Donau est une pièce écrite pour Giancarlo Schiaffini. Klaus Burger est au tuba à côté des musiciens de l’EXPERIMENTALSTUDIO. Mais le tuba de Berger est une extension de la voix humaine. Il se promène avec délicatesse, là-bas, sur des couches de ouate et derrière des vapeurs. Les sons explorent les blancs de Malevitch alors que l’hiver n’arrive toujours pas. Peut-être est-il tombé sur l'Italie.

Luigi Nono : Risonanze erranti / Post-prae-ludium per Donau (Neos)
Edition : 2011.
CD : 01/ Risonanze erranti 02/ Post-prae-ludium per Donau
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Esther Lamneck, Roberto Fabbriciani : WInds of the Heart (Innova, 2010)

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Huit mètres de long, en bois et en PVC, quatre octaves dont deux en dessous de la flûte contrebasse ; c’est l’hyperbass flute, conçue par Roberto Fabbriciani en 1976. Tantôt paquebot ronflant, tantôt contrebasse coupante, tantôt souffle mortuaire ou flûte retrouvée, l’étendue de l’hyperbass flute semble infinie et ouverte à bien des possibles.

Ici, c’est donc un duo : il y a Roberto Fabbriciani qui joue de l’hyperbass flûte et Esther Lamneck qui joue du tarogato. Tous les deux ont longtemps séjourné les musiques de Boulez, Berio, Cage, Scelsi, Ligeti et tous les deux sont de magnifiques improvisateurs. L’une aime le débordement. Son souffle frôle le continu. Elle le zèbre de secousses amères, de courbes brisées. Pour faire vite : entre Peter Brötzmann et Evan Parker. L’autre serait plutôt énergie sombre ; certaines fréquences de l’hyperbass flute demeurant inaudibles à l’oreille humaine. Il est celui qui enveloppe plutôt que celui qui guide. Il est celui qui assombrit la belle clarté de sa partenaire ici, l’accompagne de sa flûte lumineuse ailleurs. A l’arrivée : un disque passionnant.

Esther Lamneck, Roberto Fabbriciani : Winds of the Heart (Innova / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01-14/01-14
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Roberto Fabbriciani, Robin Hayward : Nella Basilica (Another Timbre, 2010)

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Les deux se sont rencontrés en Toscane dans un Ensemble consacré au répertoire de Luigi Nono. Aujourd’hui, ils improvisent en duo : le trombone de Robin Hayward est « microtonal » et les flûtes de Roberto Fabbriciani sont « bass, contrebass & hyperbass ».

Là où l’on parle de Nella Basilica, des mètres et des mètres de tubes de cuivre forment un modèle réduit de Beaubourg. Dans ses couloirs, des centaines de vents se frôlent et font naître des voix caverneuses qui multiplient les ordres. Car l’ingénierie ne peut s’en passer si elle veut que ses tentatives expérimentales soient ingénieuses à la fin des fins. Et celle de Fabbriciani et Hayward donne des gages de solidité : il n’y a qu’à entendre les chocs qui secouent la structure ; la carcasse vacille mais elle n’a rien à craindre. Les fresques qui décorent son intérieur y sont à l’abri : c’est en fait Cimabue au Centre Pompidou.


Roberto Fabbriciani, Robin Hayward, Nella Basilica (extrait). Courtesy of Another Timbre.

Roberto Fabbriciani, Robin Hayward : Nella Basilica (Another Timbre / Metamkine)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Nella Basilica 02/ Adagio 03/ Riflessione 04/ Colori du Cimabue 05/ Arezzo
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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