Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Alvin Lucier, MAZE : (Amsterdam) Memory Space (Unsounds, 2013)

alvin lucier maze amsterdam memory space

Aujourd’hui octogénaire, Alvin Lucier n’en demeure pas moins un des acteurs favoris des ensembles électroacoustiques dans la marge. Trois ans après Zeitkratzer (Alvin Lucier), le sextet néerlandais MAZE [Anne La Berge (flûte, electronics), Dario Calderone (contrebasse), Gareth Davis (clarinette basse), Reinier van Houdt (piano, claviers, electronics), Wiek Hijmans (guitare électrique) & Yannis Kyriakides (ordinateur, electronics)] déploie sur (Amsterdam) Memory Space une vision à la fois sereine et incarnée du compositeur américain.

En soixante minutes (et pas une seconde de plus) et une seule séquence, Van Houdt et ses comparses esquissent un très joli tableau polychromique, où la guitare vient cajoler – le terme n’est pas exagéré – la clarinette ou la flûte, sans parler des trois électroniciens, aux interventions aussi discrètes qu’intelligentes, voire inspirées. Et sans réellement savoir qui de Kyriakides, Van Houdt ou La Berge appuie sur le bon bouton (est-ce franchement un souci ?), le splendide équilibre déployé par l’ensemble MAZE nous fait déjà promettre des lendemains tout en harmonie.

écoute le son du grisliAlvin Lucier, MAZE
(Amsterdam) Memory Space

Alvin Lucier, MAZE : (Amsterdam) Memory Space (Unsounds / Metamkine)
Edition : 2013
CD : 01/ (Amsterdam) Memory Space
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Francisco López : Untitled #275 (Unsounds, 2011) / Untitled (2009) (Baskaru, 2011) / Elektra Bidasoa (Ferns / Audiolab, 2011)

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Pour une fois, Francisco López se laisse accompagner. Il se fait devancer même, puisqu’il est ici l’auteur des compositions que le pianiste Reinier van Houdt interprète. Le livret note tout de même que le compositeur joue aussi, du « live multi-channel immersive system » pour être précis.

Comparé aux travaux récents de López, Untitled #275  apparaît comme une œuvre minimaliste. Un marteau frappe la corde qui lui est associée, encore et encore, rapidement, puis stoppe. Un mini accord succède à cette note qui n’en pouvait plus. Lui aussi est répété. Le métronome repart de plus belle, un couple de notes suit sa cadence, et d’autres accords apaisent le tout. C’est pop et contemporain à la fois (en d’autres termes : minimaliste !).

Dans un second temps, la frappe dure reprend, des cordes subissent des chocs et pleurent dans leur cage de bois et d’acier. On dirait que Reinier Van Houdt a du mal à arrêter la mécanique infernale qu’il a lancée. Et en effet, c’est trop tard : les habitudes noises ont repris, les sons peuvent être triturés, un chantier ouvre et nécessite l’action concomitante de dix marteaux piqueurs. Jusqu’à ce que tout s’endorme sur une note grave. Tout ça est beau comme du López.

Francisco López: Untitled #275 (Unsounds / Metamkine)
Enregistrement : 2009-2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Movement 1 02/
Pierre Cécile © Le son du grisli

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L’imprimé joint avec le disque ne dit pas si Untitled (2009) est un projet cohérent ou une compilation de morceaux inédits (de restes ?) assemblés de drôle de façon. Si l’on mise sur la deuxième possibilité, on regrette que ces deux CD n’en soient pas qu’un et un seul, que l’on aurait salué pour son Untitled #231 composé à partir d’enregistrements de Phill Niblock ou son Untitled #232 grouillant. Il se serait surtout passé de ces remplissages atmosphériques sans couleur et de ces ronflements inopérants…

Francisco López : Untitled (2009) (Baskaru)
Edition : 2011.
2 CD : CD1 : 01/ Untitled #220 02/ Untitled #225 03/ Untitled 234 04/ Untitled #222 05/ Untitled #233 06/ Untitled #240 07/ Untitled #231 – CD2: 01/ Untitled #239 02/ Untitled #221 03/ Untitled #232 04/ Untitled #238 05/ Untitled #235 06/ Untitled #223

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Tout comme Xabier Erkizia, Francisco López a enregistré des sons près de quatre centrales proches de la rivière Bidasoa au Pays basque. Sur Elektra Bidasoa, les deux hommes retranscrivent ces bruits de machines, de scies, de champ électrique et d’eau qui court. Lopez concocte des nuées musicales abstraites et Erkizia des compositions plus tendues et hétéroclites.Cette différence fait la force d’Elektra Bidasoa.

Francisco López, Xabier Erkizia : Elektra Bidasoa (Ferns Recordings)
Edition : 2011.
CD : 01-02/ Francisco López : Untitled #266 / Untitled #267 03-04/ Xabier Erkizia : Elektra Navasturen / Bidasoa, Presak
Pierre Cécile © Le son du grisli

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