Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Ran Slavin : The Mediterranian Drift (Crónica Electronica, 2010)

rangrislin

Et une excellente sortie chez Crónica, une – et que vivent les bonnes habitudes ! Issue des pensées – très – inspirées de l’Israélien Ran Slavin, The Mediterranian Drift évoque en deux fois trois mouvements les tourments du Moyen Orient, symbolisés dans le superbe tableau du peintre français Claude-Joseph Vernet Le Naufrage (visible sur la pochette et, pour la petite histoire, à la National Gallery of Art de Washington).

Au-delà de la vision quasiment métaphysique de l’œuvre, qui trouve un aboutissement mémorable sur l’envoûtante pièce inaugurale Losing Coordinates In The Mediterranean Drift, le musicien de Tel Aviv intègre – faudrait-il écrire miraculeusement – divers éléments épars (une guitare, un brouillard électroniques, des clicks & cuts) en une symbiose à la fois grave et sensorielle. Tel un frère d’âme du Britannique de Berlin Leyland Kirby aka The Caretaker – faut-il rappeler l’ultime importance de Sadly The Future Is No Longer What It Was Slavin développe, outre le goût des titres à rallonge, une cosmogonie allusive où l’émotion et le recueillement repoussent au vestiaire toute velléité inutile de théorisation excessive. Alors que les trois premières compositions trempent leur plume dans une nostalgie jamais gratuite ou formolée, la seconde partie trouble les repères et combat les vindictes revendicatives, laissant tout l’espace à des lendemains incertains et ténébreux.

Ran Slavin : The Mediterranian Drift (Crónica Electronica)
Edition : 2010.
Téléchargement gratuit : 01/ Losing coordinates in the Mediterranean Drift 02/ Some nights when our dreams were scratched away, we tried to remain calm with the Single String Charmer 03/ On the Red Sea we drifted on the orange waves, swept calmly into the vast ocean to the point of no return 04/ Financial Warfare and Psychological Sedatives 05/ Chemical Canaries and Car Alarms 06/ Every road leads to the BAD ROAD
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

isli

Après avoir hésité longtemps entre The Mediterranean Drift et The Mediterranian Drift, la rédaction du son du grisli a opté pour la défense de la coquille de couverture.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Ran Slavin: The Wayward Regional Transmissions (Cronica Electronica - 2007)

slavinsliEn compagnie d’Ahuva Ozeri, joueuse de bulbul tarang (autrement appelé banjo indien), et du oudiste Moshe Eliahu, Ran Slavin rêve de mettre à Tel Aviv la main sur une musique syncrétique, reflet d’un monde que l’on survole, quiet, quitte à parfois se faire rattraper par la réalité crasse de télescopages faisant partie des risques.

Parti au son mesuré de cordes répétitives déposées sur la toile d’une électronica minimaliste (Village), Slavin dérive d'abord au gré d’inspirations sûres: combinaisons de structures rythmiques minuscules et d’une guitare progressant sous réverbération (Wayward Initial) ou mélodies lointaines espérant se faire une place parmi les boucles bancales et les graves distribués à distance régulière sur Jericho 6AM.

Mais, trop assuré peut être, le voici abandonnant son folklore inventé pour le troquer, qui plus est, contre une ambient sans charme (Silence) et ultra-naïve (DAT Beats). Remis de sa chute, il réussit à faire demi-tour et retrouve sur Hagalil les rivages sûrs décrits en ouverture de The Wayward Regional Transmissions, album recevable que le brouillage radio passager aura bien failli perdre.

CD: 01/ Village 02/ Wayward Initial 03/ Jericho 6AM 04/ Shelters and Peace 05/ DAT Beats 06/ Silence 07/ Kiosk in Furadi 08/ Hagalil

Ran Slavin - The Wayward Regional Transmissions - 2007 - Cronica Electronica.

Commentaires [0] - Permalien [#]
>