Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Sortir : Sonic Protest 2017Interview de Jacques OgerLe son du grisli sur Twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Eli Keszler : Catching Net (PAN, 2012)

eli keszler catching net

Savoir si une installation (qui sonne) peut passer au format CD sans être trahie derechef est une interrogation qui en vaut bien une autre dans le domaine de l’art contemporain – et de la reproduction phonographique. Ici, je n’oserais pas de réponse mais ferais le constat de Catching Net, où Eli Keszler a rassemblé des sons d’installations de ces deux dernières années.  

Ça se lève d’abord comme la tempête. Le batteur, avec Greg Kelley (trompette), Ashley Paul (saxophone), Geoff Mullen (guitare préparée), Reuben Son (basson) et Benny Nelson (violoncelle), nous fourre la tête dans un marasme enchanteur et puis c'est le corps entier. On se laisse envahir par  les chocs de résonance, on prend quelques coups de lame, mais les quelques bleus qu’on y gagne valent le coup. Après quoi, Keszler pense pouvoir écrire pour un quatuor à cordes… Et il fait bien. Dans un lieu qui résonne lui aussi, Ikue Mori arrache des cris à son piano (j’entends parfois une guitare). Ces cris, le Providence String Quartet cherche à les étouffer. Et la musique tient en haleine son auditeur (au point d’en oublier l’installation dont elle découle). En conclusion, Keszler complote seul, joue avec des cordes de piano et de l’eau, et sa musique s’en trouve enténébrée. Comme quoi, quand l’artiste est à la hauteur, l’installation peut se résoudre à n’être que musique…

EN ECOUTE >>> Catching Net (extrait)

Eli Keszler : Catching Net (PAN / Metamkine)
Edition : 2012.
LP : Catching Net
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

>