Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Pierre Berthet, Frédéric Le Junter : L’enclume des jours (InPolySons)

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Trompes, tambours, ressorts ; résonateurs, câbles, bassines : les bruts boxons à musique, installations-manèges et semi-automates de Pierre Berthet & Frédéric Le Junter nous reviennent sous la forme d'un disque d'à peine 30 minutes, qui combine cinq pièces (de la même époque que leur disque de 1994 paru chez Vand'œuvre) conçues pour un ballet de William Douglas, et un Jerrican publié sur la compilation Musique's Action 2 (Vand'œuvre n°9509).

La durée limitée de ce carnet sonore s'avère finalement adéquate, et bien que la plupart des morceaux aient été élaborés (manufacturés, pourrait-on dire) pour un spectacle chorégraphique, ils sont assez peuplés et parfois énigmatiques pour supporter le passage au disque et pour susciter l'intérêt.

Pierre Berthet, Frédéric Le Junter : L’enclume des jours (InPolySons)
Edition : 2011.
CD : 01/ Manivelle ressort 02/ L'enclume des jours 03/ Trouve ton body 04/ Rien ne ressemble à rien 05/ Love is a stranger 06/ Jerrican
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Pierre Berthet : Extended Loudspeakers (Sub Rosa, 2009)

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L’artiste sonore et inventeur d’instruments Pierre Berthet a le don d’enchanter ses spectateurs lors de performances où de subtils dispositifs sont mis en oeuvre. La longue pièce qui constitue ce disque (séparée en pistes pour des raisons pratiques) a été enregistrée dans le cadre d’une exposition à la galerie Z33 à Hasselt (Belgique) et consiste en la cohabitation de différents procédés.

Le premier, le plus sonore au début, correspond à différentes bouteilles accrochées au plafond à la verticale de boîtes de conserve suspendues dans des seaux. Des gouttes d’eau en tombent à des vitesses variées, créant ainsi une rythmique complexe et ondulante. L’utilisation de haut-parleurs prolongés s’immisce peu à peu dans ce flot sonore pour ensuite prendre le dessus. Il s’agit en fait de bidons reliés par un réseau de fils d’acier. Dans un des bidons est placé un haut-parleur sans membrane diffusant du son créé en direct sur laptop (à d’autres occasions, Pierre Berthet peut utiliser des ondes radios, sa voix…) et se propageant par vibration dans les autres réceptacles.

Cette invention électroacoustique extraordinaire donne naissance à des masses sonores mouvantes et subtiles. Une atmosphère de solennité se dégage à l’écoute de ces drones aux variations régulières agissant comme des vagues. Par moments, l’impression d’entendre un orgue fantomatique se fait nettement sentir. En arrière-plan, le goutte-à-goutte des bouteilles, pourvoyeur d’écho, donne de la spatialité à la pièce et s’il s’interrompt vers les trois-quarts de la performance, c’est pour laisser plus de place aux infinies variations des sons issus des haut-parleurs prolongés. Par moments, la machinerie s’emballe et la matérialité du système se laisse deviner par les mouvements du réseau de fils d’acier. Ce disque extraordinaire vient prouver, si besoin en était, que la musique créée ainsi peut vivre en étant détachée de la performance scénique.

Pierre Berthet : Extended Loudspeakers (Sub Rosa / Quatermass / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2001. Edition : 2009.
CD : 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3 04/ Part 4 05/ Part 5 06/ Part 6 07/ Part 7
Jean Dezert © Le son du grisli

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Gérard Nicollet, Vincent Brunot: Les chercheurs de sons (Editions alternatives - 2004)

cherchgrislicherchSpécialiste  de  la  nouvelle  lutherie,  Gérard Nicollet  dresse  en compagnie de l’illustrateur Vincent Brunot une trentaine de portraits de musiciens iconoclastes, savants fantasques et artistes hors cadre, partis à la recherche de sons inexpérimentés.

S’il ne cache pas qu’un travail de classification reste à faire dans le domaine de la lutherie expérimentale, Nicollet préfère s’attacher à rendre ici le parcours de quelques uns de ses artisans. Et à présenter certaines de leurs œuvres, qu’il distingue selon qu’elles tiennent de la machine musicale, de l’œuvre d’art (installations et sculptures), ou du nouvel instrument de musique - 3 catégories induisant différentes pratiques musicales.

Evoluant, donc, aux marges de l’expérimentation et des musiques populaires, voici rappelées ou révélées les figures de Pierre Bastien (dont ont peut conseiller les enregistrements du Nu Creative Methods), des frères Baschet (inventeurs du Cristal), de Georges Azzaria ou Pierre Berthet (percussionniste aperçu aux côtés du compositeur Arnold Dreyblatt). Préoccupés par l’acoustique ou le bricolage électronique, à l’origine d’une lutherie monumentale (percuphone de Patrice Moullet, vielles gigantesques de Philippe Destrem et Jean-Michel Ponty) ou minimaliste (objets trouvés que combine Frédéric le Junter, instruments de guingois de Max Vandrevost), l’essentiel réside pour chacun de ces artistes dans la dérobade autant que dans l’invention, dans le prétexte sonore dont se sert leur passion pour concrétiser ce qu’ils peuvent imaginer de plus déraisonnable. Pour preuve, l’inventaire des noms de ces instruments – souvent illustrés avec précision, et détaillés via légendes : balasson, cornebidouille, nénuphone, spalafon, frénétique, dodéklaxophone ou capteurs poilus. Termes que n’aurait pas renié Jarry, et qui convainquent une nouvelle fois de ces tentatives de réconcilier l’expérimental et le populaire, le sérieux de la quête et l’extravagance des gestes. Et dont Gérard Nicollet et Vincent Brunot se font ici de pertinents défenseurs.

Gérard Nicollet, Vincent Brunot, Les chercheurs de sons, Instruments inventés, machines musicales, sculptures et installations, Paris, Editions alternatives, 2004.

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