Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Jean-Luc Guionnet, Eric La Casa, Philip Samartzis : Stray Shafts of Sunlight (Swarming, 2013)

jean-luc guionnet eric lacasa philip samartzis stray shafts of sunlight

Des extraits de concerts datant du printemps 2007 (Munich, Berlin, Hambourg, Venise, Grenoble et Montreuil) permettent à Jean-Luc Guionnet, Eric LaCasa et Philip Samartzis, de prolonger les effets d’un Soleil d’artifice enregistré à la même époque.

La lumière a quelque chose à voir – un aigu qui perce et résiste, une voix inquiète de détails, des notes d’alto refoulées qu’une sonde cherche, dans le corps de l’instrument, à récupérer, quelques moteurs branlants, des enregistrements de phénomènes naturels qui déposent plus qu’ils n’érodent, d’autres notes de saxophones, longues cette fois, parasitant une électronique de mitraille – et même à réfracter : les sous-bassement tanguent si, à la surface, les musiciens ne trahissent aucun remous.

Voilà pourquoi leur promenade en sons donnés et paysages réinventés ajoute à l’irréalité des choses, voire, puisque l’association est ingénieuse, à la poignante vérité des choses abstraites.  

Jean-Luc Guionnet, Eric La Casa, Philip Samartzis : Stray Shafts of Sunlight (Swarming / Metamkine)
CD : 01/ - 02/ - 03/ -
Enregistrement : mai-juin 2007. Edition : 2013.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Suffer/Enjoy (Antifrost, 2002)

suffer enjoy antifrost

Ca y est, cette fois, on a franchi la ligne rouge. Et derrière, c’est le noir, si l’on en croit les premières secondes du premier morceau de cette compilation. On le doit à Francisco López : grave, insidieux, perturbant !

Comme notre vision commence à se faire à l’obscurité, on distingue des ombres (PG-13, Zbignew Karkowski, Coti, Utah Kawasaki, ILIOS, AS11, Philip Samartzis, Ami Yoshida, Jason Kahn et Kim Cascone). Toutes ont quelque chose à nous murmurer à l’oreille (Antifrost, le label qui a commandé ces travaux compilés aux artistes, a limité leur fréquence à 200 herz). Chaque plage nous transmet une chose ou une autre : la tremblote de Karkowski, l’ambient lo-fi de Coti, les crépitements de Samartzis, les sifflotements de Yoshida, et même l’effacement tonal de Kahn et Cascone, tout concourt à nous surprendre dans des contrées obscures où l’on tâtonne à l’ouïe. Imparable…

Collectif : Suffer/Enjoy (Antifrost)
Edition : 2002.
CD : Suffer/Enjoy
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Guionnet, La Casa, Samartzis : Soleil d’artifice (Swarming, 2009)

guionnet la casa samartzis soleil d'artifice

Enregistré en studio, Soleil d’artifice est la trace laissée sur disque de l’association Jean-Luc Guionnet (saxophone alto) / Eric La Casa (microphones, laptop et enregistrements) / Philip Samartzis (électronique, laptop, field recordings), entendue en Europe en 2007.

En compagnie de l’Australien – qui s’occupa aussi de mixer l’enregistrement –, Guionnet et La Casa réinterrogent l’espace, le temps et la forme à donner à la dualité. Au son de sirènes, de grésillements, de chuchotements et d’aigus perçants, les trois hommes bâtissent un édifice de grisailles enfermant l’entente de sons préenregistrés et de pratiques instrumentales inventant sur l’instant. Bientôt, l’alto insiste pour se libérer de la forme jusque-là donnée à l’ensemble, se balance entre deux notes puis en répète une seule, de moins en moins inquiet d’aller voir ailleurs qu’à l’endroit indiqué : Soleil d’artifice dans lequel il finit par se fondre pour mieux en intensifier la flamme.

« J’aurai vécu dans le soleil. J’ai connu dans ce monde un bonheur infini. Certains soirs, le bruit de la pluie me procurait une jouissance indicible car il était la chanson que faisait ma vie pour résonner dans les profondeurs du temps qui me donnait tout. » Joë Bousquet, Traduit du silence, extrait cité dans Le bruit de fond, texte de Jean-Luc Guionnet.

Jean-Luc Guionnet, Eric La Casa, Philip Samartzis : Soleil d’artifice (Swarming / Metamkine)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009.
CD: 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Dan Warburton, Fred Goodwin : Compendium Maleficarum III (Incunabulum Records - 2008)

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Née de la rencontre du violoniste Dan Warburton et du poète et chanteur Frederick Goodwin, Compendium Maleficiarum III est une œuvre expérimentale et différente, qui aura mis vingt ans à se construire à force de faire appel aux sorcières et de ne trouver de véritable soutien qu’auprès de musiciens.

Parmi ceux-là : Jac Berrocal, Jean-Luc Guionnet, Philip Samartzis, Aki Onda ou Bruno Mellier, qui interviennent à distance sur des collages qui convoquent voix et souffles, grincements et battements de cœur, chiens aboyant et chocs sourds. Délicatement, chaque instrument se fond dans le bréviaire surréaliste et envoûté, investit un univers parallèle, celui d’un Eraserhead obnubilé par l’Enfer de Dante, que révèlent les mots de Goodwin, qui préfère distribuer les indices plutôt que de s’acharner à démontrer. 

Peu engageante mais rare, l’expérience en devient nécessaire, grâce à la mesure qu’elle applique à toute chose, si ce n’est à l’angoisse qu’elle distille.

CD: 01/ id 02/ McLean Hospital 03/ Hells Angels in a Bar 04/ Woyzeck in Limbo 05/ Atheist 06/ Woyezck in the Inferno 07/ Cannibal Rector 08/ The Cardinal 09/ The Cardinal 10/ Virgil’s Cow 11/ Ophelia 12/ Violence 13/ McGowan’s Bull 14/ Loose Strife 15/ The Crows 16/ The Porno Booth 17/ The Death Camps 18/ Dr. Death 19/ A History Primer

Dan Warburton, Fred Goodwin - Compendium Maleficiarum III - 2008 - Incunabulum Records. Distribution Orkhêstra International.

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Philip Samartzis, Lawrence English: One Plus One (Room 40 - 2006)

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Derrière tourne-disques, les Australiens Philip Samartzis et Lawrence English fabriquent sur One Plus One quatre titres dépouillés et sensibles.

S’ils prônent une approche expérimentale, les musiciens déposent avant tout de minuscules constructions rythmiques faites de boucles, cliquetis et frottements répétés (Faster Than Cold). Chose faite, ils peaufinent une ambient dérangée sans cesse par des interventions diverses - sample de musique ancienne (Gut Bucket Blues), tentations claustrophobiques (Phosphorescent Clouds) ou éléments épars d’un bestiaire sonore inventé (Goin’Back Home). Tous efforts convaincants, sur une vingtaine de minutes, de l’acuité du duo.

CD: 01/ Faster Than Cold 02/ Gut Bucket Blues 03/ Goin' Back Home 04/ Phosphorescent Clouds

Philip Samartzis, Lawrence English - One Plus One - 2006 - Room 40.

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