Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Mike Majkowski : Why Is There Something... (Bocian, 2014) / Lotto : Ask the Dust / Roil : Raft of the Meadows

mike majkowski why is ther something instead of nothing

Sans Blip ni Fabric, Mike Majkowski reprenait son ouvrage de couturière (Tremolo) en solitaire en se posant une question : Why Is There Something Instead of Nothing?

Manche et chevalet piqués encore, certes, mais sur la première face seulement. C'est à dire là où Belt of Sand naît de la rapidité et de l’endurance d’un archet qui compose comme sur un retour d’ampli : l’instrument n’est alors plus mis à mal, mais joue de chutes de tension et de parasites pour chanter une fragile polyphonie que lui envieraient bien des bourdons.

Chutes de tensions aussi pour A Shadow of Silver Dipped in Gold, mais différentes. Le couple de notes auquel l’archet revient entre deux silences contrefait une sirène échouée, qu’un harmonique réduira au secret et qui sera battu en retour, et de plus en plus fort. Au terme du grand disque qui tourne à la vitesse d’un quarante-cinq, Majkowski n’aura peut-être pas répondu à la question posée, mais aura ranimé tout l’intérêt qu’on lui portait déjà.

Mike Majkowski : Why Is There Something Instead of Nothing? (Bocian / Metamkine)
Enregistrement : Juin 2013. Edition : 2014.
LP : A/ Belt of Sand B/ A Shadow of Silver Dipped in Gold
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

lotto ask the dust

Lotto – ou l’association de Mike Majkowski, Łukasz Rychlicki (guitare électrique) et Pawel Szpura (batterie) – rappellera par son endurance et sa force de frappe (et même de persuasion) The Necks ici, Radian ailleurs. Les obsessions tournantes du trio – combinaison de gimmicks différents, effets de médiator et de vibrato, relâchements élevés au rang d’expressions franches – le forcent en effet à l’exploration de terres arides sur la répétition de mêmes gestes. L’intensité, changeante, elle, s’occupera des nuances à donner aux teintes d’un album allant et venant entre improvisation rêche et americana.

Lotto : Ask the Dust (Lado ABC)
Edition : 2014.
LP : A1/ Gremlin-Prone A2/ Lense A3/ Longing to Speak - B1/ Comet B2/ Divider B3/ Man of Medicine
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

roil raft the meadows

Des Necks évoqués ci-dessus, s’est échappé (une fois de plus) Chris Abrahams : le temps de deux séances datées de février 2013 et 2014, qui l’exposaient auprès de Mike Majkowski et James Waples (batterie). L’improvisation est cette fois plus empruntée, par la faute du pianiste, disons-le, sourd à toutes nuances pour être trop occupé à jouer de facilités, à rabâcher son lyrisme. Dommage, d’autant que Majkowski et Waples travaillaient parfois dans l’ombre (Raft of the Meadows, Life Event Kit) à contredire les ses progressions toutes faites. En vain, et contre tous.

Roil : Raft of the Meadows (NoBusiness)
Enregistrement : 9 février 2013 & 6 février 2014. Edition : 2014.
LP : A1/ Laminate A2/ Raft of the Meadows A3/ Live Event Kit - B1/ Junipers Both A2/ Multiplier A3/ Bone Collar
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Hera, Hamid Drake : Seven Lines (Multikulti Project, 2013)

hera hamid drake seven lines

Il ne suffit pas de mélanger les essences pour faire sens. Témoin ce Seven Lines d’intérêt plus que moyen. Si l’on comprend et adhère à la quête du clarinettiste Wacław Zimpel, il faut bien reconnaître que l’échec rôde. Celui qui savait si bien s’acoquiner aux souffles forts de Ken Vandermark ne fait ici que répéter des schémas mélodramatiques, maintes fois rabâchés ailleurs.

Ainsi, telle mélopée japonaise ou telle chanson traditionnelle russe, n’a d’autre choix que le méditatif ou la transe. En figeant ainsi cette musique – tout en pensant le contraire – Hera ne doit son salut qu’à quelques surgissements bienvenus. Excluons d’emblée le duo percussif entre Paweł Szpura et Hamid Drake, très vite dressé en barricades sportives, pour retenir un saxophoniste (Paweł Postaremczak) inspiré et conquérant. C’est bien peu.

Hera : Seven Lines (Multikulti Project)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.  
CD : 01/ Sounds of Balochistan 02/ Roots of Kyoto 03/ Temples of Tibet 04/ Afterimages 05/ Recalling Russia
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]
>