Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
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Osvaldo Coluccino : Parallelo (Unfathomless, 2015)

osvaldo coluccino parallelo

Si l’on n’a pas lu les brèves informations inscrites sur la pochette du disque, on ne saurait dire vraiment dans quelle contrée – quelles cavités, quels tunnels, quelles profondeurs – Osvaldo Coluccino a pu aller ramasser ces preuves de vérité : échos, souffles épais, grincements, rafales…

Ni zone industrielle à l’abandon, ni hangar désaffecté, mais un monastère italien du XVIIe siècle, évidemment en ruines. Promesses de beaux fantômes à faire chanter – c’est le propos des phonographies publiées par le label Unfathomless : jouer avec les souvenirs, l’aura, les résonances d’un endroit – et de débris à remuer que Coluccino transforme en deux paysages fantastiques : deux parallèles sonores de vingt-deux minutes et deux secondes chacun, immanquables.



Osvaldo Coluccino : Parallelo (Unfathomless)
Enregistrement : 2007-2009. Edition : 2015.
CDR : 01/ Parallelo (2007) 02/ Parallelo 2 (2009)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Osvaldo Coluccino : Oltreorme (Another Timbre, 2013)

osvaldo coluccino oltreorme

Quelqu’un s'en serait-il rendu compte du plagiat ? Si j’avais écrit d’Oltreorme ce qui avait été écrit d’Atto ? Je copie & je colle, Héctor, pour dire à mon tour qu’Osvaldo Coluccino ne joue d’objets comme personne. D’ailleurs, il ne joue pas. Non, il examine, secoue, voit ce que ça donne, cherche, trouve ou ne trouve pas, creuse ou abandonne…

J’aurais aimé dire aussi que nous ne devons pas chercher quel est l’objet, qu'il faut laisser faire l’imagination qui trotte et qui galope, le disque qui invite à l’imagination… Mais Atto n’est pas Oltreorme, dont le titre est un néologisme qui nous lance sur la piste d’ « outre-empreintes ». Plus que sur son prédécesseur, les objets questionnent le silence. Plus que sur son prédécesseur, Coluccino réinvente la musique concrète en la rendant élusive. Même dans le concret, il est important de se distinguer. Et Osvaldo Coluccino a su le faire.

Osvaldo Coluccino : Oltreorme (Another Timbre)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01-05/ Oltrorme 1-5
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Osvaldo Coluccino : Atto (Another Timbre, 2012)

osvaldo coluccino atto

Je ne sais pas ce que ça veut dire que de jouer d’objets acoustiques. Il faudrait que je me replonge dans Schaeffer peut-être. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais je peux l’entendre. Surtout, il ne me faudra pas chercher quel est l’objet qui peut faire ce bruit-là, quelle est la chose qui peut sonner comme ceci.

Il est marqué dans le digipack que les objets de Coluccino ne sont pas musicaux. Et qu’il ne retouche rien à l’ordinateur. Voilà ce qu’il fallait que je sache. Pour ce qui est du reste, ce n'est qu'un voyage à faire. Un souffle me pousse, un crissement m’indique une direction, un sifflement capte mon attention. Tout a l’air de se passer dans l’air, oui c’est bien des courants d’air que j’entends. Mais je pose trop de questions, et je ferme les yeux.

Les objets de l’Italien me tournent maintenant autour, me voici encerclé, je garde les yeux fermés. Le tonnerre gronde, des roues tournent, des matériaux tintent sonnent grincent… Est-ce du polystyrène que l’on frotte sur mon parquet ? Et l’imagination reprend le dessus. Un trou apparaît, Coluccino et ses objets s’y engouffrent et je suis le mouvement. Par la force des choses, par la force des objets. Il y a des disques qui, en plus de vous emporter, vous font imaginer des choses. C’est le cas d’Atto.

Osvaldo Coluccino : Atto (Another Timbre)
CD : 01/ Atto 1 02/ Atto 2 03/ Atto 3 04/ Atto 4 05/ Atto 5
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
Héctor Cabrero © le son du grisli

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