Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Sophie Agnel, Olivier Benoit : Reps (Césaré, 2014)

sophie agnel olivier benoit reps

Puisqu’il faut souvent, en présence de Sophie Agnel, filer la métaphore, nous irons donc voir dans les stries du Reps annoncé, enregistré en juillet 2011 avec l’un de ses partenaires privilégiés, Olivier Benoit.

Piano contre guitare électrique, une demi-heure, et deux pièces. La fougue emporte déjà la pianiste qui fait gronder son instrument comme d’autres actionnent toujours le même métier à tisser : quelques chuintements trahissent l’âge de la machine, remplacés bientôt par des soupçons prudents mais qui gonflent avec la tension électrique, forment un accord qu’Agnel répétera à distance. Hélas, à coups de facilités et de notes dans le vide, le mystère se délite et la déception point : la trame est finalement grossière.

La contrariété passée – Reps-1 est quand même une demi-réussite –, le duo remet l’ouvrage sur le métier : la confrontation est motivante, qui n’en oblige pas moins Benoit à davantage encore d’effacement, mais chez la pianiste virera au théâtre, et même à l’emphase. L’a-t-elle remarqué ? Reprenant la tonalité d’un larsen qui court, elle se fait alors répétitive et brouille tous les plans : plus de trame qui vaille, mais un charme soudain. Maintenant, la question dérange : deux demi-réussites en font-elles une entière et pleine ?

Sophie Agnel, Olivier Benoit : Reps (Césaré / Metamkine)
CD : 01/ Reps-1 02/ Reps-2
Enregistrement : 11-13 juillet 2011. Edition : 2014.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 

Commentaires [2] - Permalien [#]

Olivier Benoit : Serendipity (Circum-Disc, 2011)

serendipisly

Le site du label Circum-Disc raconte à propos du guitariste Olivier Benoit : En solo, il développe un vocabulaire timbral large, bien qu’il n’utilise que très peu d’ustensiles et très peu d’effets. Car il concentre ses recherches sur les propriétés intrinsèques de l’instrument, transformant celui-ci en une plaque ultrasensible, en quête d’une maîtrise et une précision toujours plus grandes. La musique, bien que faite de larsens très contrôlés, de sons bruts, de frottements de silence, d’immobilité, de tensions ou au contraire de relâchements, de rapidité extrême, ne se veut pas une musique « d’effets », ni un « catalogue de sons ».

Pour une fois qu’une présentation ne ment pas, je pourrais me contenter de ce copier-coller pour évoquer ces trois solos de guitare. Mais je voudrais chercher à savoir ce qu’il faut entendre par « frottements de silence ». Interloqué, j’ai tendu l’oreille : j’entends bien les larsens que Benoit dompte avec une gestuelle travaillée, un spectre sonore large où se rencontrent les notes électriques et les bruits provocateurs (des petits coups donnés sur un micro, le ronronnement de l’ampli, des chutes de câble…), un chaos musical conduit à la baguette en milieu de CD… Tout ça est rondement mené, mais ce silence frotté ?

Ce qu’Olivier Benoit frotte, sur le dernière piste, ce sont les cordes, avec une main gauche qui choisit de faire chanter la guitare dans les aigus. Après quoi, c’est encore un grondement ravageur. Après, c’est un solo découpé : Benoit la tête basse et penché vers l’avant comme doit être tout bon guitare-anti-héros. Si mes écoutes m’ont conquis à chaque fois – un léger bémol : certaines notes trop claires jurent avec le caractère insaisissable du disque pris dans son entier –, je n’y ai pas entendu de « frottements de silence ». Voilà qui est rassurant. Ou bien ce silence qu’il est possible de frotter est l’espace dans lequel Olivier Benoit agit ? Il est l’atmosphère qu’il remue et trouble afin de lui faire perdre de son uniformité ? Dans un cas comme dans un autre, qu’Olivier Benoit continue de frotter !

Olivier Benoit : Serendipity (Circum Disc)
Edition : 2011.
CD : 01-03/ Serendipity
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Rocher, Benoit, Perraud : Extenz’O (Marmouzic, 2007)

extenzogrislo

Sur Extenz’O, Christophe Rocher (clarinettes), Olivier Benoit (guitare) et Edward Perraud (batterie) confrontent leurs pratiques respectives le long d’improvisations tortueuses.

Démontrant la variété de leurs influences et des domaines qui les concernent chacun, les musiciens amassent leurs interventions jusqu’à accoucher d’une musique qui doit faire encore avec ce grand fantasme de bruit : guitare électrique et sous effets (parfois excessive lorsque l’intervention court après un statut de solo revendicatif), clarinette basse déconstruite ou charmée soudain par la répétition, batterie convulsive ou imposant avec plus de sagesse un cadre à l’ensemble.

Démonstratif et souvent convaincant, Extenz’O pourrait s’apparenter au fruit d’une rencontre entre The Ex, Zu, The Spontaneous Music Ensemble et Phil Minton (pour les vocalises impromptues de Pleur du noir). D’autres font leur lot de références moins malignes.

CD : Jatropha I 02/ Femme and Co 03/ Pleur du noir 04/ Pleur du noir II 05/ Lettre verte I 06/ Lettre verte II 07/ 2e génération 08/ II I III IIII I II 09/ Tôt la fin I 10/ Tôt la fin II 11. Jatropha II

Christophe Rocher, Olivier Benoit, Edward Perraud - Extenz'O - 2007 - Marmouzic.

Commentaires [0] - Permalien [#]

>