Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A paraître : Sorcière, ma mère de Hanns Heinz Ewers & Nurse With WoundInterview de Quentin RolletEn librairie : Pop fin de siècle de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

Evan Parker Expéditives

evan aprker expéditives

evan parker hasselt

Evan Parker ElectroAcoustic Ensemble : Hasselt (Psi, 2012)
C’est une tournée de l’Evan Parker Electroacoustic Ensemble déjà documentée par ECM (The Moment’s Energy) qu’Hasselt raconte encore aujourd’hui. Trois pièces datées du 20 mai 2010, une autre du lendemain (Electroacoustic Ensemble au complet), développent une musique d’atmosphère qui traîne d’abord derrière le piano d’Agustí Fernández, ensuite derrière la contrebasse de Barry Guy. Lentement, les machines prennent le dessus : la supériorité de l’électro sur l’acoustique n’étant écrite nulle part, les instruments à vents (soprano de Parker, clarinettes de Ned Rothenberg et de Peter van Bergen) changent la donne : au cuivre de mitrailler maintenant, avec un art altier de la subtilité.

grutronic evan parker

Grutronic, Evan Parker : Together in Zero Space (Psi, 2012)
Si ce n’est la faute (d’inspiration) des musiciens, alors on dira la machinerie de Grutronic peu facile d’usage, voire récalcitrante : sur Together in Zero Space, synthétiseurs, samplers, « drosscillator », sonnent parfois creux, d’autres fois avalent le soprano de leur invité, Evan Parker, pour le digérer sur l’instant dans un bruit de néant. Constructivisme d’électronique obnubilée par la musique concrète : hélas, l’effort est vain.

parker lee evans

Evan Parker, Okkyung Lee, Peter Evans : The Bleeding Edge (Psi, 2011)
Nouveau passage par la St. Peter’s Church Whistable : en compagnie d’Okkyung Lee et Peter Evans, Evan Parker s’adonnait ce 4 mai 2010 à une « séquence d’improvisations » (sous-titre du disque). C’est là un ballet que signent les musiciens : duos et trios allant de fantaisies pâles en emportements convaincants – sur la sixième pièce, trompette, ténor et violoncelle, fomentent ainsi une miniature de superbes excentricités.

evan parker joe sorbara

Evan Parker, Wes Neal, Joe Sorbara : At Somewhere There (Barnyard, 2011)
Enregistré à Toronto le 15 février 2009, At Somewhere There est une pièce de musique d’une quarantaine de minutes improvisée par le bassiste Wes Neal et le batteur Joe Sorbara en présence d’Evan Parker (au ténor). Son vocabulaire est celui d’un jazz poli et son contenu convenable à défaut d’être bouleversant.

evan parker paul dunmall

Evan Parker, Kenny Wheeler, Paul Dunmall, Tony Levin, John Edwards : Live at the Vortex, London (Rare Music, 2011)
La rencontre date du 2 janvier 2003. Les protagonistes : Evan Parker, Kenny Wheeler, Paul Dunmall, Tony Levin et John Edwards. En apesanteur, les saxophones piquent droit sur la contrebasse et les tambours : un free d’allure ancienne fait feu, puis ce seront des paraphrases appliquées sur de grands pans de décors sombres. L’enregistrement, d’être désormais indispensable dans la discographie de chacun de ses intervenants.



Urs Leimgruber, Jacques Demierre, Barre Phillips : Montreuil (Jazzwerkstatt, 2012) / 6ix : Almost Even Further (Leo, 2012)

urs leimgruber jacques demierre barre phillips montreuil

Ensemble, Urs Leimgruber, Jacques Demierre et Barre Phillips, ont enregistré quelques références incontournables de leurs discographies respectives. Enregistré le 15 décembre 2010 aux Instants Chavirés, Montreuil est de celles-là. Remarquable, d’autant qu’il s’agissait de succéder à un imposant Albeit – paru en 2009 sur le même label.

Quatre temps. Et la mesure, d’abord. Suite d’accrochages d’éléments épars qui finissent par former une composition de fraction et d’ordre inversé. Au point que voici le piano tirant sur le clavecin et le soprano fait machine à bourdons. Une esthétique du démembrement dont les fuites et brisures sont rattrapées au vol par l’archet de Phillips. Sur le filet de voix de celui-ci, Northrope peint un ciel lourd aux éclaircies retentissantes sous lequel va le délire d’un piano-harpe : derrière lui, ce sont des frappes multipliées et des bruissements amassés jusqu’à ce qu’ils forment un épais rideau derrière lequel tout disparaîtra.

Après quoi, Leimgruber, Demierre et Phillips, entament une marche et puis une danse : le soprano cherchant l’équilibre avant de se plaire à cabrioler ; le piano et la contrebasse allant de frappes toujours décisives en incartades aptes à déstabiliser l’improvisation, « simplement » par jeu. Au ténor, Leimgruber passe enfin : le trio déboîte une nouvelle fois, du chant qu’il entame s’échappent les derniers éclats sonores, fantastiques excédents d’une imagination en partage.

Urs Leimgruber, Jacques Demierre, Barre Phillips : Montreuil (Jazzwerkstatt / Amazon)
Enregistrement : 15 décembre 2010. Edition : 2012.
01/ Further Nearness 02/ Northrope 03/ Welchfingar 04/ Mantrappe
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

6ix almost even further

Faire résonance de tout. Sans violence, libérer les sons enfouis. Animer le si fin qu’il en devient insupportable de beauté. Laisser scintiller tout son. Ne jamais stopper sa course. Maintenir la tension. Faire du silence un complice. Racler, encore plus profonde, la résonance. Maîtriser le geste et son rebond. Faire de l’improvisation un éveil. Laisser la crispation au vestiaire. Se délester, entièrement et totalement. Soigner la blessure. Faire oubli des dogmes. Imprimer l’oasis dans le songe. Toujours, solliciter l’inouï. Toutes choses, inestimables et inépuisables, glanées et saisies par les six (Jacques Demierre, Okkyung Lee, Thomas Lehn, Urs Leimgruber, Dorothea Schürch, Roger Turner) de 6ix.

6ix : Almost Even Further (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Almost Even Further 02/ As Now 03/ Faintly White 04/ Gorse Blossom
Luc Bouquet © Le son du grisli


Zeena Parkins : Double Dupe Down (Tzadik, 2012)

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Réunissant cinq musiques de films composées entre 2004 et 2011 par Zeena Parkins, Double Dupe Down joue la carte d’une étrange diversité. Mais de ce choix de transposer les sources et de bouleverser chronologie et orchestration émerge une œuvre-suite évitant, de belle manière, l’effet zapping.

Ici, même si imbriqués ou juxtaposés, ce sont les passages solos (PSA N° 2 + 7), les arrangements de cordes (The Shape of Error avec Sara Parkins, Maggie Parkins et Okkyung Lee) ou les parties à deux cornemuses (Oompie Ka Doompie avec David Watson et Matthew Welch) plutôt que les electronics inhabités d’Ikue Mori (Harpstring and Lava) que l’on a envie de défendre. Une suite attachante. Sans images certes…

Zeena Parkins : Double Dupe Down (Tzadik / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2004-2011. Edition : 2012.
CD: 01/ Harpstring and Lava 02/ Selina 03/ Opening Credits 04/ Chorale 05/ I Hardly Care 06/ Pipes Oompie 07/ No Sweet Love 08/ Phantasmagoria 09/ Zoo 10/ Skin 11/ Fireworks 12/ At Sea 13/ Duo 14/ Allegra 15/ Picnic Too 16/ The Air Is Perfectly Clear 17/ Squiggle 18/ Carousel 19/ Anthem
Luc Bouquet © Le son du grisli


Alon Nechushtan : Dark Forces (Creative Sources, 2011)

alon_nechushtan_dark_forces

Neuf mouvements en tension extrême, parcourus de forces obscures et rougeoyantes, qui font émerger par masses lentes et graves des phénomènes sonores hérissés de possibles, aux irisations inquiétantes : respirations saturées, grincements de portes, larsens, bruits de lames de couteaux, scintillements métalliques presque cristallins, étirements de tracés lumineux aux formes mystérieuses, glissandi de cordes scabreux, rires…

Neuf métamorphoses formidablement orchestrées et interprétées par onze musiciens (cuivres, bois, contrebasse et deux guitares électriques jouées par Henry Kaiser et Elliott Sharp), qui déploient des morphologies ambigües, comme électronisées, évoquant par jeux de latence successifs, des sons environnementaux – la mer, le vent, un oiseau –, un bestiaire fantastique, tout une jungle, selon d’étranges processus d’involution et d’évolution, de défiguration et de refiguration.

Une expérience d’écoute intense où l’ombre et le non-vu – le non-ouï – activent en silence une puissante fantasmatique.

Alon Nechushtan : Dark Forces (Creative Sources / Metamkine)
Edition : 2011.
CD : 01-10/ 01-10
Samuel Lequette © Le son du grisli


Cordes expéditives : Okkyung Lee, Sheriffs of Nothingness, Christian Munthe, Ernesto Rodrigues, Mathieu Werchowski...

cordes_expeditives_2011

sheriffsSheriffs of Nothingness : A Summer’s Night at the Crooked Forest (Sofa, 2011)
Traînant ou agissant par saccades, les archets conjoints du duo Sheriffs of Nothingness tissent des tapis d’ombres aux variations charmantes. Emportées ou redondantes, fiévreuses ou apaisantes, ce sont-là onze pièces environnementales (Summer Nights, Sunset, Forests…). Qui balancent sous le coup des soupçons ou unissons féroces des païens archets de Kari Ronnekleiv et Ole Henrik Moe.

zero_centigradeZero Centigrade : Unknown Distances (Audio Tong, 2011)
Aux côtés du trompettiste Vincenzo De Luce, le guitariste Tonino Taiuti défend ses compositions sous le nom de Zero Centigrade. Ici défilent quinze pièces enregistrées en 2010 d’un folk expérimental qui peut évoquer, selon les moments, Sharif Sehnaoui ou Gastr del Sol. Après le western, voici inventée l’Americana Spaghetti.

okkyung_leeOkkyung Lee : Noisy Love Songs (for George Dyer) (Tzadik, 2011)
En compagnie d’invités (Peter Evans, Ikue Mori, Satoshi Takeichi…), Okkyung Lee sert sur un disque du même nom quelques Noisy Love Songs. En fait de chansons, ce sont des pièces minimalistes aux influences diverses (musique de chambre dérangée, folk, pop, romantisme…) que l’on colle les unes aux autres. L’amalgame est parfois hasardeux mais n’en constitue pas moins un recueil de musique courtoise.

lee_noyes_christian_muntheChristian Munthe, Lee Noyes : Onliners (*For*Sake, 2011)
Pour avoir entendu Christian Munthe dans d’autres circonstances, ce duo avec Lee Noyes n’en est que plus réjouissant. Sur des percussions souvent étouffées, le guitariste y apparaît en élève de Derek Bailey : un élève impatient et parfois en manque de confiance. Mais lorsqu’il doute, qu’il se demande s’il faut toujours, coûte que coûte, remplir les silences, alors Munthe trouve refuge en mélodies ou arpèges qu’il s’amuse à faire tourner.

Gu_mundur_Steinn_GunnarssonGuðmundur Steinn Gunnarsson : Horpma (Carrier, 2011)
A côté du compositeur Guðmundur Steinn Gunnarsson, cinq autres musiciens (dont Charity Chan et Kanoko Nishi) sont à entendre sur Horpma. Cette pièce en deux temps ordonne le concours de 27 instruments à cordes pour défendre au mieux une musique espiègle pour être en décalage perpétuel. Les motifs que se repassent guitares et clavecins, piano et harpe, ukulele et langspil, déclenchent au fil des secondes une œuvre singulière, faite autant d’insistances que de beaux accidents.

rodrigues_werchowski_drainErnesto Rodrigues, Mathieu Werchowski, Guilherme Rodrigues : Drain (Creative Sources, 2011)
En compagnie du violoniste Mathieu Werchowski, Ernesto et Guilherme Rodrigues augmentent leur œuvre improvisé d’une référence. Drain, la référence en question, est faite de mouvements d’archets contradictoires, de pas de deux et de trois pas effrayés par les parasites, de réactions des cordes aux assauts des mains gauches. Bientôt, les flèches décochées ont raison des bois, qui grincent avant d’expirer.

wolfliBaudouin de Jaer : The Heavenly Ladder / Analysis of the Musical Cryptograms (Sub Rosa, 2011)
Mettre en musique les dessins d’Adolf Wölfli, grande figure de l’art brut, est ici le propos du violoniste Baudouin de Jaer. Des couleurs et des étranges partitions du Suisse, le musicien belge tire, selon l’inspiration, un minimalisme aux portes du silence, des airs de folklore halluciné ou des ritournelles de scènes champêtres que n’aurait pas reniées Bruegel. Soit, un art musical aussi baroque qu’est chamarrée l’œuvre de Wölfli.


Okkyung Lee, Phil Minton : Anicca (Dancing Wayang, 2011)

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Sous une pochette soignée dont le label Dancing Wayang s’est fait une spécialité, un 33 tours consigne la rencontre d’Okkyung Lee et Phil Minton.

On sait la violoncelliste et le vocaliste aussi fantasques qu’ingénieux voire inspirés. En conséquence, les pièces expressionnistes sur lesquelles ils s’accordent ici profitent de trouvailles partagées : archet à la frénésie propice aux dérapages contre phonation en proie à des excès d’aigus, vocalisation de la contrebasse contre exercices appropriés d’orthodontie parallèle, banderilles enfoncées jusqu’en tyroïde mintonienne et muqueuses chatouillées seulement mais conseillant à leur propriétaire de brailler à la cantonade. Simplement pour le spectacle, qui est à conseiller.

Okkyung Lee, Phil Minton : Anicca (Dancing Wayang)
Edition : 2011.
LP : A/ MUAH B/ MU BYUN
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


John Zorn : Femina (Tzadik, 2009)

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C’est très simple : en trente-cinq minutes, John Zorn rend hommage à cinquante-deux femmes (parmi elles ; Frida Kahlo, Xu Feng, Simone de Beauvoir, Yoko Ono, Hannah Arendt, Louise Bourgeois, Susan Sontag, Marguerite Duras), le tout étant tout interprété par un sextet exclusivement féminin (Jennifer Choi, Okkyung Lee, Carol Emmanuel, Sylvie Courvoisier, Shayne Dunkelman, Ikue Mori + Laurie Anderson en special guest).

Pour ce faire, il renoue avec ses game pieces ; les cartes et signaux qu’il manipule permettant que se lovent dans chaque pièce improvisation et composition. Mais on est très loin des zapping frénétiques des différentes versions de Cobra et c’est plutôt du côté des sobres mélodies du Godard/Spillane qu’il faut aller chercher. Mais si elles étaient parfois dissimulées voici trente ans, elles éclatent au grand jour aujourd’hui. Chaque pièce débute par un effet zapping souvent à la charge des electronics d’Ikue Mori. Puis s’engagent mélodies ou arpèges joués à l’unisson par la harpe et le piano : le violon et le violoncelle se partageant, ensuite, le rôle de soliste.

Ici, Zorn prend le temps de laisser ses partenaires développer ambiances et atmosphères. On pense parfois à Glass ou à Satie. Soit un Zorn presque apaisé et si peu chaotique qu’il risque de décevoir quelques-uns de ses fans les plus radicaux. En bonus : un  superbe un livret-portfolio des photographies de l’artiste allemande Kiki Smith.


John Zorn, Femina IV. Courtesy of Orkhêstra International.

John Zorn : Femina (Tzadik/ Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009
CD : 01/ I/ II 03/ III 04/ IV
Luc Bouquet © Le son du grisli


Wadada Leo Smith : Spiritual Dimensions (Cuneiform, 2009)

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Dans ce disque, Wadada Leo Smith se livre à de longues improvisations / méditations autour d’un motif mélodique (Al-Shadhili’s Litany of the Sea : Sunrise) ou rythmique (Umar at the Dome of the Rock, parts 1 & 2). Longues à propos, car il faut du temps, et de l’espace, pour que la musique de Wadada Leo Smith se déploie, que la trompette du leader ondoie au gré des vents de son inspiration.

Ces vents là viennent des terres de Miles. Ce dernier semble partout présent, plus comme un esprit inspirant que comme une ombre étouffante. Pour preuve la sonorité aigrelette et le jeu avec le silence qui frappent dans le premier disque, et l’instrumentation choisie dans le second disque. Car cet album est double, et si l’esthétique y est partout la même, les formations qui l’incarnent diffèrent selon les deux disques.

Tout d’abord, le Golden Quintet, qui joue sur le premier disque, témoignage d’un concert donné lors du Vision Festival 2008. On y retrouve le même contrebassiste (John Lindberg) et le même pianiste (Vijay Iyer) que dans le Golden Quartet de Smith. A la place de Shannon Jackson, deux batteurs sont ici conviés (Don Moye et Pheeroan Aklaff) comme pour souligner l’importance du rythme, de la pulsation comme moteurs de la machine et véhicules pour ces voyages dans l’espace (les terres africaines de Umar) ou le temps, comme l’atteste la plongée dans l’époque funky qu’est South Central L.A. Kulture.

Ce morceau charnière, qui clôt le premier disque, est repris en introduction du second, emmené cette fois par une formation plus ample (un nonet) et plus électrique aussi. Pheeroan AkLaff, John Lindberg et Wadada restent pour y accueillir de nombreuses cordes (le violoncelle de la précieuse Okkyung Lee, quatre guitares et une basse électriques) qui, superposées, sur-imprimées telles des aplats de peintures, concourent à créer la pâte sonore de l’orchestre. La batterie, qui émerge de cette pâte liminaire annonce clairement la couleur : celle de rythmes binaires, que Miles empruntait au rock dans les années 70, mais envoyés ici avec une fraîcheur et une urgence qui nous éloignent assez vite de toute tentative de comparaison. Car Wadada joue Wadada et le sillon qu’il creuse depuis tant d’années trouve en ce double disque une belle introduction pour aller plus avant en même temps que l’aboutissement d’une exigeante démarche.

Wadada Leo Smith : Spiritual Dimensions (Cuneiform Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008 et 2009. Edition : 2009.
CD1 : 01/ Al-Shadhili’s Litany of the Sea : Sunrise 02/ Pacifica 03/ Umar at the Dome of the Rocks, Part 1 & 2 04/Crossing Sirat 05/ South central L.A. Kulture - CD2 : 01/ South Central L.A. Kulture 02/ Angela Davis 03/ Organic 04/ Joy : Spiritual Fire : Joy
Pierre Lemarchand © Le son du grisli


Okkyung Lee, Peter Evans, Steve Beresford : Check for Monsters (Emanem, 2009)

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Dans les notes qui accompagnent Check for Monsters, à la question « Quel est le but des monstres ? », la violoncelliste Okkyung Lee répond « nous rappeler que le monde n’appartient pas aux humains. » De leurs côtés, le trompettiste Peter Evans affirme « manger les enfants » et le pianiste Steve Beresford avance « le plaisir ». Ensemble, Lee, Evans et Beresford prennent la direction du noir.

En profitant vite d'une improvisation inépuisable : de suppositions énoncées à coup d’archet glissant pour Lee, de fuites impétueuses pour Beresford et de lignes de conduite brillante instituées par Evans, le trio cherche partout, se meut et déplace, fond tout à coup sur une ombre, pour, rapidement, la laisser filer. Par vagues successives, Check for Monsters ramène à l’auditeur les fruits de sa cueillette et quelques vociférations, tout en l’assurant de la distinction des gestes nécessaires d’une formation ayant joué avec ses peurs d’enfants, et qui, pour être allé voir derrière la porte, s’en trouve aujourd’hui apaisé.

Okkyung Lee, Peter Evans, Steve Beresford : Check for Monsters (Emanem / Orkhêstra International)
Edition : 2009.
CD : 01/ Phacthio 02/ Yinothanot 03/ Egokrlo-nar 04/ Gwendol ap Siencyn
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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