Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Keefe Jackson : Seeing You See (Clean Feed, 2010)

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Toujours chez Keefe Jackson ces petits appels-apports ayleriens qui ne sont pas pour rien dans la réussite de cet enregistrement. Certes, des petites choses, pas nécessairement audibles pour un non-initié, mais démontrant l’implication d’un musicien en recherche d’un ailleurs à (re)conquérir. A cet égard, Seeing You See ne me fera pas mentir.

Alors que Jeb Bishop semblait avoir pris le dessus sur son compagnon, Jackson se fend d’un solo électrique, évitant tout appui, tant rythmique qu’harmonique. Prise de risque que s’autorise un saxophoniste (clarinettiste crépusculaire sur Eff-Time, Since Then & Close) soucieux de ne plus jamais reproduire les phrasés d’école.

Il peut, ici, dans ce strict cadre (bop ouvert, free extensible), compter sur la maîtrise absolue de ses partenaires (Jeb Bishop, Jason Roebke, Noritaka Tanaka) de la windy city. Le pourra-t-il si l’aventure se précise plus périphérique, plus éclatée comme le suggère l’inaccompli Since Then ? A suivre donc…

Keefe Jackson : Seeing You See (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/Maker 02/ If You Were 03/ Put My Finger on It 04/ How-a-Low 05/ Eff-Time 06/ Seeing You See 07/ Turns to Every Thing 08/ Since Then 09/ Word Made Fresh 10/ Close
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Josh Berman : Old Idea (Delmark, 2009)

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Le titre de ce disque, Old Idea, semble nous ramener dans le passé. Mais le jazz, n’est-ce pas cela : réexplorer le passé pour faire surgir les éclats de modernité (d’intemporalité) en lui ? L’improvisation, n’est-ce pas cela : réincarner d’anciennes mélodies, les faire renaître à l’aune d’une actuelle lumière ?

Pour preuve de ce refus de s’ancrer dans un style particulier ou dans une posture révolutionnaire à tout crin, la musique jouée ici : inclassable, intemporelle. Si l’on devait cependant évoquer des références, ce serait du côté des enregistrements du label Blue Note au mi-temps de années 60, qui s’articulaient autour de personnalités telles que le vibraphoniste Bobby Hutcherson (dont Jason Adasiewicz prolonge ici l’art) ou le saxophoniste Eric Dolphy, (bien) nommé « le passeur ».

Oui, dans ce disque comme dans ses illustres prédécesseurs (Out to Lunch de Dolphy justement), on n’est ni « in » ni « out », ni dans le ton ni dans l’atonalité… Cette impression de flotter entre différentes esthétiques est renforcée par le fait que les harmonies reposent sur le vibraphone (ici, pas de piano). Le jeu des souffleurs va dans ce sens : le cornettiste et leader Josh Berman et le saxophoniste Keefe Jackson sont toujours lyriques. Les références citées par le premier sont Miles Davis et Rex Stewart (le cornettiste de Duke Ellington) même si l’on ne peut s’empêcher de lorgner du côté de Bill Dixon, musicien qui aura décidément fortement influencé toute la scène chicagoane qui s’articule autour de Ken Vandermark.

Les musiciens du quintet de Josh Berman ont beaucoup joué ensemble, en concert comme sur disque, dans de nombreuses formations telles l’Exploding Star Orchestra de Rob Mazurek ou les Fast Citizens de Keefe Jackson. La complicité musicale qui en découle, et la convergence esthétique, éclatent à tout moment dans ce grand disque.

Josh Berman : Old Idea  (Delmark / Socadisc)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009.
CD : 1/ On account of a hat 2/ Next year A 3/ Let’s pretend 4/ Nori 5/ Next year B 6/ Almost Late 7/ What can? 8/ Db 9/ Next year C
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

Archives Josh Berman

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