Le son du grisli

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Gary Smith, Silvia Kastel, Ninni Morgia : Brand (Ultramarine, 2012)

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Ultramarine est ce label qui a pris fait et cause – il y a des raisons à cela ! – pour le guitariste Ninni Morgia. Pas surprenant, donc, que la brand new référence du label y revienne. Sur Brand, il joue en trio avec Gary Smith, guitariste qui enregistra (apprend-je) entre autres avec Rhys Chatham et John Stevens (pour Ecstatic Peace), et Silvia Kastel, chanteuse et joueuse de synthés qui s’occupe aussi du label… Ultramarine.

Deux guitares, une voix et des synthétiseurs, voilà une combinaison d’instruments qui peut être capable du pire comme du meilleur. Et alors ici ? S’il met un petit temps à décoller (Smith et Morgia ont l’air de renifler leurs instruments et Kastel murmure en les attendant), le trio investit un rock improvisé revenchard. Avec pertes et fracas, les guitares font trembler la voix de Kastel qui se défend avec ses synthés dont les nappes sont aussi féroces qu’ingénieuses. L’intensité est même telle qu’on trouve dommage d’avoir à retourner le LP – puisqu’il s’agit là d’un LP, pour changer… Si ce n’est cette obligation d’entre deux faces (tours ?), l’auditeur profite et se laisse consumer avec joie.

Gary Smith, Silvia Kastel, Ninni Morgia : Brand (Ultramarine)
Enregistrement : Janvier 2011. Edition : 2012.
LP : Brand
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ninni Morgia, Marcello Magliocchi : Sound Gates (Ultramarine, 2011)

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Entendu récemment sur le même label auprès de William Parker (Prism), Ninni Morgia retourne au duo sur Sound Gates. Son partenaire est cette fois le percussionniste Marcello Magliocchi.

Au contact de la pratique assurée d’un compatriote qui œuvre en faveur de l’improvisation depuis le début des années 1970, le guitariste dévoile d’autres desseins électriques : effleurant à peine son instrument, le réduisant jusqu’à obtenir une forme rare de sanza ou le renversant après en avoir passé quelques phrases en ordinateur.

Magliocchi répond à force de débordements ou de coup défaits qui par endroits soulèvent les nébulosités sonores dont est fait l’essentiel du dialogue. Alors, le soupçon laisse percer quelques tensions : Morgia ose un solo sifflant d’une lenteur assez peu familière à l'exercice. Sources d’érosion multiples, les anfractuosités que Morgia et Magliocchi y ont taillées ont fait de ce vinyle un singulier objet. 

Ninni Morgia, Marcello Magliocchi : Sound Gates (Ultramarine)
Edition : 2011.
LP : A/A1-A5 B/B1-B6
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ninni Morgia, William Parker : Prism (Ultramarine, 2010)

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Quatre faces (double 33 tours qu’est Prism) pour une dizaine de cordes (guitare de Ninni Morgia et contrebasse de William Parker).

Le nombre de pédales nécessaires à Morgia est un mystère mais l’allant qu’il donne à la rencontre est, lui, évident : électricité au service d’une musique ethnique d’un nouveau genre, diphonie mise au jour par un archet distributeur de graves qu’attise un jeu de cordes minces au fantasque irrépressible.

A l’artisanat originel, le duo tourne peu à peu le dos pour élaborer puis mettre en branle une machine à sons hétérodoxes qui bout avant d’éclater : alors, des projections ici et ailleurs des motifs répétés. Pour inventer d’autres manières, Parker abandonne quelques fois sa contrebasse pour un frêle instrument à vent et Morgia développe encore l’idée selon laquelle il serait désormais impensable de faire usage de la guitare à la mode d’avant : les guitar-heroes sont fatigués et il faut dire à leur place mais surtout différemment, c'est à dire à coups d’élucubrations ravissantes dont la nature étrange ne tient pas du phénomène démonstratif. Voilà donc de quoi Prism est fait.

Ninni Morgia, William Parker : Prism (Ultramarine)
Edition : 2010.
LP X 2 : Prism
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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