Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Michel Doneda, Nils Ostendorf : Cristallisation (Absinth, 2012)

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A Tanus, Chapelle de Las Planques, Michel Doneda et Nils Ostendorf improvisèrent quatre heures les 26 et 27 avril 2010. De ces séances, Cristallisation a retenu une dizaine de moments.

Agissant comme un troisième interlocuteur, la Chapelle renvoie les notes et prolonge donc le discours : de saxophones et de trompette aux souffles mesurés quand ils ne sont pas impétueux, d’harmoniques en diable, d’interférences et de surimpression, de recherches faites dans le corps de l’instrument, d’éclats d’aigus et de phrases inclinées formant au sol un labyrinthe, en l’air des volutes qui s’évanouissent. L’endroit se chargeant de la cristallisation promise, Doneda et Ostendorf s’y installèrent pour en tirer artifices.

Michel Doneda, Nils Ostendorf : Cristallisation (Absinth)
Enregistrement : 26 et 27 avril 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Saline 02/ L’etier 03/ Bossis 04/ Guiffres 05/ Œillet 06/ Ladure 07/ trémet 08/ Vasière 09/ Adernes 10/ Fares
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Trigger : The Fire Throws (Insubordinations, 2012)

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L’introduction a quelque chose d'une étonnante mise en garde. Comme si Chris Heenan, Matthias Müller et Nils Ostendorf nous conseillaient de ne pas trop nous approcher, de ne pas aller au-delà des premières secondes de leur enregistrement tout en jouant des codes de la pire séduction, celle dont on ne revient pas.

La clarinette contrebasse, le trombone et la trompette ont beau bourdonner, on  avance d’abord d’un pas égal, ensuite avec confiance. Les duels improvisés, les tons sur lesquels le trio grave des voies qui nous mènent à un réductionnisme qui respecterait les stations d’une progression inévitable., n'ont aucun effet sur notre détermination Ce réductionnisme coule et sa texture s’affaiblit toujours, un peu comme l’homme perd de ses forces en vieillissant. Il n’en faut pas davantage pour parler ici d’un réductionnisme à taille humaine, qui nous chuchote à l’oreille ses rêves de splendeur et ses faiblesses inévitables. C’est comme ça (pour ça ?) que nous le comprenons.

EN ECOUTE >>> Karst

Trigger : The Fire Throws (Insubordinations)
Téléchargement :gratuit / CD : 01/ Karst 02/ Talus 03/ Littoral 04/ Anchialine 06/ Fracture 07/ Scree 08/ Tufa 09/ Corrasional
Enregistrement : décembre 2010. Edition : 2012.
Héctor Cabrero © le son du grisli

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Silencers : Balance des blancs (Sofa, 2011)

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Balance des blancs est un disque de Kim Myhr (à la guitare et aux objets résonant), Benoît Delbecq (au piano préparé), Nils Ostendorf (à la trompette) et Toma Gouband (aux percussions). Ils se sont appelés Silencers. Mais leurs titres sont en Français.

On ne sait pas très bien à quoi s'attendre quand Balance des blancs commence. On saisit l’idée d'ambient acoustique, microtonale, fragilisée par les harmoniques. La première surprise vient de Delbecq, plus discret qu’à son habitude (pour ce que j’en ai entendu sur disques en tout cas) alors que Myhr profère des menaces sonores qui ne manquent pas de sel. Au fond du tableau, Ostendorf joue un petit air. On dirait qu’il fait diversion.

Après quoi Delbecq émerge. Mais ses propositions sont trop simples pour enrichir la formule. Il se répète sans parvenir à trouver une issue pour créer individuellement sur l’accompagnement de ses partenaires. En conséquence il étouffe sous l’atmosphère qu’il a lui-même viciée en plaquant trop d'accords. Tous les réglages sont chamboulés. Dommage, même si on le savait : la balance des blancs, c’est très difficile.

Silencers : Balances des blancs (Sofa / Metamkine)
Enregistrement : 12 décembre 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Les rives 02/ En turbulence 03/ Embrasées 04/ Spires 05/ Encerclés
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Nils Ostendorf, Philip Zoubek, Philippe Lauzier : Subsurface (Schraum, 2010)

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Trois hommes font remonter des souvenirs enfouis à la « subsurface » des choses. L'un est trompettiste (Nils Ostendorf), un autre est pianiste (Philip Zoubek) et le dernier est clarinettiste et saxophoniste (Philippe Lauzier). Ces trois hommes improvisent.

La référence au concret dont Ostendorf, Zoubek et Lauzier dispensent leur action instrumentale est repérable dans la façon qu’ils ont d’appeler les sept étapes qui la composent. Magnetic Hill, Calm City ou Slow Collapse sont des titres fiables pour parler de leur musique. Abstraite, cette musique peut accepter de chanter. Remplie de brisures, elle peut passer pour zen ou se laisser porter par les vents tel un mobile métallique.

C'est de cette manière qu'Ostendorf, Zoubek et Lauzier réussissent leur tour. Leurs dosages sont précis du début à la fin de leur rencontre, fin qui est cette Subsurface justement qui les force à sortir de leurs gonds, à dépareiller pour montrer que leur belle collaboration aurait pu tourner au drame mais ne l'a pas fait ne serait-ce qu'un instant. 

Nils Ostendorf, Philip Zoubek, Philippe Lauzier : Subsurface (Schraum)
Edition : 2010.
CD : 01/ Magnetic Hill 02/ Dreaming on a Cargo 03/ Hyperlinking 04/ Calm City 05/ Slow Collapse 06/ Spectral Radiance 07/ Subsurface
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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