Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Elton Dean : Happy Daze / Oh! For the Edge (Ogun, 2009)

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Né en 1975 du sextette que le saxophoniste Elton Dean codirigeait avec Keith Tippett, Ninesense renaît aujourd'hui au son des rééditions groupées d'Oh! For the Edge (1976) et Happy Daze (1977).

Porté par la rythmique que Brotherhood of Breath (Harry Miller et Louis Moholo), le groupe – dans lequel on peut enrendre le trombone de Radu Malfatti – sert un jazz qui rappelle celui de Chris McGregor et oscille entre danses de salons retapées par des instrumentistes illuminés (Alan Skidmore, Keith Tippett et Nick Evans aux premiers rangs de ceux-là), un swing de facture plutôt classique et quelques expérimentations répétitives (Seven for Lee, sur lequel Dean intervient au saxello).

Sans Malfatti, le même groupe rend ensuite Dance, composition qui ouvre Happy Daze et dont les airs de samba dévient à force de céder aux perturbations d'un orchestre dissipé. La suite, d'être gagnée par les graves : contrebasse de Miller sur Fall In Free (inutile explication de texte), trombone d'Evans sur Friday Night Blues ou fermeture fantasmant l'hymne inquiet si elle n'était jalonnée d'éclaircies dissonantes (Prayer for Jesus). Souffrant ici ou là d'une production  en phase avec son époque (surbrillances préférées aux rondeurs), ces rééditions n'en sont pas moins importantes, et célèbrent l'art d'Elton Dean, saxophoniste de choix qui savait aussi s'entourer.

Elton Dean's Ninesense : Happy Daze / Oh! For the Edge (Ogun / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1976-1977. Edition : 2009.
CD : 01/ Nicrotto 02/ Seven for Lee 03/ Sweet F.A. 04/ Three for All 05/ Dance 06/ Fall In Free 07/ Forsoothe 08/ M.T. 09/ Friday Night Blues 10/ Prayer for Jesus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Command All Stars : Curiosities 1972 (Reel Recordings,2008)

command all stars curiosities 1972

Des beaux restes de bandes oubliées, Curiosities 1972 tire sa substance rare : preuves d’existence données d’un groupe occasionnel emmené, l’année susnommée, en studio par le tromboniste Nick Evans et le trompettiste Mark Charig, et dans lequel on trouvait Elton Dean (saxophones et piano électrique), Keith Tippett (pianos), Keith Bailey (batterie) et deux contrebassistes venus d’ailleurs : Harry Miller et Johnny Dyani.

Aux Command Studios de Londres – qui donnent aujourd’hui leur nom au groupe –, une improvisation collective prenaient donc ses aises : bouleversante plusieurs fois, et de différentes façons pour obéir à diverses combinaisons instrumentales ; sans concession, évidemment, ce qui vaudra au disque de voir repoussée, puis oubliée, sa publication. Pourtant, l’association, tonitruante, en démontre avec emphase : Tippett jouant le courant porteur – voire, attelé à imposer un singulier psychédélisme sur African Sunrise –, Dean passant de clavier en sopranino avec la même intensité (aller l’entendre sur But Insane), Miller allant de contrebasse en flûte africaine pour évoquer au mieux African Sunset. En supplément, un titre donne à entendre Dean, Evans et Charig en compagnie d’un autre Sud-Africain inspiré : le batteur Louis Moholo.

Comand All Stars : Curiosities 1972 (Reel Recordings / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1972. Edition : 2008.
CD : 01/ Guilty 02/ But Insane 03/ African Sunset 04/ African Sunrise 05/ Roots and Wings 06/ Just Us Plus * Vehim
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Harry Miller's Isipingo: Which Way Now (Cuneiform - 2006)

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Contrebassiste sud-africain exilé en Angleterre, Harry Miller a pu y rencontrer dans les années 1970 certains compatriotes (notamment le pianiste Chris McGregor et le batteur Louis Moholo) collaborant déjà avec quelques improvisateurs locaux (Keith Tippett, John Surman…). Ayant choisi, parmi eux tous, les membres de son propre groupe, il enregistrera avec Isipingo un seul et unique album : Family Affair.

C’est dire l’importance du document qu’est Which Way Now, enregistrement d’un concert donné en 1975 à Brême, par un sextette dans lequel on trouve Miller, Tippett et Moholo aux côtés de Nick Evans (trombone), Mongezi Feza (trompette) et Mike Osborne (saxophone alto). Sur les pas du Brotherhood of Breath de McGregor, le groupe installe un jazz chatoyant et efficace, ponctué ici par les dissonances du piano (Family Affair) ou là par les attaques nerveuses de la batterie (Eli’s Song).

Déposant le thème à l’unisson en ouverture et fermeture des quatre compositions, les musiciens se succèdent entre les deux le temps de solos presque tous convaincants (sinon : Tippett plutôt laborieux sur la fin d’Eli’s Song, Osborne peu inspiré par Children At Play). Marquant les structures de ses gimmicks puissants, Miller ne cesse d’élargir le champ des possibilités de ses partenaires, ce qui permet, par exemple, de changer un swing allègre en combinaison plus complexe d’improvisations emmêlées (Which Way Now).

Un peu à la manière dont Ronnie Boykins – autre contrebassiste – avait, de l’autre côté de l’Atlantique, fomenté The Will Come, is Now, Harry Miller réussit à rendre accessible l’avant-garde turbulente d’une époque, à coups d’interprétations espiègles autant que frondeuses. Et à Brême, en plus.

CD: 01/ Family Affair 02/ Children At Play 03/ Eli’s Song 04/ Which Way Now

Harry Miller's Isipingo - Which Way Now - 2006 - Cuneiform Records. Distribution Orkhêstra.

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