Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Anthony Pateras : Collected Works 2002-2012 (Immediata, 2012)

anthony pateras collected works 2002-2012

Lorsque l'on a découvert Anthony Pateras au son de Chasms, on n’est pas fâché de retrouver la pièce, importante, sur cette rétrospective longue de cinq disques, mis en boîte étiquetée Immediata. De son propre aveu, Pateras tenait avec elle à dire qu’il improvise autant qu’il compose – et lorsqu’il compose, que les instruments capables de l’inspirer sont nombreux.

Ainsi Chasms revient-il sur son usage du piano préparé avec un aplomb que ne trahissent pas de plus récents travaux, Block Don’t Bleed et Bleed Don’t Block, consignés sur le quatrième disque de la boîte : fantaisies d’artifices fiévreux qui se chevauchent ou s’interpellent. Sur piano à lamelles, Delirioso pousse au vice et fait du pianiste décadent un percussionniste affranchi. Assez pour que Pateras abandonne bientôt, et tout à fait, son instrument de prédilection pour faire autrement œuvre de frappe.

Ce sont alors cinq pièces, pour le bien desquelles le musicien accueille du renfort (Vanessa Tomlinson seule ou Eugene Ughetti à la tête de bataillons de six ou douze percussionnistes) qui battent la mesure et même la partition. Leurs structures peuvent être répétitives ou paysagères, luxuriantes ou clairsemées : ici un théâtre d’ombres et de silences se met en place sous les tintements parfois étendus par l’usage de l’électronique, là un élément perturbateur retouche le parcours des ondes.

La collecte est ensuite celle de travaux d’orgue et d’électronique : le drone d’Architexture, porté par le son de Byron Scullin, soumis aux changements sur le conseil d’expérimentations minimalistes ; le jeu de dupe de Keen Unknown Matrix, fait planète interdite à tout réfractaire au caprice musical. Un retour au classique, enfin : quatuor à cordes aux archets fuyants rendant hommage à John Zorn (en 2008, Pateras publiait Chromatophore sur Tzadik) ; association, percussive encore, avec James Rushford (piano préparé), Samuel Dunscombe (clarinette basse) et Judith Hamann (violoncelle) ; grand orchestre lâchant prise sur Fragile Absolute, composition traînante qui évoque Scelsi sans parvenir toutefois (la chose est difficile) à atteindre ses profondeurs.

La conclusion est alors à trouver en Lost Compass, pièce d’électroacoustique qui résume les vues et desseins d’Anthony Pateras : classique mis à mal par l’expérimentation, l’expérimentation gagnant au savoir-faire classique (musique et théâtre tout à la fois) que l’Australien tord et adapte à ses propres codes chaque jour un peu plus.

Anthony Pateras : Collected Works 2002-2012 (Immediata / Metamkine)
Enregistrement : 2002-2012. Edition : 2012.
CD1 : 01/ Crystalline 02/ Broken Then Fixed Then Broken 03/ Fragile Absolute 04/ Lost Compass 05/ Immediata CD2 : 01-03/ Chasms 04/ Delirioso CD3 : 01/ Architexture 02-04/ Keen Unknown Matrix (2009-2011) CD4 : 01/ Block Don’t Bleed 02/ Bleed Don’t Block CD5 : 01/ Refractions 02-05/ Mutant Theatre Act 2 06/ Hypnogogics 07-17/  Mutant Theatre Act 3 18/ Flesh & Ghost
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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