Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Bruisme #7
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Natura Morta : Natura Morta (Prom Night, 2012)

natura morta

C’est un disque court mais sur mesures : celles de trois jeunes musiciens associés : Frantz Loriot, Sean Ali et Carlo Costa, réunis en Natura Morta, projet dans lequel se mêlent de façons diverses violon, contrebasse et batterie. Lorsqu’ils ne sont pas préparés, les instruments tournent le dos aux techniques traditionnelles – à défaut d’être rare, la cause est ici au moins justifiée.

Alors donc les musiciens travaillent bois, cordes et peaux, marquant de leurs empreintes des instruments que l’on imagine postés à l’horizontal – dans l’arythmie de Costa, des effluves de Prévost ; dans les chassés-croisés de cordes glissantes (ici, parfois, un peu d’affect), le souvenir de Morton Feldman (l’influence n’est pas rare, elle non plus) : il n’en faut pas plus pour soupçonner des écoutes répétées d’AMM.

Plus loin, un relief commandera aux musiciens d’accélérer pour découvrir l’endroit où se terrent des monstres minuscules, et leur tendre le micro : alors, vont-ils d’aigus en crissements jusqu’à ce que Costa, au moyen d’une cymbale de petite taille, c'est-à-dire appropriée, sonne la fin de la récréation. Le bestiaire regagne les profondeurs, suivi par le trio lui-même.

Natura Morta : Natura Morta (Prom Night)
Enregistrement : 27 janvier 2012. Edition : 2012.
CD-R : 01/ Entropy 02/ Hive 03/ Marrow 04/ Glimmer
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Natura Morta : Decay (FMR, 2013)

natura morta decay

C’était le soir, j’étais seul. Assis sur la terrasse d’une maison isolée quand le bruit d’un train m’est parvenu. Je n’imaginais pas le village desservi. Ce train était conduit, de l’archet, par Frantz Loriot, qui avalait les mètres de rails que Sean Ali (à l’archet aussi) et Carlo Costa (aux doigts ou aux baguettes) déroulaient devant lui, et qui les menaient tous à moi.  

A peine étaient-ils arrivés, qu’ils gagnèrent un bout du jardin pour l’aménager. Plantés comme autant de sculptures sonores, leurs instruments diffusaient de premiers sons « aux couleurs » de l’Inde. Poursuivant ses travaux, le trio faisait plus ou moins de bruit (le violon pouvait par exemple crisser sur le roulement des toms basses). Moi, j’écoutais. Je prenais des notes sur les leurs.

Levant le nez : c’est tout un parc qui avait été aménagé à mes pieds. Avant de repartir, le trio y a planté des graines et enterré des œufs. Le Decay de Natura Morta, je m’y promènerai encore. Je compterai sur la brise pour faire tourner ses instruments, sur les frêles oiseaux qui s’y ébattent pour lui ajouter des touches et des variantes. Si la nature a horreur du vide, elle ne craint pas le silence. Ni les bruits quotidien qui ne cessent plus de le révéler.

Natura Morta : Decay (FMR)
CD : 01/ SIrens 02/ Miasmata 03/ The Burial of Memories 04/ As the Dawn Fades
Enregistrement : 30 mars 2012. Edition : 2013.
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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