Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Matt Bauder / Day in Pictures : Nightshades (Clean Feed, 2014)

matt bauder nightshades

En ces temps de Blue Note Revival, écouter Matt Bauder creuser en profondeur les vieilles symétries n’est pas pour me déplaire. Et ne pas voir en lui l’un des musiciens les plus investis du moment en dit assez long quant à l’imbécilité de la jazzopshère.

C’est que Matt Bauder possède plus d’une corde à son arc. Ici, dans ce territoire vaguement sixtie-Blue Note, il conteste le copier-coller et fonde ses interventions sur des tumultes que n’atteindront jamais les (très) surévalués petits princes des revues en papier glacé. Car Bauder sait comment ériger un chorus et comment troubler les cadres. Et c’est aussi ce que sait faire un Nate Wooley, trompettiste aux courbes ruades. Et tandis que Kris Davis (remplaçant ici Angelica Sanchez) impulse quelque harmonie mensongère, Jason Ajemian et Tomas Fujiwara érigent quelques imposantes cathédrales. Viennent alors à nos oreilles cette science des temps mêlés. Temps mêlés et jamais scellés.

Matt Bauder / And Day in Pictures : Nightshades (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Octavia Minor 02/ Weekly Resolution 03/ Starr Wykoff 04/ Rule of Thirds 05/ August & Counting 06/ Nightshades
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Nate Wooley, Hugo Antunes, Chris Corsano : Malus (NoBusiness, 2014)

nate wooley hugo antunes chris corsano malus

Après avoir donné ensemble les fières expérimentations de Seven Storey Mountain, Nate Wooley et Chris Corsano se retrouvaient fin mai 2012 associés au contrebassiste Hugo Antunes : le 27 en présence de Giovanni Di Domenico et Daniele Martini (Posh Scorch, disque Orre) ; les 28 et 29 en trio (Malus, disque NoBusiness, qui nous intéresse).

La trompette ouvre en lyrique : l’heure est encore au service d’un jazz en équilibre sur d’impétueux roulements de tambour, qui pourra rappeler celui que pratique Dennis González. A sa suite, ce sont des airs plus lâches qui interrogent instruments et amplis – école Trumpet/Amplifier oblige – au son de phrases courtes (ou même osées du bout des lèvres), de motifs (phrases ou larsens) développés dans l’ombre et de turbulentes questions-réponses.

Défaite d’allure, l’expérimentation qui a peu à peu pris le contrôle du jeu met en valeur une autre forme de l’entente du trio : ainsi Wooley et Corsano parsèment-ils de trouvailles et d’habiles audaces une simple improvisation à la contrebasse (Seven Miles from the Moon) quand les amplis ne prétendent pas cracher quelques solos remarquables (Sewn). Et le coup marche, à tel point que Wooley (en sourdine), Antunes et Corsano, se payeront le luxe de conclure ce bel enregistrement plus « simplement ». Etait-ce là, et enfin, le Malus promis ?

écoute le son du grisliNate Wooley, Hugo Antunes, Chris Corsano
Gentleman of Four Outs

Nate Wooley, Hugo Antunes, Chris Corsano : Malus (NoBusiness)
Enregistrement : 28-29 mai 2012. Edition : 2014.
LP : A1/ Gentleman of Four Outs A2/ 4 Cornered A3/ Sawbuck – B1/ Seven Miles from the Moon B2/ Sand-bagged B3/ Sewn B4/ Gentleman of Three Inns
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

festival météo 100

Chris Corsano apparaîtra deux fois cette année au festival Météo : seul, le mercredi 27 août, à la chapelle Saint-Jean de Mulhouse ; accompagné (de John Edwards, Virginia Genta et Mette Rasmussen), le lendemain, au Sud de Bâle.

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If, Bwana : Red One (Pogus, 2013)

if bwana red one

A qui ignorerait tout des performances dont est capable Al Margolis à la trompette-jouet, nous conseillerons l’écoute de Red One. Aux autres, la même chose.

Parce que l’homme d’If, Bwana convoque là quelques instruments « classiques » pour en détourner non seulement les usages, mais le son même. Ainsi avec Nate Wooley Margolis travaille-t-il à quelques rumeurs circulaires (Toys for Al) ; avec Ellen Band multiplie-t-il les vocalises échappant à tout entendement humain (Ellen, Banned) ; avec Leslie Ross confectionne-t-il une mille-feuilles de basson (It Is Bassoon).

Mais la nouveauté de Red One ne réside pas dans ces trois réussites – et encore moins dans ce trio, conventionnel, que Margolis forme avec Lisa B. Kelley et la flûtiste Veronika Vitàzkovà (Lisa Verabbit). C’est en Xylo 2 (enregistré avec la tromboniste Monique Buzzarté) et en Toys for Nate que Margolis trahit un intérêt pour la distance, voire le silence, qui rehausse ses travaux de re-recording.

Parmi les références de l’imposante discographie d’If, Bwana, « la rouge » saura donc se faire entendre. 

If, Bwana : Red One (Pogus)
Edition : 2013.
CD : 01/ Toys for Al 02/ Ellen, Banned 03/ Xylo 2 04/ It Is Bassoon 05/ Lisa Verabbit 06/ Toys for Nate
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Nate Wooley : Seven Storey Mountain III And IV (Pleasure Of The Text, 2013)

nate wooley seven storey mountain iii and iv

Avec David Grubbs (à l’harmonium) et Paul Lytton en 2007, puis avec C. Spencer Yeh et Chris Corsano deux ans plus tard, Nate Wooley posa les deux premières pierres – disques Important – de Seven Storey Mountain. Inspiré par l’extase telle qu’elle fut éprouvée et décrite par Thomas Merton, le projet en appelle à la communion (musicale, s’entend) de groupes hétérogènes. Ce sont aujourd'hui deux nouveaux enregistrements (de concerts donnés à l’ISSUE Project Room, New York) qui, assemblés, paraissent sous étiquette Pleasure Of The Text : Seven Storey Mountain III, daté de 2011, et Seven Storey Mountain IV, créé cette année. A chaque fois, la compagnie de Wooley s’est agrandie.

Ainsi le 11 mars 2011, le trompettiste convoquait-il ses quatre premiers partenaires et une paire de vibraphonistes (Matt Moran et Chris Dingman) qui lentement ouvrira et fermera ce troisième volume. A l’intérieur, suivre le développement sensible d’une musique qui va toujours s’élevant, déviation bruitiste qui, sous les coups de la double batterie et toutes cordes (violon de Yeh, guitare de Grubbs) en avant, nourrit son discours de souvenirs partagés de minimalisme, free jazz, no wave… S’il faut tendre l’oreille pour y discerner Wooley, c’est qu’il semble conduire le grand-œuvre à l’amplificateur, qui avalera violon et guitare afin de les transformer en drones apaisants.

Le 6 juin 2013, Wooley composait un autre sextette – Yeh, Corsano et Moran, toujours présents, et puis Ben Vida (électronique) et Ryan Sawyer (batterie) – pour le mêler au Tilt Brass Sextet du tromboniste Chris McIntyre. Allant lentement sur toms, les balais accompagnent le vibraphone que la pertinence de Vida détournera : jouant davantage des échanges et de leurs interférences, la musique mesure ses effets bruitistes jusqu’à ce que le meneur, en agitateur inspiré, fasse un drone d’un court motif pour exhorter ensuite ses partenaires à la trompette : enrichie par l’écho baroque qu’en donnent les cuivres, sa technique étendue trouvera de quoi peaufiner ses intentions réfléchies. Des applaudissement fournis diront d'ailleurs assez bien ce que l’ascension mérite : vivement celle des trois derniers étages.

Nate Wooley : Seven Storey Mountain III And IV (Pleasure Of The Text)
Enregistrement : 11 mars 2011 & 6 juin 2013. Edition : 2013.
2 CD : CD1 : 01/ Seven Storey Mountain III – CD2 : 01/ Seven Storey Mountain IV
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Nate Wooley, Seymour Wright : About Tenor And Saxophone (Fataka, 2013)

nate wooley seymour wright about trumpet and saxophone

Ces leçons (ou éclaircissements) de trompette et de saxophone ont été données en studio, le 4 juillet 2012, par deux musiciens affûtés aux techniques diverses : Nate Wooley, dont on ne cessera de se réjouir de l’activité débordante, et Seymour Wright, alto entendu souvent auprès d’Eddie Prévost.

Les premières respirations sont fragiles, obligeant les instruments à jouer, autrement que par le souffle assuré, de leurs hommes. Car l’enjeu est là, semble-t-il : dans l’illusion que trumpet and saxophone donnent de commander la machine humaine. Pas contrariante, celle-ci alterne alors trucs et astuces pour plaire et parfois interroger : de figures découpées net en vifs éclats et de réserves en longues notes sur lesquelles ils s’accordent, Wooley et Wright composent un recueil de neuf propositions dont le champ d’action balance entre expression rentrée et pressant empêchement. Et c’est l’équilibre que Wooley et Wright trouvent sur ce champ qui fait de cet enregistrement une réussite.

écoute le son du grisliNate Wooley, Seymour Wright
About Trumpet And Saxophone (extrait)

Nate Wooley, Seymour Wright : About Trumpet And Saxophone (Fataka / Metamkine)
Enregistrement : 4 juillet 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ 3:27 02/ 3:25 03/ 3:15 04/ 6:04 05/ 6:48 06/ 9:05 07/ 6:15 08/ 2:07 09/ 4:23
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Elliott Sharp Aggregat : Quintet (Clean Feed, 2013)

elliott sharp aggregat quintet

De l’Aggregat d’Elliott Sharp, voici le Quintet – et non pas : voici l’Aggregat Quintet d’Elliott Sharp. Projet pensé par le guitariste (ici aux saxophones et clarinette basse) pour regrouper en une « unité sonique » des personnalités différentes, Aggregat fut d’abord un trio (responsable d’un… Aggregat assez peu convaincant publié l’année dernière sur Clean Feed). Aujourd’hui quintet, le titre de la nouvelle référence du projet était tout trouvé.

Ce sont Nate Wooley (trompette) et Terry L. Green (trombone) qui ont, de leurs pratiques iconoclastes, transformé Aggregat : ainsi l’introduction (Magnetar) entend-elle Sharp réussir à composer au son d’influences éclatées – n’y entend-on pas, tout à la fois, Terry Riley, Jay Jay Johnson et Sonny Rollins ? – mais empêchées aussi : récalcitrant, le discours épousera finalement l’allure d’un jazz tortueux que pertes totales de repères et encombrements subits ne cessent de faire gonfler.

Sur l’accompagnement solide (mais aussi plus discret que de coutume) de Brad Jones et Ches Smith, les souffleurs rivalisent alors d’intentions tranchées (Qubits, Historical Friction) quand ils ne font pas cause commune sur la méthode à employer (Dissolution) ou l’hommage à rendre (Blues for Butch, Laugh Out Loud (For Lol Coxhill)). Ayant effacé les traces laissées derrière lui d’un jazz vivace (au son des décharges lentes de Lacus Temporis et des surprenants atermoiements de Chrenkov Light), Aggregat disparaîtra. Il reviendra sans doute, sous une autre forme peut-être.

Elliott Sharp Aggregat : Quintet (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Magnetar 02/ Katabatics 03/ Arc of Venus 04/ Anabatics 05/ Qubits 06/ Blues for Butch 07/ Lacus Temporis 08/ Dissolution 09/ Historical Friction 10/ Laugh Out Loud (for Lol Coxhill) 11/ Che-renkov Light
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Nate Wooley Sextet : (Sit In) The Throne of Friendship (Clean Feed, 2013)

nate wooley sextet sit in the throne of friendship le son du grisli

En se découvrant peu à peu, les cuivres (Josh Sinton, Dan Peck) libèrent les composites compositions de Nate Wooley. On oublie facilement ces dernières (un fort air de déjà entendu) pour s’agripper à tel tuba salivaire, à tel barbare baryton ou à telle clarinette basse en pleine crise convulsive.

Il y a alors lieu de se détacher du labyrinthe compositionnel et de se laisser aller au souffle cassant, fractionné, frictionné et métallique du leader, ici dresseur de souffre, ailleurs astre de tendresse. Et ainsi oublier une peu vibrante section rythmique (Eivind Opsvik, Harris Eisenstadt) quand le calme et inspiré Matt Moran vient offrir ampleur et inspiration à une partition qui ne demandait que cela.

EN ECOUTE >>> Make Your Friend Feel Loved

Nate Wooley Sextet : (Sit In) The Throne of Friendship (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Old Man on the Farm 02/ Make Your Friend Feel Loved 03/ The Berries 04/ Plow 05/ Executive Suites 06/ My Story, My Story 07/ Sweet and Sad Constitency 08/ A Million Billion Btus
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Trumpets & Drums : Live in Ljubljana (Clean Feed, 2013) / Walter, Halvorson, Evans : Mechanical Malfunction (Thirsty Ear, 2012)

trumpets and drums live in ljubljana

Avec tambours et trompettes, Jim Black, Paul Lytton (tambours), Nate Wooley et Peter Evans (trompettes) déterminent quelques francs territoires.

Une première improvisation est là qui explore la périphérie : drones métalliques pour les uns, fourmillements et effeuillements chez les autres (encore que l’excès de rythme pointe parfois chez Black). Les trompettistes, eux, restent solidaires, modulent leurs souffles, font de leur salivaire un émoi, battissent un court chaos, explorent toujours.

Une seconde improvisation affirme que jazz et rythme font encore sens. Longs phrasés des deux trompettistes avant hautes turbulences de tous, le ver est dans le fruit de cette improvisation dégagée de tout cliché. Cela se passait le 30 juin 2012 dans le cadre du Jazz Festival de Ljubljana.

Trumpets and Drums : Live in Ljubljana (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Beginning 02/ End
Luc Bouquet © Le son du grisli

weasel walter mary halvorson peter evans mechanical malfunction

Le 1er avril 2012, trois musiciens iconoclastes (Weasel Walter, Mary Halvorson et Peter Evans) jouèrent ensemble. Ils improvisèrent comme de grands enfants, mais pour s'échauffer. Après quoi, ils servirent des compositions à eux : récréation guerrière ou parodie de générique télé pour Walter, morceaux appliqués et gentillets pour Halvorson... Heureusement les compositions d'Evans, plus intéressantes, sauvent la mise. Leurs partitions progressent avec agilité dans un complexe réseau d'interventions improvisées ou vous enturbanne de grandes capes de patchwork finement cousues à six mains. Alors, merci Peter.

EN ECOUTE >>> The Last Monkey On Earth

Weasel Walter, Mary Halvorson, Peter Evans : Mechanical Malfunction (Thirsty Ear / Orkhêstra International)
Edition : 2012.
CD : 01/ Baring Teeth 02/ Vektor 03/ Broken Toy 04/ Klockwork 05/ Freezing 06/ Malfunction 07/ Organ Grinder 08/ Interface 09/ The Last Monkey On Earth 10/ Bulging Eyes
Pierre Cécile © Le son du grisli

meteoCe mercredi 28 août, Peter Evans apparaîtra à Mulhouse, aux côtés de Clayton Thomas et Chris Corsano, sous le nom d'Etc. Pour cadre... Météo

 

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Lytton, Wooley, Mori, Vandermark : The Nows (Clean Feed, 2012) / Wooley, Duplant, Héraud : Movement and Immobility (Peira, 2012)

nate wooley paul lytton the nows

Deux enregistrements de concerts ont permis à Paul Lytton et Nate Wooley de peaufiner leur entente et d’enrichir leur discographie commune – d’un disque double, qui plus est : The Nows.

Le concert donné au Stone de New York date du 2 mars 2011. Le batteur charge en impatient, le trompettiste lui répond en frénétique : le repli viendra ensuite, au son de recherches percussives impertinentes et de notes de trompette qui y résistent ou se laissent par elles subtilement modifiées. Alors, Ikue Mori rejoint le duo : l’électronique éloigne un temps Wooley, qui reparaîtra pour parfaire l’ouvrage électroacoustique à coups d’exclamations franches. L’association aura brillé.

Le concert donné au Hideout de Chicago date du 16 mars 2011. Lytton et Wooley sur deux plages d’abord : notes longues de trompette contre claques redoublées, les secondes réussissant bientôt à faire danser les premières ; dialogue intergénérationnelle qui s’amuse de ses différences sur une même pratique de l’improvisation alerte. Alors, Ken Vandermark rejoint le duo : une fois que la clarinette basse aura charmé Wooley, ce sera au ténor que le trompettiste devra s’opposer avec force. L’un comme l’autre amateur de déroute, les deux souffleurs construiront un interlude comme privés soudain de leurs nerfs, avant de reprendre les hostilités : baryton répétitif que la trompette pourra citer pour mieux l'agacer encore. L’association aura autrement brillé.

Paul Lytton, Nate Wooley : The Nows (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2 mars 2011 & 16 mars 2011. Edition : 2012.
CD1 : 01/ Free Will, Free Won’t 02/ Abstractions and Replications 03/ Berlyne’s Law – CD2 : 01/ Men Caught Staring 02/ The Information Bomb 03/ Automatic 04/ Destructive to Our Proper Business 05/ The Ripple Effect
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

duplant movement and immobility

Est-ce pour l'enregistrer par correspondance (France / USA) que Bruno Duplant confectionna ce Movement and Immobility mi-écrit mi-improvisé ? Le trajet serait en mesure d’expliquer le délayage des notes de trompette (Wooley) et de saxophone alto (Héraud) qu’on y trouve, animées à peine par son électroacoustique et ses battements. Trucs et astuces de pratique, divagations atmosphériques, bruitisme et harmoniques : malgré un louable son de trompette, la timidité de Duplant, l’imprécision d’Héraud et peut-être l’approximation du « projet » tout entier le fragilisent à l'excès.  

Nate Wooley, Duplant, Héraud : Movement and Immobility (Peira)
Enregistrement : 2012. Edition : 2012.
CD : 01/ Continental Drif 02/ Climate Disruption 03/ Continuity Strata
Guillaume Belhomme © le son du grisli

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Nate Wooley : [9] Syllabes (MNÓAD, 2013) / Antoine Chessex : Le point immobile (MNÓAD, 2010)

nate wooley 9 syllabes

Suffirait-il de reprendre les termes qui servirent à définir [8] Syllabes, sorti en 2011 sur Peira, pour parler de [9] Syllabes qu’édite aujourd’hui MNÓAD ? « Autre ouvrage de trompette et de vocalises » sur lequel Nate Wooley « dit les tremblements légers du souvenir de notes longues » conviendrait en effet à la description. Mais serait trop court, puisque, dans la nuance, les deux épreuves diffèrent.

Enregistré – par Jeremiah Cymerman – le 7 octobre 2012, [9] Syllabes joue encore davantage de résistances. Trompette et ampli unis pour faire entendre deux à trois voix discordantes, bourdon tremblant et cuivre-fausset alternent d'audacieuses figures sur parois rocheuses : de l’ombre des cavernes à l’aigu du cri qui réclame vouloir au plus vite en sortir, Wooley découvre des mélodies transversales dont la partition serait faite d'énigmatiques inscriptions de catacombes. L’impressionnant étant la justesse de leur regroupement.

Nate Wooley : [9] Syllabes (MNÓAD)
Enregistrement : 7 octobre 2012. Edition : 2013.
CD / DL : 01/ [9] Syllabes
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

antoine chessex point immobile

Plus tôt (2010), MNÓAD publiait un disque court d’Antoine Chessex : Le point immobile. Là, deux pièces, enregistrées en 2009 et 2010, contrastent : #1 au minimalisme à saturation dont les lignes bougent à peine mais bougent encore ; #2 où le saxophone se laisse reconnaître – qui joue de l’espace dans lequel il se trouve – et puis interrompre de mille façons : aphonie ou démultiplication du souffle, inserts bruitistes, jeu de balles suspendu, larsens tenaces, noise déferlant. L’objet est rare, et son contenu puissant.

Antoine Chessex : Le point immobile (MNÓAD)
Enregistrement : 2009-2010. Edition : 2010.
CD / DL : 01/ #1 02/ #2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

ken vandermark à mons

 

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