Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Gurun Gurun : Kon B (Home Normal, 2015)

gurun gurun kon b

Quelque part dans le no man's land entre la République Tchèque et le Japon nous était parvenu, en 2010, un disque rêveur et pointilliste, c'était le premier du groupe Gurun Gurun. Chanté entièrement en japonais – il faut dire que les Moskitoo et autres Sawako étaient de la partie –, son univers avant pop(tronica) avait fait l'effet d'une micro-bombe dans l'espace spatio-temporel entre Tujiko Noriko et Tangtype, avant que cinq années de silence ne nous mettent sur la fausse piste d'un one shot.

Heureuse nouvelle, première du nom, le quatuor tchèque a mis fin à son silence. Jolie surprise (bis), Federsel, Jara Tarnovski & co reprennent le chantier là où ils l'avaient abandonné. Toujours empreinte de cette délicatesse olfactive, elle caresse les oreilles telle une douce plume, la démarche s'accompagnant cette fois des services d'autres chanteuses, sans que le résultat n'en soit chamboulé (les mauvaises langues diront que leurs voix sont interchangeables, mais bon). Et vu que, musicalement, l'abstraction electronica reste de mise, avec juste ce qu'il faut de points de repère pour y accrocher, le résultat demeure tout aussi enchanteur, pour autant qu'on ne rêve pas de les reprendre sous la douche.

Gurun Gurun : Kon B (Home Normal)
Edition : 2015
CD : 1/ Atarashii Hi 2/ Aoi 3/ Itsuka No Hoshi / Hia 4/ Shizumeru / Kiikii 5/ Koe / Sukuu 6/ Mado 7/ Tsuki Ni Te 8/ Beda Folten Supasuta
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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FourColor : As Pleat (12K, 2011)

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Voici quelques années, un projet made in Belgium (le duo Tangtype et son Flake Out pour ne pas le citer) m’avait carrément retourné les tripes du folkeux à lunettes que je suis. Combinant les superbes inflexions vocales de Julie Cambier aux tripatouillages électroniques de Jean-François Brohée, le disque avait tracé un sillon dans lequel je désespérais de trouver un successeur.

Bien que les ingrédients instrumentaux du présent As Pleat diffèrent relativement – ils s’inscrivent davantage dans une micro-tonalité qui laisse globalement de côté un certain bruitisme – ils retrouvent en la douce Sanae Yamasaki aka Moskitoo une vocaliste de tout premier plan, dont on regrette seulement qu’elle ne soit présente que sur deux titres (Quiet Gray 1). Au-delà de la très attendue sympathie que j’éprouve pour les chanteuses japonaises sœurs de toutes les Tujiko Noriko de l’archipel, les déclinaisons électro-acoustiques de FourColor, alias pigmenté du Nippon Keiichi Sugimoto ne surprendront en aucune façon les habitués du label new-yorkais 12K. Un peu comme si un supplément d’âme venait à manquer – à la lecture des lignes qui précèdent, on vous laisse deviner lequel : il finit en o – l’ambigüité de la démarche incite à cocher la case regret éternel – et les Tangtype peuvent dormir sur leurs quatre oreilles.  

Fourcolor : As Pleat (12K)
Edition : 2011.
CD : 01/ Quiet Gray 1 02/ Skating Azure 03/ Bleach Black 04/Frosted Mint 05/ Carmine Fall 06/ Ecru Diver 07/ Snow Petal 08/ Iris (Familiar) 09/ Canary Breath 10/ Quiet Gray 2
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Gurun Gurun : Gurun Gurun (Home Normal, 2011)

grislungrislun

Au risque de heurter tous les adversaires de la mondialisation – mais est-il plus grande joie que démantibuler les éructations malsaines de la Marine ? – le disque de musique japonaise de ce début d’année nous vient de… République Tchèque. Certes accompagné des toujours délicieuses Moskitoo, Aki Tomita ou Sawako sur les titres chantés (dont le superbe Fu en ouverture), le trio Tomas Knoflicek / Jara Tarnovski / Federsel conjugue en majuscules la J-pop tendance expérimentale.

Exprimant des nuances que Laura Gibson et Ethan Rose ne sont jamais parvenus à même effleurer sur leur gros loupé Bridge Carols, en dépit d’une démarche assez similaire (comme quoi la musique sera toujours affaire d’alchimie), le trio d’Europe centrale contourne avec élégance les clichés post-Gutevolk / Piana tout en respectant les codes d’une folktronica totalement extrême-orientale, les trois protagonistes réussissant leur coup notamment par l’introduction d’éléments jazzifiants d’une grande subtilité (telle la clarinette sur Kodomo) ou d’étonnantes combinaisons – elles sont aussi mystérieuses que captivantes (Yume No Mori).

Soignée jusque dans les détails cosmiques d’un interlude forcément bref (Io), la production ne sonne en outre jamais gonflée à l’hélium, parvenant à conserver l’équilibre qui donne toute leur force aux films du grand Hirokazu_Kore-eda. Un anti-tsunami sonique, en quelque sorte.

Gurun Gurun : Gurun Gurun (Home Normal)
Edition : 2011.
CD : 1/ Fu 2/ Karumi 3/ Emoto 4/ Kodomo 5/ Yume No Mori 6/ Io 7/ Ano Uta 8/ Kùkó 9/ Ato Toa Ota Tao 10/ Yuki ~ Hawaiian Snowflake 11/ Karumi (remix) 12/ Fu (remix)
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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