Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Illogical Harmonies : With D’incise (Insub., 2016)

illogical harmonies d'incise

Dans l’un de ces beaux étuis que publie désormais le label Insub., on trouve un nouveau poster qui, malgré le pliage, délivre le code permettant de télécharger ces quarante-cinq minutes de concert enregistré à Genève (Cave 12). Ce soir-là, 22 février 2015 : Johnny Chang (violon) et Mike Majkowski (contrebasse) – Illogical Harmonies est le nom dont s’est emparé le duo – improvisaient avec D’incise (enregistrements).

D’une note unique maintenue à l’archet – qu’elle aille et vienne, tremble sous la main du violoniste ou flanche lorsque Majkowski pince une de ses cordes –, le trio fait le décor dans lequel il sème des graines d’idées, malheureusement pauvres. Ainsi, sur les archets, D’incise dépose un field recording convenu (turbines bruissantes ou rideaux de pluie). Et puis, une fois le field recording passé, Chang ose une mélodie plus fausse encore qu’illogique. Expressément ? La question se pose. Assourdissant, l’ennui que l’improvisation dispense nous empêchera d’y réfléchir.



illogical harmonies

Illogical Harmonies : With D’incise (Insub.)
Enregistrement : 22 février 2015. Edition : 2016.
Téléchargement (en étui) : 01/ Illogical Harmonies with D’Incise
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Mike Majkowski : Bright Astonishment of the Night (Bocian, 2015)

mike majkowski bright astonishment of the night

Alors qu’il se demandait encore récemment Why Is There Something Instead of Nothing?, Mike Majkowski nous revient déjà, en solo une autre fois (la cinquième) et sur le même label, au son de Bright Astonishment of the Night.

Ce sont là deux longues compositions sur lesquelles le contrebassiste interroge son équilibre. Sur la première, les cordes sont pincées, frottées, puis pincées une nouvelle fois : les deux usages se déstabilisant, voici les nuances qui enrichiront cette répétition de deux notes ou les caches dans lesquelles finiront ces phrases d’archet perdues.

Oublié donc l’œuvre de couture : c’est encore à l’archet que Majkowski entame la seconde pièce. Ultramarine ne sera pas seulement une affaire de drone capable de diphonie, mais aussi de courbes qui iront lentement de plancher en plafond. Entre les deux, à l’horizontale, le contrebassiste fomente son étonnante approche : dans sa composition, il enfouit même deux questions bientôt soumises à l’auditeur : quand le signal ? d’où le son ?



Mike Majkowski : Bright Astonishment of the Night (Bocian)
Enregistrement : 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Sleep and Oblivion 02/ Ultramarine
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Martijn Tellinga : Positions (Crónica, 2015)

martijn tellinga positions

Sur ces cinq pièces du compositeur Martijn Tellinga (enregistrées à différentes époques), c’est l’espace dans lequel se positionnent (positions obligent) les instrumentistes qui est inspecté, questionné et (même, ça arrive) lu…

Si l'on peut craindre la collision pour ces trois trombones (Nathan Lane, Milton Rodriguez & Facundo Vacarezza) leur évolution dessine une chorégraphie de cornes qui troue la brume. C’est une note et une seule que trois contrebassistes (Mike Majkowski*, Rory Brown & Sam Pettigrew) modifient aussi dans un semblable délire monochrome.

L’auditeur se demande sans cesse quel est le positionnement de tel musicien et s’il prend celui-ci en compte dans son jeu (dans l’attaque, le volume, la durée…). Il faut donc plusieurs écoutes pour établir la carte de Tellinga, d’autant qu’il va jusqu’à mettre le public à contribution (celui-ci doit réagir dans une salle sans musiciens) et donc prolonge incroyablement l’espace scénique. Intéressant, non ?

Martijn Tellinga : Positions (Crónica Electronica)
Enregistrement : 2011-2013. Edition : 2015.
CD : 01/ Three Modulators, for Trombones 02/ Truth, Exercise for a Listener 03/ Branching into Others, for a Large Instrumental Field 04/ Three Modulators, for Basses 05/ Positions, for Those Involved
Pierre Cécile © Le son du grisli

densités* Ce dimanche 25 octobre, Mike Majkowski sera de ce Lotto ! organisé par le festival Densités.

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Mike Majkowski : Why Is There Something... (Bocian, 2014) / Lotto : Ask the Dust / Roil : Raft of the Meadows

mike majkowski why is ther something instead of nothing

Sans Blip ni Fabric, Mike Majkowski reprenait son ouvrage de couturière (Tremolo) en solitaire en se posant une question : Why Is There Something Instead of Nothing?

Manche et chevalet piqués encore, certes, mais sur la première face seulement. C'est à dire là où Belt of Sand naît de la rapidité et de l’endurance d’un archet qui compose comme sur un retour d’ampli : l’instrument n’est alors plus mis à mal, mais joue de chutes de tension et de parasites pour chanter une fragile polyphonie que lui envieraient bien des bourdons.

Chutes de tensions aussi pour A Shadow of Silver Dipped in Gold, mais différentes. Le couple de notes auquel l’archet revient entre deux silences contrefait une sirène échouée, qu’un harmonique réduira au secret et qui sera battu en retour, et de plus en plus fort. Au terme du grand disque qui tourne à la vitesse d’un quarante-cinq, Majkowski n’aura peut-être pas répondu à la question posée, mais aura ranimé tout l’intérêt qu’on lui portait déjà.

Mike Majkowski : Why Is There Something Instead of Nothing? (Bocian / Metamkine)
Enregistrement : Juin 2013. Edition : 2014.
LP : A/ Belt of Sand B/ A Shadow of Silver Dipped in Gold
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

lotto ask the dust

Lotto – ou l’association de Mike Majkowski, Łukasz Rychlicki (guitare électrique) et Pawel Szpura (batterie) – rappellera par son endurance et sa force de frappe (et même de persuasion) The Necks ici, Radian ailleurs. Les obsessions tournantes du trio – combinaison de gimmicks différents, effets de médiator et de vibrato, relâchements élevés au rang d’expressions franches – le forcent en effet à l’exploration de terres arides sur la répétition de mêmes gestes. L’intensité, changeante, elle, s’occupera des nuances à donner aux teintes d’un album allant et venant entre improvisation rêche et americana.

Lotto : Ask the Dust (Lado ABC)
Edition : 2014.
LP : A1/ Gremlin-Prone A2/ Lense A3/ Longing to Speak - B1/ Comet B2/ Divider B3/ Man of Medicine
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

roil raft the meadows

Des Necks évoqués ci-dessus, s’est échappé (une fois de plus) Chris Abrahams : le temps de deux séances datées de février 2013 et 2014, qui l’exposaient auprès de Mike Majkowski et James Waples (batterie). L’improvisation est cette fois plus empruntée, par la faute du pianiste, disons-le, sourd à toutes nuances pour être trop occupé à jouer de facilités, à rabâcher son lyrisme. Dommage, d’autant que Majkowski et Waples travaillaient parfois dans l’ombre (Raft of the Meadows, Life Event Kit) à contredire les ses progressions toutes faites. En vain, et contre tous.

Roil : Raft of the Meadows (NoBusiness)
Enregistrement : 9 février 2013 & 6 février 2014. Edition : 2014.
LP : A1/ Laminate A2/ Raft of the Meadows A3/ Live Event Kit - B1/ Junipers Both A2/ Multiplier A3/ Bone Collar
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jim Dvorak, Paul Dunmall, Mark Sanders, Chris Mapp : Cherry Pickin' (Slam, 2014) / Red Dhal Sextet (FMR, 2013)

jim dvorak paul dunmall mark sanders chris mapp cherry pickin

S’il est bel et bien Américain, le trompettiste Jim Dvorak s’est souvent fait entendre auprès de Britanniques influents : Keith Tippett, Elton Dean, ou encore Evan Parker et Lol Coxhill dans The Dedication Orchestra. Le 10 juillet 2013, c’est en compagnie de Paul Dunmall, Mark Sanders et Chris Mapp qu’il rendait quelques compositions personnelles.

La présence de Dunmall (au ténor et au saxello), exceptionnel encore, soignera l’influence que Coltrane semble avoir eu sur Dvorak. Son jazz est vif – Sanders et Mapp aidant, d’ailleurs –, altier, pourra rappeler aussi Ornette Coleman ou Oliver Lake mais ne s’en tiendra pas là. Dvorak multiplie en effet les propositions : donnant ici de la voix (quitte à désespérer un peu son auditeur), il cite ailleurs Frank Zappa ou se souvient d’Harry Miller, enfin, conduit avec une instabilité inspirante une plage d’une vingtaine de minutes que les quatre musiciens rehausseront tour à tour de leurs inventions personnelles : ainsi As Above, So Below sonne-t-il l’heure de la fructueuse cueillette.

Jim Dvorak, Paul Dunmall, Mark Sanders, Chris Mapp : Cherry Pickin’ (Slam Productions)
Enregistrement : 10 juillet 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ E.D.’s Muse 02/ If I’m Gonna Have to Choose 03/ Love’s Own Prayer 04/ Miller’s Tail 05/ Zapped 06/ Getty’s Mother Burg 07/ As Above, So Below
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

red dhal sextet

En studio à Berlin le 19 septembre 2011, Dunmall enregistrait en sextette mû par un goût pour les légumineuses que ses membres (aussi Alexander von Schlippenbach, Hilary Jeffery et le Fabric TrioFrank Paul Schubert, Mike Majkowski et Yorgos Dimitriadis) ont en commun. La résonance d’un accord tombant de piano annoncera la tempête : attendue, celle-ci n’en sera pas moins percutante et sa musique accidentée, qui fait de son équilibre précaire la force qui lui assurera sa diversité : ainsi Schlippenbach et Dunmall sonnent-ils maintenant l’heure de la récolte.

Red Dhal Sextet (FMR)
Enregistrement : 19 septembre 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ White Dhal 02/ Orange Dhal 03/ Purple Dahl 04/ Red Dhal 05/ Turquoise Dhal 06/ Scarlet Dhal 13:11
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

festival météo 100

Paul Dunmall  concluera ce samedi soir l'édition 2014 du festival Météo : au Noumatrouff, à la tête du Deep Asunder Four (Hasse Poulsen, Paul Rogers, Mark Sanders). 

 

 

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Fabric Trio : Murmurs (NoBusiness, 2013) / Grid Mesh : Live In Madrid (Leo, 2013)

fabric trio murmurs

La radiographie n’est pas claire, sa lecture pas évidente. Tout de même, ses blancs et gris disent un peu des préoccupations du Fabric Trio – saxophones alto et soprano de Frank Paul Schubert, contrebasse de Mike Majkowski et batterie de Yorgos Dimitriadis.

Ainsi, cinq improvisations enregistrées le 30 novembre 2010 à Berlin accordent les intervenants sur une musique de contrastes : pointant, piquant, brassant, Majkowski donne toujours consistance à l’improvisation, qu’elle rampe pour prendre discrètement possession de tout l’espace (Decomposer), attise les rivalités afin de contrarier le plan rythmique (Jaw) ou au contraire revient à l’éternelle combinaison soliste / section rythmique pour permettre à Schubert de faire entendre ses influences (Coleman, Ayler, Ware) et même quelques qualités.

Malgré celles-ci et celles, non moins remarquables, de Dimitriadis, c’est bien la contrebasse qui guide le trio dans l’ombre. Elle, qui dessine la voie que le groupe doit suivre pour, six stations plus loin, admettre avoir changé l’épreuve en beau parcours.

écoute le son du grisliFabric Trio
Jaw

Fabric Trio : Murmurs (NoBusiness Records)
Enregistrement : 30 novembre 2010. Edition : 2013.
LP : A1/ Jaw A2/ The Salt of Pleasure A3/ Hook A4/ Bristles B1/ Decomposer B2/ Acorn/Tongue
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

grid mesh live in madrid

Formé en 2006, Grid Mesh associe le même Frank Paul Schubert à Johannes Bauer (trombone), Andreas Willers (guitare électrique) et Willi Kellers (batterie). Point d’archet, donc, et moins de subtilité dans le jeu du saxophoniste : alors l’improvisation de ce Live in Madrid court après un lyrisme rocailleux, parfois bruitiste (cependant, les devices de Willers manquent de corps), et frise le brouillon quand Bauer n’y intervient pas.

Grid Mesh : Live in Madrid (Leo /Orkhêstra International)
Enregistrement : 17 février 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Part I 02/ Part Iia 03/ Part IIb
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 

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Strike : Wood, Wire & Sparks (Monotype, 2013)

strike wood wire & sparks

Clayton Thomas est des sept contrebassistes abordés dans sept basses, onzième hors-série papier du son du grisli, à paraître le 26 novembre.

http://p3.storage.canalblog.com/38/07/335931/59148710.jpg

Agitateur de cordes ayant trouvé en d’autres agitateurs de cordes que lui des partenaires à sa mesure (Goodman, Russell, Chadbourne, Léandre…), Jon Rose compose Strike avec deux compatriotes au même instrument (la contrebasse) : Clayton Thomas – qui enregistra jadis Artery avec Rose et Chris Abrahams – et Mike Majkowski. Trio sorti du Splinter Orchestra de Jim Denley, Strike présente sur Wood, Wire & Sparks deux extraits de concerts donnés en 2010 au festival Densités et à Berlin.

Une face de vinyle par endroit : en France, si le violoniste croise le fer avec les deux archets, il esquive plus qu’il ne se montre audacieux et l’association se contente bientôt d’une improvisation libre mais nénanmoins codifiée loin d’être à la hauteur de trois pratiques instrumentales souvent remarquables. En Allemagne, sous l’effet d’un retour d’ampli, il arrive aux musiciens de trouver un compromis sur lequel s’agiter en touts sens. Cette absence d’intention, d’obliger le violoniste et les contrebassistes à revenir à une invention sans principe autrement louable.

Strike : Wood, Wire & Sparks (Monotype)
Enregistrement : 2010. Edition : 2013.
LP : A/ Wood, Wire & Sparks B1/ Sweepstakes B2/ Revenge Of The Instrument B3/ Gentrify This B4/ Tsunami Scoreboard B5/ Board
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Mike Majkowski : Tremolo (Avant Whatever, 2012)

mike majkowski tremolo le son du grisli

Echappé de Blip, Mike Majkowski donnait seul un concert à Sidney le 15 mai 2011. Trente-cinq minutes reprises par Tremolo – pièce-projet qui occupe le contrebassiste depuis quelques années.

C’est en couturière que Majkowski envisage d’abord sa contrebasse, machine à coudre dont le bras est l’archet, qui pique manche et chevalet pour en extraire des plaintes. La démonstration est saisissante : les rebonds insatiables n’en finissent pas de mettre à mal les cordes quand le bois commence à craquer sous l’effet des attaques. A l’arrière, on repère aussi la ligne d’un feedback que Majkowski ne cesse de redessiner.

Une pause enregistrée ensuite, un silence qui laisse coi l’assistance. Puis une scie, qu’effrayera l’envergure d’un grave régulièrement répété. L’archet fait son retour au son de phrases interrompues sans cesse mais portées encore un peu par la courte résonance de l’endroit. C’est en couturière que Majkowski ré-envisage alors sa contrebasse, mais dans les graves maintenant. A force, il finit de percer l’instrument et s’y engouffre. A l’intérieur, il conclura ce solo de trémolos d’un esprit on ne peut plus nouveau.

Mike Majkowski : Tremolo (Avant Whatever)
Enregistrement : 15 mai 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Tremolo
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Blip : Dead Space (Bocian, 2012)

blip dead space

S’emparant de la rumeur laissée par le passage de Calibrated, Jim Denley et Mike Majkowski ont pensé un disque blanc en hommage à leurs pères récemment disparus. Non pas un Chant des morts mais un Chant du départ qui connaît sept fins dont l’association fond les couleurs du crépuscule dans ce blanc affiché.

En artificier, Majkowski ouvre le thrène : la contrebasse à propulsion, dont les cordes frémissent ou palpitent, porte le saxophone et les flûtes de Denley menacées sans cesse d’aphonie, sinon de raucité. Quand le duo ne compose pas de concert avec les nuances d’ombres et de soupirs, ses éléments peuvent s’opposer : ainsi l’alto est-il pris d’affolement, sur Third Ending, face aux graves excavés par l’archet ; ailleurs le même trouve le moyen d’entrer dans le ventre de la contrebasse où il trouve un écho superbe à son désœuvrement.

Œuvre au noir de circonstance née de peines dissoutes sur le mouvement d’une berceuse retardataire, Dead Space est, « au final », un grand-œuvre de représailles et de consolation.

Blip : Dead Space (Bocian / Metamkine)
Enregistrement : 26 juillet 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ First Ending 02/ Second Ending 03/ Third Ending 04/ Fourth Ending 05/ Fifth Ending 06/ Sixth Ending 07/ Seventh Ending
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Blip : Calibrated (Splitrec, 2011) / West Head Project : A Closely Woven Fabrik (Splitrec, 2011)

blip_calibrated

Jim Denley avoue : Blip – le duo qu’il forme depuis 2008 avec le contrebassiste Mike Majkowski –avait déjà enregistré des improvisations sans avoir ressenti ensuite le besoin de les consigner sur disque.

Avec Calibrated, les choses ont donc changé. C’est qu’à l’écoute, on trouve-là comme de beaux moments d’abandon mis en musique. Les sonorités de Denley peinent à quitter le corps de son saxophone alto ou de sa flûte et, lorsqu’elles y parviennent, gagnent immédiatement l’intérieur de la contrebasse à moteurs de Majkowski –  les moteurs en question ressemblent à ces langues de carton que les enfants attachent aux haubans de leur vélo.

C’est qu’un  duo tel qu’envisagé par Denley est une occasion de transformer son langage au contact de l’autre : ainsi donc, l’alto se laisse happer par la contrebasse qui le traîne et le fait rebondir, craquer enfin. Pour s’en sortir, le saxophoniste réengagera le dialogue sur une voie moins expérimentale : les réflexes sont ancrés dans la tradition d’une improvisation plus remontée. Leur chant équilibre l’exercice de mesure que promettait d’être Calibrated.

Blip : Calibrated (Splitrec)
Edition : 2011.
CD : Calibrated
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

west_head_project

En mars 2009 à Maria Island, Tasmanie, Denley animait en compagnie de Monika Brooks (accordéon) et Dale Gorfinkel (trompette préparée, installations) le West Head Project. Conclusion d’une résidence d’une dizaine de jours sur ce site, A Closely Woven Fabrik  est la promenade enregistrée de trois musiciens et de leur public. Des chants d’oiseaux, quelques paroles, des pas, se mêlent à une étonnante improvisation sur site. Eau et bois participent évidemment du sonore mis en musique ; sont même les éléments de choix d’un nouvel et fabuleux écosystème.

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Ce samedi 22 octobre, Jim Denley donnera un concert en duo avec Magda Mayas à Fresnes-en-Woëvre dans le cadre du festival Densités.

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