Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Mathias Delplanque : Drachen (Ici d’ailleurs, 2015)

mathias delplanque drachen

C’est un bien sombre CD que nous livre là (ou Ici d’ailleurs ! hi hi hi) Mathias Delplanque – on l’avait laissé avec Taarang où il faisait pourtant du bon boulot (presque) seul et contre tous. Mais tout est normal puisqu’on se trouve dans la gueule du Drachen et que dans la gueule du Drachen on peut craindre le pire (et dans l’ombre encore !). Pour tout dire maintenant, c’est sombre mais parfois très attendrissant aussi.

Dans un genre qui rappellera à nos lecteurs (même sans abonnement) tour à tour ILIOS (pour les drones d’archets), Barn Owl (pour les accords de guitare mollasses) ou Taylor Deupree (pour le multipiste un peu pastel) mais avec des trucs en plus, dans l’ordre : des reverses, des laptops qui craquent ou des larsens bon ton. Jusque-là, faute d’originalité, tout s’écoute. Mais après c’est moins écoutable, avec des percus bidons sur une pop ambient ou une voix qu’on pourrait poursuivre en justice sur des multipistes (encore !) de synthés. Trop de couches tuant la couche, allons-nous coucher (cette chronique a été écrite fort tard). Gentil Drachen !

delplanque drachen

Mathias Delplanque : Drachen (Ici d’ailleurs)
Edition : 2015.
CD : Drachen
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Philippe Foch : Taarang (Signature, 2015)

philippe foch taarang

Pas grand-chose à se mettre sous l’oreille, pour dire la vérité… Dommage car le percussionniste Philippe Foch sait s’entourer… Avec lui il y a (dépend des plages) Eryck Abecassis, Benoît Delbecq, Mathias Delplanque, Toma Gouband, Erwan Keravec, Philippe Le Goff… Malgré notre (ma ?) sympathie pour tous (ou presque) ces musiciens, il se pourrait bien que ça ne suffise pas.

La constante est que Foch est toujours au tabla tarang (quinze tablas disposés en demi-cercle) et à l'électronique. Pour le reste, ça dépend (encore). Parce que le monsieur est prolixe (trop à mon goût), que ça scintille un peu trop, que les sons transformés sont loin d’impressionner une fois transformés justement, ou parce que tel electronics est d’un moderne qui ennuie pas mal, pour ne pas dire beaucoup…

Si ce n’est deux ou trois pièces (Suruwat avec Philippe Le Goff et Erwan Keravec, Onyx et Opium des Roseaux avec Mathias Delplanque), c’est bien ça qui suinte : l’ennui. Non, les vieilles recettes radiophoniques ne marchent pas toujours... Elles n'arrivent même plus à faire croire qu'il se passe quelque chose de neuf... à la radio. 

Philippe Foch : Taarang (Editions Radio France)
Edition : 2015.
CD : 01/ Underneath 02/ Gao 03/ Opale 04/ Presque Noir 06/ taarang 07/ Egouskia 08/ Onyx 09/ Suruwat 10/ Eki 11/ Opium des Roseaux
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Mathias Delplanque : Transmissions (Crónica, 2014)

mathias delplanque transmissions

Retour au quotidien, ou presque, de la noise en music en compagnie d’un habitué des lieux, le toujours habile Mathias Delplanque. Alors que ses Chutes de 2013 ne nous avaient que moyennement convaincus, pour ne pas dire autre chose, le cru 2014 du producteur français est d’un tout autre acabit. Tout en jouant avec les codes et astuces du bruit et du concret, ses Transmissions varient à la fois les formes et le fond.

D’entrée, on ressent un tic tac malsain du fond des mers à la recherche d’une épave grouillante de menace, c’est d’autant plus réussi que la matière sonore est riche. Si on enchaine sur de brefs instants assourdis d’où s’échappent des échos inquiétants de boîte de Pandore, l’ombre incandescente de la bête humaine vient se greffer sur nos angoisses pre-mortem, avant qu’un immense morceau de bravoure – 39 minutes, svp – n’achève de transformer l’exercice en subjuguante odyssée vers le centre de l’univers, peuplé de bruits surgis de cavités où l’on ne nous veut pas que du bien.

Mathias Delplanque : Transmissions (Crónica)
Edition : 2014
CD : 1/ Part 01 2/ Part 02 3/ Part 03 4/ Part 04
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Arca, Mathias Delplanque, My Cat Is An Alien, Lee Ranaldo, Martin Vognsen, Bill Orcutt, Ramona Ponzini

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Arca : By the Window / By the Looking Glass (NovelSounds, 2010)
Arca est un duo constitué de Joan Cambon et de Sylvain Chauveau ; By the Window / By the Looking-Glass est leur quatrième projet commun. Un premier CD de chansons et un second CD d’instrumentaux inspirés par un vieux match de football. Une musique pas désagréable, qui ressasse ses influences (Tortoise, Talk Talk) et tourne en rond avec sans que cela ne nous dérange non plus.

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Mathias Delplanque : Passeports (Cronica, 2010)
Mathias Delplanque a enregistré des ambiances sonores dans plusieurs villes de France (Nantes, Dieppe, Lille) pour les utiliser sur Passeports. Parfois, cela fait penser à une musique de western (ou northern pour Dieppe et Lille). D’autres fois, des sons vous assaillent de toutes parts comme dans un immense hall de gare, et l’effet est percutant.

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My Cat Is An Alien, Ramona Ponzini, Lee Ranaldo : All Is Lost in Transition (Atavistic, 2010)
My Cat Is An Alien raffolent de collaborations. Sur All Is Lost in Transition, enregistré en 2008, ce sont Ramona Ponzini (chanteuse) et Lee Ranaldo (guitariste sonic culte) qui s’y collent. L’électronique ludique bouscule une vague planante de musique post-psyché (guitare à l’archet, drones et clochettes) et Ponzini récite des bouts de poèmes de Yosano Akiko : envoûtant même si plus tellement original.

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Martin Vognsen : King Hussein Bridge / Allenby Bridge Crossing Point (Jvtlandt, 2010)
Avec quelques amis (Yasuhiro Yoshigaki, Kumiko Takara…), le guitariste Martin Vognsen a imaginé State Changes According to a Wind, un grand projet dont deux premières parties ont paru en CD. King Hussein Bridge & Allenby Bridge Crossing Point sont deux invitations au voyage faits de field recordings et de la musique d’une formation guitare / vibraphone / batterie. Des ambiances de poste-frontières saupoudré de pop ou de folk, dans le meilleur des cas d’atmosphères nocturnes.

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Bill Orcut : A New Way To Pay Old Debts (Editions Mego, 2011)
Après la réédition vinyle Palilalia, la réédition CD Editions Mego. Si c’est Jean Dezert qui parle le mieux d’A New Way to Pay Old Debts de Bill Orcutt, encore fallait-il annoncer cette réédition CD, même en trois lignes… Voilà qui est fait !

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Mathias Delplanque : Parcelles 1-10 (Bruit Clair, 2009)

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Aux origines de Parcelles 1-10, Mathias Delplanque dit, sur le site de son label Bruit Clair (qui permet d’écouter des extraits du disque), qu’il y a son Pavillon témoin. Sur la même page, on apprend aussi que ces dix parcelles inaugurent un triptyque (de parcelles).

Les dix premières sont sorties de plusieurs instruments et d’un ordinateur. Avec méthode, Mathias Delplanque coupe, copie et colle des prises de guitares ralenties, des chants renversés sur moniteur, des boucles et beaucoup de bruits non identifiés. En dix temps, il installe un climat de pop expérimentale qui peut verser tout à coup dans une torpeur conditionnée par des basses puissantes parce que, sur Parcelles 1-10, le cœur de Mathias Delplanque balance entre le bruit clair et le bruit foncé, bref a tout pour plaire…

Mathias Delplanque : Parcelles 1-10 (Bruit Clair)
CD : 01/ Parcelle 1 02/ Parcelle 2 03/ Parcelle 3 04/ Parcelle 4 05/ Parcelle 5 06/ Parcelle 6 07/ Parcelle 7 08/ Parcelle 8 09/ Parcelle 9 10/ Parcelle 10
Edition : 2009.
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Mathias Delplanque: Le pavillon témoin (Low Impedance - 2007)

delsliDans son Pavillon témoin, Mathias Delplanque défend une musique électroacoustique pas fâchée de renouer avec une pop légère, auprès d’invités choisis (TG Mauss, Oldman et Martin Gosset).

S’il édifie ici des constructions rythmiques et leur impose les vues mélodiques d’une guitare folk, d’un violon ou d’un mélodica, dans la veine des travaux de Four Tet
ou Nathan Michel (Contre-plinthe), Delplanque peut aussi s’adonner à des collages plus expérimentaux, mais toujours lumineux (Saragosse). Ailleurs, il choisit d’aller explorer son côté sombre sur Le détecteur de mouvements, pièce peu rassurante élevée sur un amas de violons glissants.

Parfois bavard (les agréments électroniques trop nombreux de La trappe), Delplanque aura exposé au final un discours convaincant à force de cohérence. Pour faire de ce Pavillon témoin un exposé heureux d’expérimentations accessibles, voire domestiques.

CD: 01/ Contre-plinthe 02/ Interrupteurs 03/ Anti-reflet 04/ Réduit 05/ Le corridor 06/ Le détecteur de mouvements 07/ Va-et-vient 08/ Parquet flottant 09/ La trappe 10/ Saragosse 11/ It’s Spring on the Moon 12/ Seems Like It’s Like Always Like This 13/ ecrasé sous les pierres 14/ Le regard 15/ Dérivation

Mathias Delplanque - Le pavillon témoin - 2007 - Low Impedance.

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Mathias Delplanque: Ma chambre quand je n'y suis pas (Mondes elliptiques - 2006)

delslichambreAprès 6 mois de résidence à Montréal, Mathias Delplanque présentait en décembre 2004 une installation sonore: Ma chambre quand je n’y suis pas (Montreal). Après avoir enregistré l’atmosphère d’endroits vidés de toute présence humaine, Delplanque traite son curieux matériau et lui donne les atours d’une pièce d’ambient discrète autant que riche.

Légères, les déflagrations s’amoncellent d’abord - vagues roulantes ou aiguës minuscules déroulées, bâtons de pluie électronique et chocs infinitésimaux. Pris dans l’engrenage d’une réverbération vorace, l’ensemble accueille ensuite reverses et larsens légers, jusqu’à défendre un droit soudain à l’uniformité.

Mais de nouvelles oscillations désagrègent l’intention comme quelques coups sur tom rompent les rangs. Diverse à nouveau, la composition trouve une quiétude occasionnant, satisfaite, l’envie d’en finir. Alors étouffé, ce que Delplanque aura pu capter dans sa ou ses chambres. Après lui avoir laissé le temps de fantasmer de manière élégante les conséquences possibles de sa propre absence.

CD: 01/ Ma chambre quand je n'y suis pas (Montréal)

Mathias Delplanque - Ma chambre quand je n'y suis pas - 2006 - Mondes elliptiques.

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