Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Masami Akita, John Duncan : The Black Album (Tourette, 2014)

masami akita john duncan the black album

The Black Album est… vert, sa pochette est rose rose et sa couverture noire, certes, mais complètement perforée (ça c’est le Texas, où crèchent les gars de Tourette Records. Qu'ils aient la gachette facile n'est pas une raison pour être grossier, d’autant que la décharge que j’ai reçue à l'écoute du LP est suffisante… en tout cas me suffit, à moi.

Alors quoi ? Une fois ma main glissée parmi les trous de balles (j’y peux rien), j’attrapai le vinyle, le posai sur la platine et y mis dessus le diamant et là… C’est comme un objet métallique (qui serait ma tête) que l’on appuierait sur un tour de pierre : ça crisse, larsenne et crache (pour tout dire : agresse d’une force !). Mais (et il ne faut pas l’oublier) on peut quand même se raccrocher à un rythme : et oui, voilà, ce rythme est celui de ce tour de pierre qui tourne à la régulière…

Heureusement, conciliante, l’agression se fait après plus douce, presque câline, avec un grand rétropédalage dont profitent les bruits de bandes (vrais ? de synthèse ?) et les parasites en tous genres, avant que les hostilités (les « austérités », dirait ma coiffeuse) ne reprennent : aïe, je m’ai écorché ; ouf, c’j'aime le goût du sang ! Vous ai-je dit au moins qu’il s’agissait là d’une brillante collaboration entre Masami Merzbow Akita et John Duncan ?  (et que j’ai oublié de fermer la parenthèse en ligne 2 ?)…

Masami Akita, John Duncan : The Black Album (Tourette / Souffle Continu)
Edition : 2014.
LP : AB/ The Black Album
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Richard Pinhas, Merzbow : Rhizome (Cuneiform, 2011)

rhizslis

Ce duo Pinhas / Merzbow, le troisième enregistré, remonte à septembre 2010. Connaissant les personnages (le premier à la guitare, le deuxième au laptop), il faut bien sûr s’attendre à être bousculé. Mais n’est-ce pas ce qu’on était venu chercher ?

C’est au théâtre que Pinhas et Merzbow nous emmènent avec Rhizome. Le décor est sculpté dans un kitsch noise romantique remplis de grands solos de guitare hurlante et de boucles coupantes. Pour ce qui est de l’action, les inserts de premier plan s’en chargent (l’accélération perpétuelle du battement d’un cœur, des hélices qui tournent au-dessus de nos têtes, la défense laptop sous la mitraille guitare, etc.). Ce sont autant de petits tableaux baroques qui s’nscrivent dans le décor. Avec l'art de la provocation qu'on leur connaît, Pinhas et Merzbow ont une fois encore mis le feu aux planches.

Richard Pinhas, Merzbow : Rhizome (Cuneiforme / Orkhêstra International)
Enregistrement : 24 septembre 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Rhizome 1 – 010011010011011 02/ Rhizome 2 – 100101000111010 03/ Rhizome 3 – 001101010011001 04/ Rhizome 4 – 110100100010000 05/ Rhizome Encore – 0110101011
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Richard Pinhas, Merzbow: Keio Line (Cuneiform - 2008)

keiosli

L’avenir réservait donc des surprises : parmi celles-là, la rencontre de Richard Pinhas (Heldon) et Masami Akita (Merzbow), vétérans d’une internationale bruitiste et héros pas fatigués d’en entendre.

Déposant en prenant son temps d’autres amalgames insatiables de notes de guitare allongées, le duo s’engage sur la voie d’un psychédélisme éloquent mais vain, parce que toujours insatisfait de ses trouvailles superbes (déflagrations sonores et méandres mis au jour) comme de ses déroutes : turbulences gâchées par un effet de guitare trompeur ou beat parfois suranné revendiquant son droit à polluer l’entier espace sonore.

Deux disques recommandables, pourtant, parce que l’essentiel de Keio Line est à trouver dans son développement sinueux, qu’il faut suivre – regretter telle décision pour succomber à telle autre – et suivre encore, pour se rendre enfin compte que chaque écoute permet d’entendre autrement.

Richard Pinhas, Merzbow : Keio Line (Cuneiform / Orkhêstra International)
Edition : 2008.
CD1 : 01/ Tokyo Electric Guerilla 02/ Ikebukuro : Tout le monde descend ! 03/ Shibuya AKS - CD2 : 01/ Merzdon / Heldow Kills Animals Killers 02/ Chaos Line 03/ Fuck the Power (and Fuck Global Players)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

John Watermann: Epitaph for John (Korm Plastics - 2005)

watermanngrisli

Une collaboration entamée par l’artiste John Watermann et Frans de Waard, du label Korm Plastics, transformée en hommage. Le 2 Avril 2002, jour de la mort de Watermann, les travaux en commun ont investi le champ de l’attente. Le temps pour Waard de réfléchir à la poursuite encore possible du travail, mais pas sans quelques soutiens.

Appelés, Asmus Tietchens, Ralf Wehomsky (RLW), Masami Akita (Merzbow) et Freiband. Le cahier des charges invitant chacun d’eux à traiter les enregistrements de Watermann, matériaux naturels en quête de continuité artificielle. Offerte, si possible, par ceux-là, qui ont tous collaboré un jour avec le personnage à regretter.

Alors, Tietchens fait des dernières bandes de son complice une ode aux souffles divers - qu’ils affichent une exclusivité dérangeante (JWAT 3) ou se trouvent une place au creux d’une ambient industrielle (JWAT 1). Dans la même optique, Ralf Wehowsky invite l’auditeur à s’adapter à des larsens bientôt chassés par les bourdonnements (Seeking Perfection).

Plus loin, la discrétion abstraite de Freiband sur Threnody contraste avec la progression d’Untitled for John Watermann de Merzbau : à force de tintements et d’inserts parasites, une mini rythmique s’installe et rend convaincante cette nouvelle expérience sonique. Plus brut, l’exposé fait par Frans de Waard d’un dernier enregistrement de Watermann rend une zoologie mise en boîte, incarnée ou factice (Toowong Cemetary).

La collaboration achevée enfin pour avoir su accueillir les effets d’artistes non programmés mais tous redevables, d’une façon ou d’une autre, à John Watermann. Qui ont élevé ensemble un monument élégant, et évoqué si bien Watermann sur Epitaph for John que ce disque devra renoncer à ses qualités de compilation pour venir compléter et conclure la discographie personnelle du disparu.

CD: 01/ Asmus Tietchens - JWAT 1 02/ Asmus Tietchens - JWAT 2 03/ Asmus Tietchens - JWAT 3 04/ Asmus Tietchens - JWAT 4 05/ RLW: Seeking Perfection - Somewhere Else 06/ Merzbow - Untitled For John 07/ Freiband - Threnody 08/ John Watermann - Toowong Cemetary

John Watermann - Epitaph for John - 2005 - Korm Plastics. Distribution Metamkine.   

Commentaires [0] - Permalien [#]

>