Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Mary Halvorson : Dragon's Head (Firehouse 12, 2009)

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La guitare de Mary Halvorson s’encombre de peu d’effets. Elle n’en a pas besoin. C’est une guitare qui cherche, s’engage, se trompe, recommence. C’est une guitare aux lignes claires, aux accords tombés, aux arpèges entêtants. C’est une guitare qui refuse la complexité inutile. C’est une guitare désarmante de simplicité et de clarté. C’est une guitare qui affectionne à répéter les motifs avant de, brusquement, changer de cap (Sweeter Than You). C’est une guitare qui ne rechigne pas au plaisir des décalages rythmiques (Scant Frame). C’est une guitare qui aime à draguer l’irrésolu (Sank Silver Purple White).

La guitare de Mary Halvorson, c’est aussi une guitare qui aime à me faire mentir. Quand, par exemple, la clarté s’embrouille et que des saillies, dignes d’un Sonny Sharock des grands soirs, prennent la parole (Momentary Lapse, Dragon’s Head). Alors, la contrebasse de John Hébert et la batterie de Ches Smith, déjà parfaites d’écoute et de complicités partagées, donnent plein sens au chaos, fulminent et terrorisent la masse sonore. La guitare de Mary Halvorson est une guitare qui ne lâche rien. En voilà une bonne nouvelle.

Mary Halvorson Trio : Dragon’s Head (Firehouse12 / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Old Nine Two Six Four Two Dies 02/ Momentary Lapse 03/ Screws Loose 04/ Scant Frame 05/ Sweeter Than You 06/ Sank Silver Purple White 07/ Too Many Ties 08/ Totally Opaque 09/ Dragon’s Head 10/ April April May
Luc Bouquet © Le son du grisli



Mary Halvorson, Jessica Pavone : Thin Air (Thirsty Ear, 2009)

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Mary Halvorson / Jessica Pavone, c’est tout simple : une guitare (Mary), un violon (Jessica), deux voix (Mary & Jessica), une dissonance de chant et d’arpèges, de petites mélodies entêtantes et déraillantes, des ritournelles venimeuses, des bibelots soniques singuliers, des fusées envoyées vers on ne sait quel heureux cosmos, des glissendi éraillés, une complicité et une entente qui devraient charmer au-delà de la seule sphère de l’improvisation (pop innovante, avant-folk…).

Vous m’excuserez de faire aussi court mais il faut, précisément, que je parte à la recherche de leurs deux premières productions… Que j’imagine aussi ensoleillées et jubilatoires que celle-ci. Si vous avez une piste…

Jessica Pavone, Mary Halvorson : Thin Air (Thirsty Ear / Orkhêstra)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ For You or Them 02/ Thin Air 03/ Juice 04/ Barber 05/ Sinking 06/ Ten Years 07/ Lullaby 08/ ? And Goodnight

Luc Bouquet © Le son du grisli

Mary Halvorson déjà sur grisli
Crackleknob (HatOLOGY - 2009)

Jessica Pavone déjà sur grisli
Walking, Sleeping, Breathing (Nowaki - 2007)


Anthony Braxton : Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records, 2008)

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Le quartette emmené l’un des derniers jours de juin 2008 à Moscou par Anthony Braxton exposait celui-ci aux côtés de Taylor Ho Bynum (cornet, bugle et trompettes), Katherine Young (basson) et Mary Halvorson (guitare électrique).

La Composition 367b, de naître ainsi de râles électriques traînants dont le saxophoniste motive la transformation en fond sonore bruitiste sur lequel pouvoir instituer le propos du jour. Les instruments à vent, d’alterner pour animer une série de dialogues forcément soutenus auxquels sera bientôt préféré un développement plus atmosphérique, plaque sonore en mouvement trouvant refuge, en fin de parcours, au creux d’une mélodie mélancolique aux notes allongées. Dans la veine de son ancienne collaboration avec Wolf Eyes, Braxton encore inattendu et encore inspiré.

Anthony Braxton : Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2008.
CD : 01/ Composition 367b
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Anthony Braxton: Live at The Royal Festival Hall (Leo - 2005)

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Le 15 novembre 2004, au Royal Festival Hall de Londres, Anthony Braxton interprétait sa Composition 343 en quintette. Inédit, celui-ci, qui voit le maître entouré de jeunes musiciens attentionnés et brillants. Devant eux : 2000 personnes.

La première des deux parties suit des mouvements giratoires. Quelques pauses sont permises, pendant lesquelles la formation avance prudemment ses propositions : la retenue évidente de la guitare de Mary Halvorson, ou l’expression plus convulsive du trompettiste Taylor Ho Bynum. Convoités, les conseils de Braxton ne tardent pas : investissant bientôt un passage improvisé sans garde-fou, propulsant quelques rauques, vitupérant toujours.

Lorsque l’on retrouve l’unisson, voici le saxophoniste passé au soprano. La langueur relâche alors les tensions, invite même le contrebassiste Chris Dahlgren à une introspection apte à recevoir le grain savoureux d’un free jazz jouant, au gré de la partition, avec les dissonances rebondies et les recadrages nécessaires. La fulgurance collégiale et le chaos subtil en guise de conclusion.

La seconde partie, plus courte, opte dès le départ pour l’expérimentation évidente. D’une forme générale plus déconstruite, elle débarrasse le quintette des contraintes. Laissant le temps à Satoshi Takeishi de propulser ses interventions sur percussions de manière à faire tanguer assez l’ensemble, Braxton fomente ses attaques au soprano, qui viendront compléter les accords saturés de guitare posés en arrière-plan, pour mener à son terme une pièce abrasive et instantanée.

Puisque pas un trimestre ne passe sans que la discographie d’Anthony Braxton ne connaisse une actualité, l’idée paresseuse pourrait nous frôler, cherchant à nous persuader qu’il n’y aurait rien de grave à laisser passer ce disque-ci. Or, Live at the Royal Festival Hall est bien près d’être indispensable : interprétation énergique et éclairée, et présentation in vivo de quatre nouveaux visages. Le relâchement, pour après.

CD: 01/ Composition 343, Part 1 02/ Composition 343, Part 2

Anthony Braxton - Live at The Royal Festival Hall - 2005 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International. 



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