Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Georg Gatsas : Five Points (Nieves, 2010)

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L’œil trouve un chemin dans l’envers du décor. En résulte que le Lower Manhattan du photographe suisse Georg Gatsas est charismatique, qu’il ait été capturé en noir et blanc ou en couleurs. Un bout de terre américaine qui apparaît comme isolée, défraîchie, abandonnée ou, puisque ce n’est pas le cas, habitée par des artistes qui s’y accrochent comme les éléments indispensables d'un paysage foklorique (Martin Rev de Suicide, Tom Jarmush, Rita Ackermann) – la vraie pauvreté souffrira toujours d’être moins photogénique.

Aux alentours d’une galerie d’art, l’œil de Gatsas s'écarte peu à peu de son premier chemin et attrape sur le vif des vues d’une Chinetown amputée d'exotisme ou d’un autel bizarre dont les offrandes aux trois bouddhas sont des cartons vides et des détritus. Pour être complet, Gatsas insère dans son cahier des photos couleurs de concerts qui savent se passer de la gloriole du milieu, mais sans convaincre toutefois des preuves de vie qu’ils diffusent. Le plus beau reste sans doute les superpositions de drapeaux américains en berne (ou pas) et de grillages percés qui marquent les abords d’un quartier d’artistes à la désolation superbe. Depuis Baudelaire on sait que c'est là que réside la beauté ultramoderne.

Georg Gatsas : Five Points (Nieves / Les presses du réel)
Edition : 2010.
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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