Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Marteau rouge : Noir (Gaffer, 2012) / Jean-Marc Foussat : L'oiseau (Fou, 2012)

marteau rouge noir

C’est un peu toujours la même planète (ou est-ce peut-être une étoile noire ?) que l’on redécouvre quand on écoute un nouveau Marteau rouge (Jean-Marc Foussat, VCS 111 et voix, Jean-François Pauvros, guitares, Makoto Sato, batterie). A chaque fois, le trio enfonce des clous et fait du bruit, parfois beaucoup de bruit… mais à la fin, pourtant, la construction s’avère différente.

L’explication ? C’est que, certes, c’est toujours la même planète, mais à chaque fois peuplée d’autochtones différents. Cachés par les reliefs ou enfouis sous la terre, ils travaillent à un prog rock psyché free qui pourrait faire la bande-son d’un remake de la Guerre des Mondes qu’aurait signé David Cronenberg. La musique risquerait d’ailleurs d’être plus intense que le film : elle est parfois harassante et parfois bouleversante ; on revient donc de Noir harassés et bouleversés.

EN ECOUTE >>> Noir 03

Marteau rouge : Noir (Gaffer Records)
Edition : 2012.
CD : Noir
Pierre Cécile © Le son du grisli

jean-marc foussat l'oiseau

L’oiseau est l’hommage de Jean-Marc Foussat à son fils Victor. Synthés, bandes, voix en faction... dézinguent vingt minutes durant un Kindertotenlieder ultra concret. Bien sûr, le CD est poignant, mais ses sonorités avilissent souvent sa musicalité. Alors, Foussat revient à la voix qu’il a perdue, à la voix qui l’habite, et l'écoute avec nous.

Jean-Marc Foussat : L’oiseau (Fou)
Edition : 2012.
CD : L’oiseau
Pierre Cécile © Le son du grisli



Jean-François Pauvros : 7 films de Guy Girard (La Huit, 2019)

pauvros guy girard

A l'occasion d'une actualité chargée (parution du Martien avec Charles Pennequin, d'A tort et au travers avec Antonin Rayon et Mark Kerr et du concert qu'il donnera avec les mêmes Rayon & Kerr le 3 octobre au Théâtre Dunois à Paris), le son du grisli passera quelques jours avec Jean-François Pauvros. Quelques films, pour débuter. 

Comme surpris par son silence après avoir recouvert de sable sa guitare électrique, Jean-François Pauvros s’en éloigne, sur l’immensité d’une plage normande. Faut dire qu’elle est souvent brûlante, la guitare de Pauvros, parfois patraque quand elle a besoin d’une grosse révision. Toujours présente même quand l’improvisateur se fait cuire deux œufs. Toujours à l’ouvrage quand elle égratigne Hendrix ou qu’elle hurle son fiel avec Keiji Haino ou Arto Lindsay. Toujours en action pour narrer les Bites de Chien.

Voilà, nous sommes entrés en plein cœur de Don Pauvros de la Manche, faux documentaire de Guy Girard. Faux parce qu’on ne documente pas Pauvros. Pauvros est action-fiction, personnage insaisissable même s’il reste toujours présent au cadre. Le réalisateur plante sa caméra et, toujours, quelque chose surgit. C’est facile, finalement, de filmer Pauvros : même le rien, ses déplacements avec guitare en bandoulière c’est de la haute épopée. Et nous n’en sommes qu’au premier film.

Et puis Pauvros soliloque à l’hôtel Innova et le réceptionniste est ravi. Et puis on suit un vieux rafiot (le Batofar en personne), on observe les observateurs (d’éclipse), on observe (l’éclipse). Et où l’océan s’arcboute. Et où l’on déambule. Et où l’on poursuit un ours blanc. Et où les corbeaux japonisent. Et dans le Batofar, Pauvros, Haino et François Causse poussent la saturation à terme (les mi-grateurs). Et puis, le clip tué mon amour avec Charles Pennequin et JFP.

Et puis, Catalogue (JFP, Jac Berrocal, Gilbert Artman) à Bruxelles en 2016 soit le rouge feu en action (trop court : 3 minutes !!!! Carton Rouge). Et puis, Marteau Rouge (JFP, Jean-Marc Foussat, Makoto Sato + Joe McPhee) : une autre fusion (en rouge feu toujours) avec déclaration en forme d’hymne amoureux à ceux qui causent dru. Et enfin Campus les studios rebelles. Ce n’est qu’un combat continuons le début semblent dire les dizaines de musicos passés par là tandis qu’une poule en recherche de cure-dents risque le court-bouillon électrique. Et à la fin, ils gagneront.

Jean-François Pauvros : 7 films de Guy Girard
La Huit / CNC
Captation : 1984 - 2016. Edition : 2019
Avec Jean-François Pauvros, Keinji Haino, Arto Lindsay, François Causse, Charles Pennequin, Jac Berrocal, Gilbert Artman, Jean-Marc Foussat, Makoto Sato, Joe McPhee…
Luc Bouquet © Le son du grisli

Image of A paraître : Le Martien de Charles Pennequin & Jean-François Pauvros


Marteau rouge, Evan Parker : Live (In Situ, 2009)

marteaurouge_evangrisli

Marteau Rouge (Jean-François Pauvros / Jean-Marc Foussat / Makoto Sato), c’est quelque chose qui grouille, qui gronde, qui menace, qui déborde, qui frappe fort et dur à la face des vaines hiérarchies. Evan Parker, c’est tout ce que l’on sait (la circularité, la convulsion) et ce que l’on redécouvre aujourd’hui (un phrasé hérité du jazz, un lyrisme confondant). C’est aussi et surtout l’étonnante facilité qu’a le barde barbu de ne faire qu’un avec ses partenaires d’un soir.

Ici, il ne s’agit pas d’une confrontation. Ici, il s’agit de faire bloc et union. Accepter les moments de doute(s) et d’observation, de suspension et de retenue(s) avant que parle la poudre. Et la poudre parlera forcément. Rouge, indélébile, brisante. Alors, ils attireront des tissus sombres et épais puis reviendront croiser le fer. Ils en remettront une couche puis traverseront d’autres territoires, plus apaisés, plus tempérés. Ils diront comment ensemble, ça peut se passer de chef. Et nous, spectateurs-auditeurs convaincus depuis longtemps, nous nous agripperons avec fureur et délectation à cette musique de vie et de forces vives. Et si c’était à nous de jouer maintenant ?

Marteau Rouge, Evan Parker : Live (In Situ / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Un 02/ Deux  03/ Trois, tourne mon Coeur 04/ Quatre 5/ Cinq 06/ Six, Au temps des cerises  07/ Dix 08/ Onze, Douze, Quand tout sera rouge
Luc Bouquet © Le son du grisli

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