Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Premier bruit Trente-six échosAu rapport : Festival Le Bruit de la MusiqueParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Burkhard Beins, John Butcher, Mark Wastell : Membrane (Confront) / Beins, Malatesta, Vorfeld, Wolfarth, Zach : Glück (Mikroton)

burkhard beins john butcher mark wastell membrane

« Un pour tous et tous pour un », écrit John Eyles à l’intérieur de la boîte Confront pour évoquer l’esprit de cet enregistrement de concert (Café OTO, 13 avril 2014). Les trois musiciens impliqués accordèrent là autant de pratiques instrumentales amplifiées : Burkhard Beins à la grosse caisse de concert et au synthétiseur analogique, John Butcher* aux saxophones ténor et soprano et Mark Wastell au gong.

Les deux improvisations débutent sur quelques frappes en résonance – peut-être est-ce là leur seul point commun. Car la première va bientôt sur le rythme d’un pouls régulier, les notes de saxophone y sont endurantes et dans le même temps timides, quand l’électronique s’y fait une place en douce. Le jeu sur clefs de Butcher presse un peu le discours, que le trio prolongera en seconde plage. Alors, le saxophoniste (au soprano) accentue, appuie – sur l’instant : incruste ses notes –, auquel ses partenaires opposent des inspirations soudaines valant aspirations. C’est un souffle d’artifices dans lequel John Butcher s’inscrit.

Burkhard Beins, John Butcher, Mark Wastell : Membrane (Confront / Metamkine)
Enregistrement : 13 avril 2014. Edition : 2014.
CD : 01-02/ Membrane
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



beins malatesta vorfeld wolfarth zach glück

Si la ligne qu’ils forment est courbe sur la droite, la somme de ces batteurs à plat (Burkhard Beins, Enrico Malatesta, Michael Vorfeld*, Christian Wolfarth et Ingar Zach) n’en est pas moins directe : c’est qu’il s’agit de défendre un art percussif qui de l’acoustique a fait son affaire. On oubliera bien vite les premiers grincements, puisque les peaux et les cymbales grondent au gré d’un passage de témoins auquel se livrent quatre percussionnistes de premier plan. Oubliée la ligne, c’est au premier plan que tournent bientôt les aigus et les graves ; et c’est sur des compositions de Beins, Wolfarth et Zach, qu’éclate la cohérence de cette somme de percussions suspendues. Quitte à brouiller les pistes.

Burkhard Beins, Enrico Malatesta, Michael Vorfeld, Christian Wolfarth, Ingar Zach : Glück: Contemporary Percussion Music (Mikroton / Metamkine)
Enregistrement : 31 mars au 2 avril 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Glück 02/ Adapt/Oppose 14/1-a 03/ Floaters 04/ Adapt/Oppose 14/1-B
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

densités* Ce vendredi 23 octobre, John Butcher donnera un concert avec le trio Kimmig-Studder-Zimmerlin dans le cadre du festival Densités. Le lendemain, Michael Vorfeld jouera, pour Densités toujours, des lumières de son Light Bulb Music

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Rhodri Davies, Mark Wastell : Live in Melbourne (Mikroton, 2011)

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C’est un Live daté du 17 septembre 2005 : in Melbourne Rhodri Davies et Mark Wastell s’attelèrent à des travaux de mesure : dans un de ses plateaux, une balance aurait ainsi accueilli l’électronique lo-fi de Davies ; dans l’autre, le matériel de Wastell : console de mixage, pédales d’effets, micros de tous contacts, lecteurs MD ou CD, cloches, bols chantant, harmoniums et pièces d’électroniques préenregistrés, etc.

Impressionnant, l’attirail trouve son équilibre sur la ligne d'un drone et les perturbations de parasites nombreux que Davies et Wastell froissent avant d'y découper des motifs aux contours saisissants. Sur une courbe, on croirait entendre un souvenir de harpe instantanément mis en musique. Or, ce n’est qu’un premier aigu qui en engendrera d’autres, amenés à renouveler le discours de l’association : ici le goût de métal qui préside à la joute est changé en mitraille ; ailleurs les oscillations tremblent au point de se taire presque.

A la fin de la course, le paysage est diaphane ; on y avait pourtant repéré quelques plages de fusain hors-normes.  C’est qu’aux antipodes, les jeux de miroirs de Davies et Wastell auront fait leur œuvre flexueuse : selon l’inclinaison, les réflexions n’ont pas les mêmes effets – de discrètes variations en formidables négatifs.

Rhodri Davies, Mark Wastell : Live in Melbourne (Mikroton)
Enregistrement : 17 septembre 2005. Edition : 2011.
CD : 01/ Live in Melbourne
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Lasse Marhaug, Mark Wastell : Kiss of Acid (Monotype, 2011)

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Sous-titré « A Composition for pre-recorded tam tam and electronics », Kiss of Acid. Ainsi donc : sur matériel pré-enregistré par Mark Wastell, Lasse Marhaug invente.

Arrange et finalement compose. D'abord l'impression d'entendre au loin la rumeur d'une ancienne cassette à bande retournée, quelques instruments passant à l'envers repassant à l'envers-inversé sur le battement d'un coeur amené à finir en soubresauts. Par couches ensuite, Marhaug construit sur matériau Wastell un champ de désolation : enveloppant, le métal tremble ; le soulèvement est de cuivre et d'étain –  réquisitions de la patience de Fritz Hauser, de l'endurance d'Ingar Zach ? Loin derrière laissés les fantômes, l'idée naît d'une progression au son de nappes amalgamées. La musique est alors en suspension quand une décision nette décide de tout effacer.

Ainsi, un craquement réclame le silence et de repartir de rien ou de presque rien. Y reviendront pourtant les gongs ou simili, espacés, à chaque fois plus épais mais aussi lointains de plus loin toujours, parasités bientôt par d'autres bruits – des vents engouffrés, un bip au compte-gouttes, des râles enfin. Kiss of Acid, de ses premières secondes à celles du craquement et des vibrations à suivre à sa conclusion, est une grande affaire de mesure : soit, de mesure émancipée, échappant à force à tous mètres-étalons. Au point d'atteindre des hauteurs, et hautes encore : et là, de redescendre en parachute.

Mark Wastell, Lasse Marhaug : Kiss of Acid (Monotype / Metamkine)
Edition : 2011.
CD : 01/ Kiss of Acid
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

lmsliLasse Marhaug jouera ce jeudi 28 avril aux Instants Chavirés. Le même soir au même endroit : Anthea Caddy et  Helena Gough.

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John Cage : Four4 (Another Timbre, 2010)

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Comme celle de tout prophète qui se respecte, la parole de John Cage – et ses Ecritures – varie d’une interprétation à l’autre. L’une est sévère, l’autre est plus nuancée comme celle que font Simon Allen, Chris Burn, Lee Patterson et Mark Wastell de cette œuvre « for four percussionists ».

Ecrite peu avant la mort du compositeur, Four4 décrit des paysages dévastés où les sons et le silence n'arrêtent pas de se chercher. Un ordinateur aurait aidé à changer les décors : une forêt d’arbres de cristal, un désert de roches, une maison hantée… Comme il lui est souvent arrivé de le faire, Cage a laissé à ses interprètes le choix des instruments : ici une grosse caisse, des cymbales, des gongs, une cithare frappée par des mailloches…

Avec tout cela, le quatuor fait de plus en plus de bruit, et comme les décors la donne change elle aussi. C’est dans le fracas que les percussionnistes terminent leur hommage aussi fortement que quatre marteaux de piano actionnés en son temps par Maître Cage.

John Cage : Four4 (Another Timbre / Souffle continu)
Edition : 2010.
CD : Four4
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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The Sealed Knot : And We Disappear (Another Timbre, 2009)

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Moins de quarante minutes enregistrées à Bienne (Suisse) en 2007 : And We Disappear donne une autre fois à entendre Burkhard Beins (percussions, objets), Rhodri Davies (harpe) et Mark Wastell (contrebasse), murmurer ensemble.

En conséquence, naît un monde ou les crépitements valent pour intonation, où les sursauts mesurés anéantissent les aigus perçants dans lesquels la rumeur instrumentale avait failli se fondre. Et puis, deux notes tombent de la contrebasse qui convainquent toutes les expressions d’abonder dans leur sens : Beins frotte plus nettement ses percussions ou traîne ses objets de peur qu’on ne le remarque, l’archet de Wastell insiste aussi et l’e-bow de Davies chante ses lignes flottantes. L’introduction, endurante, a ainsi laissé place à de plus vigoureux jeux de construction et de résonances. Un coup sec sur le cadre d’un tom, au moment adéquat et que l'on n'attendait pas, fera tout disparaître.


The Sealed Knot, And We Disappear (extrait). Courtesy of Another Timbre.

The Sealed Knot : And We Disappear (Another Timbre)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009.
CD : 01/ And We Disappear
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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