Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Marianne Pousseur : Only (Sub Rosa, 2011)

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Only est une sélection d’airs qui permet à la soprano Marianne Pousseur de faire état des belles manières qu’elle a de s’emparer de mots mis en musique. Seule le plus souvent et « en situations » (dans une voiture en marche, une chapelle ou encore en forêt), elle reprend-là Cage, Feldman, Scelsi

Derrière la voix douce, le bruit d’un clignotant : The Wonderful Widow of Eighteen Springs pour lequel Cage a emprunté des éléments à Finnegans Wake est une berceuse captivante qui s’effacera devant les notes en dissolution lente que Feldman a cachées derrière des phrases de Rilke (Only). Une autre berceuse, mais menaçante et enregistrée dans une école, saura inspirer Pousseur : ce celte Lustukru de Théodore Botrel qui en appelle à l’Hungry Child de Frederic Rzewski.

Le recueil renferme aussi des airs de Giacinto Scelsi et Hanns Eisler, compositeurs auxquels la chanteuse a déjà consacré deux ouvrages – Songs et Trei Canti Popolari – , leurs structures flottantes ou strictes lui allant à merveille. Peut-être est-ce ici que Marianne Pousseur doit être attentive à son équilibre et, habile, parvient à ne le perdre jamais. Ce que pourraient confirmer les exceptions que sont ces quatre chants sépharades au goût de folklore las ou la Lettre d’Epicure de György Kurtág : pièces plus accommodantes qui se laissent, elles, interrompre par les bruits de notre quotidien.

EN ECOUTE >>> Hungry Child

Marianne Pousseur : Only (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Edition : 2011.
CD : 01/ John  Cage : The Wonderful Widow of Eighteen Springs 02/ Morton Feldman : Only 03/ Hanns Eisler : Von der Freundlichkeit der Welt Hanns Eisler 04/ Giacinto Scelsi : Hô 1 / Hô 2 05/ György Kurtág : Letre d’Epicure 1, 2, 3, 4 06/ Henri Pousseur : Mnémosyne 07/ Frederic Rzewski : Hungry Child 08/ John Cage : Experience N°2 09/ Sephardic Songs : El mundo entero / Abre tu puerta / Bre sarica / Que hermoza 10/ Henri Pousseur : Un jour 11/ Théodore Botrel : Lustukru 12/ Rudolf Sieczynski : Wien Wien nur du allein
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Giacinto Scelsi : Tre Canti Popolari / Due Componimenti Impetuosi (Sub Rosa, 2010)

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Giacinto Scelsi fut un personnage de roman – on pense à l’atmosphère d’Ashby de Guyotat – qui s’extrayait du concret en se penchant sur ses travaux d’hors-écoles. E come ? En sachant ses classiques et son dodécaphonisme, et encore plus en comptant sur sa foi en lui-même, certes pas imperturbable mais soutenue par des fulgurances folles. Tout cela pour servir la musique, cet art qui l’attirait.

Il faut absolument réentendre cette musique, celle de Giacinto Scelsi, sur deux disques réédités ces jours-ci par Sub Rosa. Ils expliquent de quoi retourne, retourne et non pas retournait, la musique de Giacinto Scelsi. Le piano répétitif est usé jusqu’à la corde, la voix ondulatoire est porteuse d’émotions transmissibles (qu’elle soit échappée d’un chœur antique et se lamente, seule, au milieu des ruines d’un temple ocre et vieux ou bien qu’elle interpénètre le chant de trois autres voix qui lui répondent). Le deuxième disque est tout de pianos, l’instrument assommé inspecte de fond en comble toute la structure d'un son, le son mille-feuille difficile à entendre dans son intégralité mais charmant et même mille fois plus que cela, pour avoir été accouché par Giacinto Scelsi en personne. Qu’il faut absolument réentendre, si jamais vous aviez sauté une ligne ou deux et étiez passé à côté de ce conseil…

Giacinto Scelsi : Tre Canti Popolari / Due Componimenti Impetuosi (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Edition : 2010.
CD1 : 01-03/ Tre canti popolari 04-05/ duo 06-07/ Wo Ma 08-09/ Sauh 10/ Aitsi – CD2 : 01-03/ Sonate #4 04-12/ Suite #11
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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