Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Alon Nechushtan : Dark Forces (Creative Sources, 2011)

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Neuf mouvements en tension extrême, parcourus de forces obscures et rougeoyantes, qui font émerger par masses lentes et graves des phénomènes sonores hérissés de possibles, aux irisations inquiétantes : respirations saturées, grincements de portes, larsens, bruits de lames de couteaux, scintillements métalliques presque cristallins, étirements de tracés lumineux aux formes mystérieuses, glissandi de cordes scabreux, rires…

Neuf métamorphoses formidablement orchestrées et interprétées par onze musiciens (cuivres, bois, contrebasse et deux guitares électriques jouées par Henry Kaiser et Elliott Sharp), qui déploient des morphologies ambigües, comme électronisées, évoquant par jeux de latence successifs, des sons environnementaux – la mer, le vent, un oiseau –, un bestiaire fantastique, tout une jungle, selon d’étranges processus d’involution et d’évolution, de défiguration et de refiguration.

Une expérience d’écoute intense où l’ombre et le non-vu – le non-ouï – activent en silence une puissante fantasmatique.

Alon Nechushtan : Dark Forces (Creative Sources / Metamkine)
Edition : 2011.
CD : 01-10/ 01-10
Samuel Lequette © Le son du grisli

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John Zorn : The Satyr’s Play / Cerberus (Tzadik, 2011)

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L’enregistrement débute au son d’un fouet qui claque. Que l’on aimerait voir, de lui-même, se retourner contre John Zorn. Le geste et ses conséquences auraient sans doute plus d’allure que ces pièces pour percussions et inserts interprétées par Cyro Baptista et Kenny Wollesen (Visions of Dionysus) et cette composition d’un pompier terne (Cerberus) pour laquelle Peter Evans (trompette), David Taylor (trombone basse) et Marcus Rojas (tuba) ne peuvent pas grand-chose.

Ainsi donc, Visions of Dionysus fait défiler des percussions de toutes origines parfois passées en machines mais fait croire qu'il met bout à bout des éléments de rythme sortis d’un quelconque logiciel home-studio. Des monstres  à cornes et sabots, mais nulle âme qui vive, et le toc partout. Seconde composition, Cerberus aurait pu tirer profit de la comparaison. Mais son lyrisme est vain, et même agaçant. Une hypothèse : Zorn aurait écrit une pièce de musique qu’il aurait aimé que le trio convoqué improvise ; quitte à ne pas faire confiance, l'improviser lui-même était envisageable s’il s’agissait simplement d’augmenter sa discographie d’un autre (non pas nouveau, seulement énième) disque creux.

John Zorn :  The Satyr’s Play / Cerberus (Tzadik / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01-08/ Visions of Dionysus : Ode I-VIII 09/ Cerberus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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