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Ueno Park : Dix-mille yeux (Tropāre, 2016)

ueno park dix-mille yeux

Première signature du tout nouveau label Tropāre, lancé par Amaury Cornut, Dix-Mille Yeux regroupe dix pièces de choix (parmi une soixantaine) improvisées par le guitariste Manuel Adnot (Sidony Box, April Fishes, Aeris). Dix morceaux à appréhender comme autant d’instantanés d’une quête au long cours qui l’aura vu, durant une année, arpenter, au sens propre comme au figuré, quelques terres familières ou étrangères (Uneo Park fait notamment référence au parc éponyme situé à Tokyo).
 
Attachement aux lieux (un couloir, une chapelle, un studio d’enregistrement), donc, dans lesquels le musicien a investi à la fois les cordes nylon de sa guitare et leur mise en sons acoustique. Pour Manuel Adnot, il ne s’agit pas seulement, en effet, d’habiter un espace choisi mais aussi de s’y (re)poser afin de le donner à entendre, sinon à voir. De le visiter, c’est-à-dire d’en saisir la présence, réelle ou rêvée. Le ton de l’album s’avère, de fait, volontiers méditatif. La prise directe des enregistrements favorise un rendu sonore instrumental sans fioritures d’où se dégage un sentiment d’étroite proximité. Les arpèges sont délivrés avec parcimonie, les lignes mélodiques réduites à leur plus simple et pure expression, faisant cas des silences comme autant de respirations nécessaires. La tonalité des morceaux dessine une géographie sonore discrètement contrastée, davantage fantasmée qu’appuyée, presque en sourdine, évitant l’écueil d’un exotisme mal venu. Et quand le rythme s’accélère, les remous de picking provoqués ne viennent nullement perturber la surface harmonique de cette musique dormante.
 
S’avancer hors de soi dans l’intimité rythmique de la musique. Usité le procédé de « conversation avec soi-même », via le recours à l’overdubbing, génère un phénomène de discrets dédoublements sonores, une série d’échos à peine perceptibles qui figurent un dialogue singulier démultiplié durant lequel le guitariste se met à l’écoute de ce que le lieu a à lui dire. De quoi la musique est-elle alors le reflet ? De celui qui joue ou du lieu joué ? Conjugaison de l’un et l’autre qui donne chair aussi bien à l’instrument choyé qu’à l’espace environnant.    


ueno park

Ueno Park : Dix-mille yeux
Tropāre
Edition : 2016.
LP / DL : 01/ Erell 02/ Cosmos 03/ Flugio 04/ Tous pourtant prenaient part au songe 05/ La voie lactée, dans une sorte de rugissement formidable, se coula en lui 06/ Orenda 07/ Steredenn 08/ Formin 09/ Tiu busund augu 10/ Enez Groe
Fabrice Fuentes © Le son du grisli

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