Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

Luca Pissavioni, Dalila Kayros : A Spectral Work (Bunch, 2014) / Giancarlo Mazzu, Luciano Troja : Tasting Beauty (SLAM)

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Un grand raffut nous accueille. Les voix se dédoublent, s’étirent, s’entrechoquent, s’entretuent. Les échos sont partout. Les cordes scellent un mouvement sans fin. Cris et vociférations prennent le dessus. Une furia percussive fait surface. C’est une bourrasque. Le fracas s’éternise. Des déflagrations entretiennent le chaos. Peu à peu, le mouvement ralentit, se perd, se rétrécit et apparaissent alors entrechats de cordes (violoncelle et contrebasse). D’autres voix s’élèvent, d’outre-tombe maintenant. Le chaos n’est plus, la matière stagne. Du fracas jusqu’au silence, Luca Pissavini (compositions, contrebasse, violoncelle, viola, cithare, daxophone, percussions, electronics) et Dalila Kayros (voix) signent ainsi une essentielle séance d’exorcisme musical...

... Pas toujours inutile, la bonne vieille mélodie. Surtout quand elle a quelque chose à dire, traduire, transmettre. Giancarlo Mazzu est guitariste et Luciano Troja est pianiste. Tous deux aiment la clarté mais aussi le vagabondage. On les entend quitter le chemin et fouiller les fossés. Dans ces fossés, ils ne trouveront aucune dissonance mais apprendront à se séparer et à faire fructifier de nouvelles pistes. Improvisant, ils chouchoutent la mélodie puis s’amusent à défaire le cadre. Quelques petites choses glanées chez Mal Waldron pour l’un, un zeste de prog chez l’autre : ça sonne juste et précis. Souvent profond.

Luca Pissavioni feat Dalila Kayros : A Spectral Work (Bunch Records)
Edition : 2014.
CD : 01/A Spectral Work
Luc Bouquet © Le son du grisli

Giancarlo Mazzu, Luciano Troja : Tasting Beauty (SLAM)
Enregistrement : 2013. Edition : 2015.
CD : 01/ Tasting Beauty 02/ Blues for Giuseppino 03/ Quando amavamo l’America 04/ Qui 05/ Barbara & Blaise 06/ Somiglia 07/ Natural Wisdom 08/ Fat Mouse in Brooklyn 09/ Village Flowers 10/ Caserta
Luc Bouquet © Le son du grisli



Stefano Ferrian, Luca Pissavini, Andrea Quattrini, Sabir Mateen : the uneXPected (Not Two, 2013)

quattrini trio sabir mateen the unexpected

En égrenant toutes les perles du chapelet du free jazz, Stefano Ferrian (saxophones), Luca Pissavini (contrebasse) et Andrea Quattrini (batterie) prennent le risque d’enfermer leurs fortes sensibilités. Reste donc, ici, à se satisfaire des nombreuses intensités divulguées par le trio dans le cadre du Novara Jazz Festival 2010.

L’invitation faite à Sabir Mateen de rejoindre le trio permet que se soudent les souffles. L’italien aime la sécheresse des phrasés, les harmonies dangereuses. L’américain regorge de fluidité à la clarinette et de blues insoumis au ténor. En duo, ils forcent le mimétisme jusqu’aux extrêmes limites. Différents ici, identiques ailleurs, ils connaissent l’alphabet de toutes les convulsions. Une ballade les sépare : l’un est tendresse, l’autre est fouillis. Et le jazz ne se pointe pas par hasard. Il est là depuis le début, fixant et régulant les brûlants caquetages des souffleurs. Et quand il déserte la place, laissant de tristes formulations binaires prendre le dessus, il est amèrement regretté. Mais ne sera aucunement regrettée l’écoute d’un disque aux denses  émois.

Stefano Ferrian, Luca Pissavini, Andrea Quattrini, Sabir Mateen : the uneXPected (Not Two Records)
Enregistrement : 2010. Edition : 2013.
CD : 01/ Introduction 02/ Jazz, Never Heard It! 03/ 5 Miles to Brooklyn 04/ No Questions for Tomorrow 05/ The Unexpected 06/ The Dewey Song
Luc Bouquet © Le son du grisli


The Radiata 5tet : Aurelia Aurita (dEN, 2012) / Gianni Mimmo : Name of the Game (Setola di Maiale, 2012)

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D’accrochages en accrochages, d’embardées en embardées, le Radiata Quintet n’a aucun mal à nous convaincre du bien-fondé de son improvisation...

Quintet en mouvement, préférant le trouble à l’organisé, Stefano Ferrian (saxophone ténor), Cecilia Quinteros (violoncelle), Claudio Milano (voix), Luca Pissavini (contrebasse) et Vito Emanuele Galante (trompette) introduisent quelques frêles balises à leur musique. Et de ces frêles balises, naîtront de raides et rudes scénarios. Dialoguant en des espaces réduits puis allongeant la prose jusqu’à envahir leur propre sphère, ils se répandent en illuminations croisées. Suppliques, cris et gesticulations de la voix ; cordes stressantes et jamais liantes ; saxophone débraillé ici, evanparkerien ailleurs, la strangulation est proche, annoncée. A découvrir…

The Radiata 5tet : Aurelia Aurita (dEN Records)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Bile dal Po 02/ Eumetazoa 03/ Planula larvae 04/ Diploblastic 05/ Single Germ Layer 06/ Echinoderms 07/ Spiralia 08/ Radially Symmetrical Cnidarians 09/ Vectensis 10/ (c)tenophores
Luc Bouquet © Le son du grisli

 

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Ce quelque chose de familier que proposent Gianni Mimmo, Stefano Ferrian, Luca Pissavini et Stefano Giust ne cache aucune révolution, aucune redéfinition des codes. Il s’agit, seulement et simplement, d’improvisation. Ici, la guitare de Stefano Ferrian distille quelques étranges saveurs : l’arpège n’est jamais tranquille, la corde frise l’excès et entretient de désagréables trouées. A l’opposé, le soprano de Gianni Mimmo – beaucoup moins lacyen que d’ordinaire – mise sur des phrasés aux chauds contours. Foisonnants et jamais en reste d’un motif à étrangler, Luca Pissavini et Stefano Giust, respectivement contrebassiste et percussionniste, maintiennent l’improvisation à haut niveau. Ainsi de ces paysages familiers, se perdant parfois en des virées utopiques (humour et chaos ne font jamais bon ménage cf. Essi), on louera, plus que toute chose, l’unité offerte, ici, intensément.

Gianni Mimmo, Stefano Ferrian, Luca Pissavii, Stefano Giust : Name of the Game (Setola di Maiale)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.
CD: 01/ Tu 02/ Io 03/ Egli 04/ Voi 05/ Essi 06/ Noi
Luc Bouquet © Le son du grisli



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