Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Henry Threadgill Zooid : Tomorrow Sunny / The Revelry, Spp (PI, 2012)

henry threadgill zooid tomorrow sunny

A y écouter de plus près, les propositions harmoniques du Zooid (Liberty Ellman, Jose Davila, Christopher Hoffman, Stomu Takeishi, Elliot Humberto Kavee) d’Henry Threadgill rejoignent souvent l’harmolodie d’Ornette Coleman. C’est sur les tempos binaires – et néanmoins contorsionnés – que le cousinage est le plus évident : la batterie s’invite élastique, jamais statique et le saxophone alto rejette le solo au profit d’interventions éphémères.

Sur tempos lents, le trouble trouve toute sa place. Ici, l’on suggère plutôt que l’on assène : tuba et basse acoustique grandissent l’unisson ou s’investissent dans le contrepoint, la flûte exulte et le violoncelle de Christopher Hoffman, nouveau venu dans le groupe, impose ses lignes claires et vivaces. En ce sens, désapprouve presque le mystère continu et persistant de la musique de Zooid. On le voit : Ornette n’est jamais très loin.

Henry Threadgill Zooid : Tomorrow Sunny / The Revelry, Spp (PI Recordings / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ A Day Off 02/ Tomorrow Sunny 03/ So Pleased, No Clue 04/ See the Blackbird Now 05/ Ambient Pressure Thereby 06/ Put on Keep-Frontispiece, Spp
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Jason Robinson : The Two Faces of Janus (Cuneiform, 2010)

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Encore sous le charme de Cerulean Landscape (Clean Feed), on pose délicatement The Two Face of Janus dans son lecteur en espérant que se reproduise le miracle. Dès les premières notes, nous sommes fixés : l’ennui sera géant. Ce jazz dont la source pourrait être le M’Base de Steve Coleman cherche-t-il autre chose que convaincre auditeurs et organisateurs ?

Que dire de cette musique et de ces musiciens – certes talentueux, là n’est pas la question (Liberty Ellman, Drew Gress, George Schuller, Marty Ehrlich, Rudresh Mahanthappa) – si ce n’est pointer l’impression tenace d’un sinistre copier-coller. La fusion était une impasse, ce jazz-là n’est pas loin de l’être. Ce jazz, je n’ai aucune envie de le décrire : il pullule dans les magazines spécialisés, les clubs, les festivals. Il contamine la jazzosphère.

Quel dommage ici que le souffle inspiré et inspirant de Jason Robinson (The Elders, The Twelfth Labor) ne soit pas mieux mis en valeur. Ici, ce regret est grand.

Jason Robinson : The Two Faces of Janus (Cuneiform / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Return to Pacasmayo 02/ The Two Faces of Janus 03/ The Elders 04/ Huaca de la Luna 05/ Tides of Consciousness Fading 06/ Cerberus Reigning 07/ Persephone’s Scream 08/ Paper Tiger 09/ Huaca del Sol  10/ The Twelfth Labor
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Rudresh Mahanthappa, Steve Lehman : Dual Identity (Clean Feed, 2010)

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Dual Identity serait donc l’exemple parfait du disque enregistré par une formation conduite par de brillants musiciens – les saxophonistes Rudresh Mahanthappa et Steve Lehman, dont la singularité à l’alto n’est plus à démontrer – qui peine pourtant à convaincre, voire déçoit beaucoup. Si ce n’est sur exceptions (Manifold pour Lehman et The Beautiful Enabler pour Mahanthappa), la jeune discographie des deux saxophonistes a déjà beaucoup pâti de choix de productions pompiers, sur lesquels l’un et l’autre se sont même entendus sous le nom de Lehman (Travail, Transformation and Flow) : Dual Identity – disque qui emprunte son nom à un quintette naissant –, donc, de remettre ça. 

Tout avait pourtant assez bien commencé à entendre les deux premiers titres d’un concert enregistré au Braga Jazz Festival l’année dernière : « The General » et « Foster Brothers » révélant l’entente au son de mélodies tournant en boucle avec une intensité assez remarquable pour se tenir à distance de l’écueil jazz rock – le guitariste Liberty Ellman se montrant jusque-là d’une discrétion maligne. Et puis, sur SMS (SIC), voici le même guitariste exploitant avec une ardeur nouvelle mais aussi une inconsistance épatante une gamme pentatonique qui anéantira la raison qui guidait jusque-là le quintette.

En suiveurs motivés, Matthew Brewer à la contrebasse et Damion Reid à la batterie adoptent le parti pris vide et voici que l’écueil cité plus haut finit par faire son trou. Béant, celui-ci, au point que Mahanthappa et Lehman en arrivent à « sonner français » – évoquer ici rapidement l’école Lourau et associés qui n’en finit plus d’investir le domaine du jazz comme d’autres enregistrent (avec plus de discrétion tout de même) les plages sonores sensées faire patienter l’auditeur de France Info entre deux flashs identiques. Soporifique et, pour ce qui est de l’association Mahanthappa / Lehman, contraignant.

Rudresh Mahanthappa, Steve Lehman : Dual Identity (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 6 mars 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ The General 02/ Foster Brothers 03/ SMS 04/ Post-Modern Pharaohs 05/ Extensions of Extensions of 06/ Katchu 07/ Circus 08/ Resonance Ballad 09/ Rudreshm 10/ 1010 11/ Dual Identities
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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