Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Laurent Rochelle: Choses entendues (Linoleum - 2005)

rochellechosesgrisli

Deux ans après avoir fait défiler les instruments sur Conversations à voix basse, Laurent Rochelle accepte de concéder son exclusivité à la clarinette basse sur Choses entendues.

Mais à ses propres conditions, se frottant toujours aux limites du matériau auquel il s'est promis pour mieux fantasmer le recours à d'autres instruments : saxophone soprano sur La vieille femme de pierre, par exemple, ou digeridoo, dont les nappes forment, sur Paysages sous le vent, un blues de terres australes.

L'approche de la clarinette, si elle n'est plus expérimentale, multiplie en tout cas les essais frondeurs. Chocs des clefs - visant l'abstraction (Claquements d'ailes) ou accompagnant la mélodie (Transits) -, gargarismes laissant s'échapper quelques notes intrusives (En surface), ou échos fragmentés d'un souffle originel clair, recomposé ensuite selon un ordre aléatoire (Le signal).

Si les touches successives apportent la couleur originale de l'ensemble, c'est dans les gestes que l'on repère la qualité de Choses entendues. Le mouvement impose un charisme, et le charisme impose l'écoute. Rassuré, Rochelle ne cesse de gagner en densité au fil des secondes d'Oscillations, étoffe la texture de sa musique lorsqu'il y jette des propositions.

Jusqu'à surprendre et trouver une troisième voie, convainquant, sur Prends ma main, le fond et la forme de concéder une place de choix à un autre principe venu compléter le tandem: l'élan.

CD: 01/ Le signal 02/ En surface 03/ Paysages sous le vent 04/ Claquements d'ailes 05/ Oscillations 06/ La dernière note m'emportera 07/ La vieille femme de pierre 08/ Prends ma main 09/ La course 10/ Le village endormi 11/ Transits

Laurent Rochelle - Choses entendues - 2005 - Linoleum.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Laurent Rochelle: Conversations à voix basse (Linoleum - 2005)

rochelleconvgrisli

Jouer d’une douzaine d’instruments aide sûrement à s’attaquer seul à l’enregistrement d’un album. Ainsi, Laurent Rochelle, musicien jamais inquiété à l’idée de déserter le cadre d’un instrument unique, posait en 2003 dix compositions en guise de Conversations à voix basse.

De ce que le re-recording permet à tout un chacun – soit, insuffler à un enregistrement l’intervention d’une infinité possible de Moi -, Rochelle a su ne pas abuser. Tissant quelques fonds répétitifs au son d’une clarinette basse rappelant Louis Sclavis ou le Portal de Burundi (Pink City, C’était janvier), commandant l’invasion de l’espace à quelques samples faits décorums (Samplétudes), le musicien attise ensuite le propos par des progressions raffinées de soprano ou de flûte bancale.

Les tentations free (Sur le fil) côtoient une valse que dépose un piano, bientôt avalé tout entier par la véhémence de quelques programmations (Diagonales). Les impacts de clefs d’un instrument à vent fantasment une cavalcade rangée sur Le cheval rouge, au thème bientôt étiré par Cold Water Buffalos, rodéo intense tissé d’entrelacs de clarinettes sur lesquels court un mélodica.

Moins convaincant lorsqu’il se laisse aller à des penchants tierseniens – mélodie sentimentaliste de Petits pas perdus, apte quand même à l’appogiature, et piano d’une naïveté roborative d’une Chanson pour l’hiver qui vient -, Rochelle s’en tire avec les honneurs lorsqu’il fait confiance à d’autres influences. Celle de Satie, par exemple, qui n’aurait sans doute pas renié l’amusante voix de fausset doublant comme elle peut le thème de Que ma joie se meure.

Encourageantes, au final, Conversations à voix basse. Apprendre à une écriture qui ne crache pas sur les mélodies à accepter une approche plus expérimentale de l’interprétation, à se contenter aussi d’un fond répété pour toute consistance propre à accueillir l’intelligence de quelques trouvailles fulgurantes. Le mélange réussi de choix que d’autres auront longtemps dit exclusifs, de peur sans doute d’avoir trop à faire.

CD: 01/ Pink City 02/ Diagonales 03/ Les petits pas perdus 04/ Sur le fil 05/ Samplitudes 06/ Le cheval rouge 07/ Cold Water Buffalos 08/ Chanson pour l’hiver qui vient 09/ C’était janvier 10/ Que ma joie se meure

Laurent Rochelle - Conversations à voix basse - 2005 - Linoleum. Distribution Les allumés du jazz.

Commentaires [0] - Permalien [#]
>