Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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L'ocelle mare : Temps en terre (Murailles Music, 2017)

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Avec les ans, Thomas Bonvalet – « L’ocelle mare est Thomas Bonvalet » – semble se transformer en homme-orchestre (certes, intéressé toujours par le minimalisme). On le savait jouant de la guitare et soufflant en harmonica et voici que Temps en terre débute au son d’un piano, désaccordé un peu (forcément) et enregistré mal (au téléphone) : l’ouverture du disque est une progression timide, comme celle d’un musicien dictant maladroitement une mélodie soudaine dont il craint perdre le souvenir.

S’il ne sait certainement plus où donner de la tête, Bonvalet garde toujours en elle cette idée d’atmosphère et de brouillon, en tout cas de non-fini, qui fait le charme des disques de L’ocelle mare. Si le dernier d’entre eux est abstrait encore, il l’est moins que les précédents : souvent, en effet, une pulsation l’anime (qui peut évoquer le Moondog des rues de New York) ; plus loin, c’est l’histoire d’une sonorité que l’on détériore ; ailleurs encore, une scène de théâtre où se succèdent un métronome, une bande qui peine à la déroule, un lot de cordes molles, une résonance, un larsen…

Et si la musique de Thomas Bonvallet ne nous surprend plus guère, si ses décors nous sont désormais coutumiers (mais qui s’en plaindrait ?), peu importe : il jaillit de ce nouvelocellemare une tension cotonneuse, quand ce n’est pas une angoisse sourde, qui fait forte impression.

ocelle grisli

L’ocelle mare : Temps en terre
Murailles Music
Edition : 2017.
CD : 01-09/ Temps en terre 1-9
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 

 lsdg3Cette chronique de disque est l'une des soixante que l'on trouvera dans le son du grisli #3, à paraître fin décembre.

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L'Ocelle Mare : Serpentement (Souterrains-Refuges, 2012)

ocelle mare serpentement

Sous le nom de L’Ocelle Mare, Thomas Bonvalet fait désormais pousser des plantes inquiétantes – fleurs sauvages arrangées en bosquet auquel mène ce Serpentement. Elles nécessitent peu de lumière mais demandent qu’on les soigne en musique : des morceaux épars de guitares désormais en miettes et un harmonica fuyant les phrases longues feront leur affaire.

Avec patience, Bonvalet reprend donc ses travaux là où il les avait laissés – cet Engourdissement plus abstrait que ne le fut jamais son discours. De zones de turbulence en silences impérieux, il compose à coups de progressions mélodiques interdites et d’ombres portées, de tremblements de cordes et de bourdons las, d’harmoniques et de soudains retours d’amplis, appelant là au déraillement d’un train de rouilles, imaginant ici une flore disparate que menacent les combats auxquels se livrent tiges nouées et épines menaçantes. Le souvenir du tic tac d’une montre entendu en ouverture , et voici que vingt-et-une minutes ont passé. C’est déjà l’heure de l’échappée.

EN ECOUTE >>> Serpentement 1

L’Ocelle Mare : Serpentement (Souterrains-Refuges / Murailles Music)
Enregistrement : Novembre 2011. Edition : 2012.
CD : Serpentement
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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L’Ocelle Mare : Engourdissement (Souterrains-Refuges, 2010)

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Avec Engourdissement, les penchants de L'Ocelle Mare (soit : ceux de Thomas Bonvalet) ne sont plus seulement acoustiques, plus simplement bruts, plus effrontément directs.

Une autre syncope, d’abord, pour tout Engourdissement. Et puis des ombres planent au son d’un bout de phrase de banjo touché à peine, d’un harmonica haché menu puis distribué à gauche et à droite, d’un piano carcasse à l’éventail de deux notes, de râles venues de créatures qui n’existent que pour Bonvalet – même s’il doit être en mesure de prouver leur existence à coups de preuves sonores retenues sur cassettes.

L’ensemble est court – découpé pourquoi ? –, vaporeux et entêtant, d’autant qu’il ne se laisse pas facilement saisir. La musique d’un transport entre le cœur et les poumons commandé par quelques chocs internes (les derniers, que l’on partage) et il est déjà l’heure de l’accord de piano qui résonne et conclut l’expérience. Plus abstraite que celles rendues jadis par L'Ocelle Mare ; plus intense aussi.

L’Ocelle Mare : Engourdissement (Souterrains-Refuges / Orkhêstra International)
Edition : 2009.
CD : 01-09/ Engourdissement
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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L'Ocelle Mare donnera un concert ce lundi 1er mars aux Instants Chavirés (Montreuil). Au programme le même soir : Radikal Satan et Api Uiz.

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L'ocelle mare: L'ocelle mare (Ruminance, 2006)

l'ocelle mare

Extirpé de Cheval de frise, le guitariste Thomas Bonvalet poursuit en solo sa quête de compositions instables et frénétiques, refusant l’évidence comme d’autres colorient au-delà des bords.

C’est que, transformées sous les coups – notes précipitées, cordes (r)attrapées à l’arrache, salves expiatoires et interventions impromptues - les 16 pièces du disque ne peuvent rêver longtemps de contours arrêtés. Energiques ou lasses, elles changent d’apparence selon la faculté de convaincre d’un médiator soudain en proie au doute, d’arpèges abondants mais soignés, ou d’un volume sonore hésitant qui fait ici office d’effet.

Usant avec parcimonie d’éléments rythmiques légers, d’un harmonica et d’un banjo (instrument qui réduit indéniablement les perspectives), Bonvalet fleurit un propos fait expressément pour lui échapper, qui trouve seul son chemin entre élans répétitifs et mouvements inopinés, pour accéder enfin aux promesses inédites de brusqueries tenant du sensationnel. Sans doute plus poli qu’avant, et en conséquence moins dérangé, Bonvalet aura pu rendre son tir plus précis.

L'ocelle mare : L'ocelle mare
Ruminance
Edition : 2006
CD : 01-16/ -

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