Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
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Kobe Van Cauwenberghe : Give My Regards to 116th Street (Carrier, 2015)

kobe van cauwenberghe give my regards to 116th street

Kobe Van Cauwenberghe est un guitariste belge qui aime autant la classique que l’électrique (qu’il peut l’une comme l’autre préparer et coucher sur une table). On l’avait entendu dans Zwer, quatuor de guitares qui reprenait Phill Niblock sur Touch Five. Cette fois, il se retrouve seul sur des compositions de six collègues qu’il fréquenta à la Columbia University.

Si sa guitare est de bois, ses cordes sont bien de métal, et le produit des deux donne une couleur particulière à des pistes qui rappelleront autant Derek Bailey que John Fahey… Comment ne pas presque toujours entendre les deux anciens sur le duel des graves qui pestent et des aigues cutés de Strata (Alex Mincek) ? Et sur les dissonances des cordes pincées qui carillonnent de Sui Generis (Taylor Brook) ? Et sur les étouffements et les messages cryptés de Spindle (Rama Gottfried) et 1950 C (Paul Clift) ? Et sur les décharges électriques de Silent Screen (Aaron Einbond) ou sur les saturations et les harmoniques de Really Coming Down (Christopher Trapani) ? La question est bonne puisque c’est moi qui la pose, et même plusieurs fois !

Mais le disque n’en est pas moins passionnant. Voilà pourquoi je ne saurais que trop vous conseiller cet état des lieux des jeunes tablatures comme il peut s’en écrire en ce moment même près de la 116ème Rue de New York.

Kobe Van Cauwenberghe : Give My Regards to 116th Street (Carrier Records)
Edition : 2015.
CD : 01/ Strata 02/ Sui Generis 03/ Spindle 04/ Silence Screen 05/ 1950 C 06/ Really Coming Down
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Phill Niblock : Touch Five (Touch, 2013)

phill niblock touch 5

Dans la lumière d’une lampe d'architecte, on imagine Phill Niblock penché sur ses travaux sonores. Là par exemple il retouche un enregistrement d’Arne Deforce (violoncelle) ou de Rhodri Davies (harpe). Un peu plus tard, il réécoute les interprétations d’une de ses pièces, Two Lips, par trois groupes différents de quatre guitaristes. Si j’ai pris ces exemples, c’est que je n'ai même pas eu à les inventer, et qu'ils se succèdent sur les deux CD de Touch Five.

Sur le premier, en multipliant les pistes et en altérant le timbre des instruments, Niblock transforme le violoncelle puis la harpe pour qu’ils tissent des drones de toutes sortes qui interfèrent tout en conservant une impression d’unité. Or, en se rapprochant du monochrome, on aperçoit les pixels et, une fois plongés dedans, on ne peut qu’applaudir l’envergure de ces nouvelles compositions.

Sur l'autre CD, le minimalisme de Two Lips est passé trois fois à la moulinette à dix-huit cordes. Par deux fois le résultat est anxiogène, ce qui n’empêche les groupes Zwer (Kobe Van Cauwenberghe, Matthias Koole, Toon Callier & Guy de Bièvre) et Dither (Taylor Levine, David Linaburg, Joshua Lopes & James Moore) de nous faire grand plaisir. Mais le meilleur est pour la fin : Coh Da (David First, Seth Josel, Robert Poss & Susan Stenger), moins radical, remue des couches branlantes à vous en faire perdre l’équilibre. Les cordes de guitares frétillent et derrière, y’a comme un truc qui remue : c’est la surprise qui vous attend !

Phill Niblock : Touch 5 (Touch / Metamkine)
Edition : 2013.
CD1 : 01/ Feadcorn Ear 02/ A Cage of Stars – CD2 : 01/ Two Lips 02/ Two Lips 03/ Two Lips
Pierre Cécile © Le son du grisli

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