Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Keith Fullerton Whitman : Generators (Editions Mego, 2012)

keith fullerton whitman generators

En ses premiers instants intrigant et mystérieux, pour ne pas dire opaque et insondable, le nouveau projet de Keith Fullerton Whitman gagne très vite en intensité sonore dynamique. Conçue lors d’une tournée nord-américaine de plusieurs dizaines de dates, la pièce Generator centralise les deux faces du présent LP. Mise au pluriel, en un double bien singulier, l’œuvre se présente sous deux aspects fondamentalement différents.

En side A, enregistrée lors d’un festival new-yorkais d’hommage(s) à l’incontournable Eliane Radigue, le drone macabre des premières minutes cède rapidement le champ électronique à un tournoiement analogique, quelque part à la rencontre du minimalisme répétitif de Philip Glass et de la Kosmische du groupe Fabric (sur Spectrum Spools, filiale des, tiens tiens, Editions Mego). Very nice indeed. De l’autre côté du disque, les secousses orageuses affrontent une évasion en scierie numérique – là, j’avoue moins accrocher à l’abandon méthodique de son abstraction.

Keith Fullerton Whitman : Generators (Editions Mego / Souffle Continu)
Enregistrement : 2009. Edition : 2012.
LP : A1/ Issue Generator (for Eliane Radigue) B1/ High Zero Generator
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Keith Fullerton Whitman : Disingenuity b/w Disingenousness (Pan, 2010)

disingenuisli

Artiste à la réputation mythique, Keith Fullerton Whitman n’a au de cesse d’explorer les styles au sein de sa déjà riche discographie. Entre breakcore et IDM (sous son pseudonyme de Hrvatski) pour le compte du label Planet Mu et l’electronica ambient avant-gardiste sur Kranky, le producteur et musicien américain n’a eu de cesse de renouveler un langage en perpétuelle mutation.

Aujourd’hui hébergé sur la maison Pan-Act de Bill Kouligas, KFW intègre essentiellement la musique concrète de Pierre Schaeffer et François Bayle dans son ultime ouvrage, qui nous vient quatre ans – et oui ! – après les fascinantes quarante-et-une minutes du live Lisbon. Adepte, c’est désormais officiel tant c’est frappant, d’un déconstructivisme analogique où la virtuosité des bruits vivants fait tournoyer les mandibules à force d’entrechocs, Whitman marie l’agressivité tangente des Nocturnal Emissions à l’enchevêtrement magnifique de Francisco Lopez (quand ce dernier ne mute pas le métal en une furie post-doom) – mais on songe aussi, de temps à autre, à Xenakis et aux expérimentations pionnières des années cinquante.

Conçues à partir d’enregistrements en public et de studio pris ces deux dernières années, les deux pistes de Disingenuity b/w Disingenousness (une par face de vinyle) évoluent en miroir l’une de l’autre. Bruyante et nerveuse, la première agresse les tympans en une épreuve combattante, la seconde apaise le tourment vers un surprenant clin d’œil au krautrock synthétique des seventies, où Ralf Hütter et Florian Schneider auraient muté en chercheurs de l’inconscient tournés vers l’au-delà.

Keith Fullerton Whitman : Disingenuity b/w Disingenousness (Pan-Act / Metamkine)
Edition : 2010.
LP : 01/ Disingenuity 02/ Disingenousness
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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