Le son du grisli

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Archives des interviews du son du grisli

Keiko Higuchi : Between Dream And Haze (Improvising Beings, 2016)

keiko higuchi between dream and haze

Piano butant sur les récifs, voix en demande de drames (Keiko Higuchi), cordes électriques enferrées dans le béton (Masami Kawaguchi, Louis Inage), fracas des métaux (Tatsuya Nakatani) : beau traité de déconstruction-dévastation ici.

Et puis cette voix. Cette voix qui rode, psalmodie, supplie, menace, plane. Le murmure est poison, le cri est délivrance. Mais il n’y aura pas de cri. Il n’y a que des formes en désordre, des calmes avant la tempête. Mais il n’y aura pas de tempête. Il y a cette voix, petite sœur de Linda S et grande sœur sortie du caveau de Nina S. le temps d’un bouleversé I’ll Be Seeing You. Et le jazz dans tout ça ? outragé, couché, terrassé. En haut : le rire du Malin.



keiko higuchi

Keiko Higuchi : Between Dream And Haze (Improvising Beings / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Summertime Devastated 02/ Burning 03/ 3 04/ Moon of Alabama 05/ Funeral Song 06/ Nothing Is Real 07/ 7 08/ 8 09/ I’ll Be Seeing You
Luc Bouquet © Le son du grisli

 



Albedo Fantastica : Culvert And Starry Night (An'archives, 2019)

albedo fantastica

C’est un chant fragile qui frôle les rives d’un langage : une voix, puis une autre, portées par un piano qui tangue avant de tempêter, graves suspendus contre un bouquet d’accords brisés. L’enregistrement est une affaire de portage, d’équilibre et aussi de laisser-aller ; elle est celle de Keiko Higuchi et de Sachiko, respectivement entendues sous étiquettes Improvising Beings et Utech.

albedo grisli

Est-ce par ce qu’il sera souvent difficile à l’auditeur de faire la part entre les interventions des deux musiciennes que celles-ci ont pris le nom d’Albedo Fantastica pour jouer ensemble ? L’écoute n’en dira rien, faisant « simplement » état d’une expression partagée, qui passe de séquences mélodiques en récréations déconcertantes. Ainsi le piano peut-il entamer une berceuse lasse, qu’une voix inquiète dévergonde bientôt ; les percussions invitent ailleurs au brouhaha, qu’un mélodica ou une flûte percera ; le lyrisme du clavier, quant à lui, aura maille à partir avec l’électronique.

Il faudra écouter plusieurs fois Culvert And Starry Night : car les spectres – ceux des sorcières de Mcbeth ? : « Redoublons, redoublons de travail et de soins : / Feu, brûle ; et chaudière, bouillonne » – que Keiko Higuchi et Sachiko agitent le long de leur belle dispute ne se laisseront pas entendre deux fois de la même manière. 

Albedo Fantastica : Culvert And Starry Night
An'archives
Edition : 2019
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Cette chronique est extraite du cinquième numéro du son du grisli papier. 

Image of le son du grisli #5 [revue]


Alan Silva, Keiko Higuchi : Crimson Lip (Improvising Beings, 2011)

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Une sombre menace imposée par guitare (Takuo Tanikawa) et synthétiseur (Alan Silva) ouvre ce concert japonais d’août 2009. Maintenant, voix (Keiko Higuchi) et contrebasse (Alan Silva) stagnent en des eaux boueuses, opaques. Sans génie sinon que d’être de fins coloristes, Keiko Higuchi (voix) et Sabu Toyozumi (batterie) ne parviennent pas à dissiper les lourds nuages.

Un unisson-menace survient qui déride l’improvisation : piano et batterie s’émancipent en un joyeux désordre d’enchevêtrements et d’enchâssements. La batterie n’est plus seulement coloriste mais s’arme de rythmes lourds et tortueux. Les présentations sont faites, l’improvisation gagne en puissance et profondeur. On écoute et on adhère.

Alan Silva, Keiko Higuchi, Sabu Toyozumi, Takuo Tanikawa : Crimson Lip (Improvising Beings / Orkhêstra International)
Enregistrement : 39 août 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Crimson Lip
Luc Bouquet © Le son du grisli



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