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Coppice : Cores/Eruct (Category of Manifestation, 2015)

coppice cores eruct

On  a l’impression qu’il suffit à Noé Cuéllar et Joseph Kramer de mettre des archives bout à bout pour pondre (passez-moi l’expression) un œuf de Coppice. Cores/Eruct, par exemple, a été composé entre 2009 et 2012 et c’est aujourd’hui (sur le propre label du duo, dont c’est la première sortie) qu’il surprend par sa nouveauté. Sa quête de nouveauté, tout du moins.

Car on trouve sur le CD de l’entendu (des drones, des questionnements arty, des expériences électromagnétiques…) et de l’inattendu (des collages à l’ancienne ou quasi, des bruits de lutherie qu’on ne peut même pas imaginer même si l’on sait que le duo manie l’harmonium préparé et la shruti box, des beats saugrenus dans le domaine de l’abstraction…). L’important, pour Cuéllar et Kramer, étant de provoquer des suites d’action/réaction à une seule et unique fin : composer une ambient expé qui élève le bruit mécanique au rang de paysage musical. Que dire d’autre ? Sinon qu’avec While Like Teem or Bloom Comes, 2015 commence bien !

Coppice : Cores/Eruct (Category of Manifestation)
Enregistrement : 2009-2012. Edition : 2015.
CD : 01/ Bluing 02/ Son Form 03/ Seam (Kinder) 04/ While Like Teem or Bloom Comes (Tipping) 05/ Blueing
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Alvin Lucier : Almost New York (Pogus, 2010)

almostgrisliAlvin Lucier a toujours nourri ses compositions des phénomènes acoustiques les plus difficiles à déceler (pour l’auditeur lambda, surtout). Hier à l’aide d’instruments électroniques ou même non-musicaux. Aujourd’hui comme sur Almost New York en utilisant des instruments plus traditionnels : violoncelle (Charles Curtis), piano (Joseph Kubera), flûte (Robert Dick), vibraphone (Danny Tunick) et tuba (Robin Hayward).

Il faut d’abord conseiller d’écouter ces deux disques au casque (rapport aux phénomènes acoustiques dont je parlais plus haut). Ensuite, il faut se laisser prendre par les notes d’un piano, transformées d’autant plus qu’elles s’éloignent du début de la partition. On ne sait pas ce qui fait vibrer ces notes, ce qui les étouffe, quel esprit les double, les prolonge, les cisèle, les lubrifie, les font disparaître… Peut-être cela est-il dû aux silences qui les séparent ? Peut-être à leur multiplication à cause de l’arrivée en renfort des autres musiciens ?

Réunis, ils se passent le relais avant de se hisser les uns sur les autres. Le vibraphone fait entrer ses réverbérations dans le jeu, la flûte tombe, se relève et tombe encore une fois. Plus tard, c'est-à-dire sur le deuxième CD, le tuba sera seul et dansera avec la même lenteur. Hayward se fondra dans la partition de Lucier avec une pondération de bon micro-ton. La musique est automnale, le texte musical est fait pour l’essentiel d’une fine ponctuation et New York est « Almost » parce qu’Alvin Lucier a trouvé en périphéries de quoi faire preuve de son urbanité.

Alvin Lucier : Almost New York (Pogus / Metamkine)
Edition : 2010.
CD1 : 01/ Townings 02/ Almost New York 03/ Broken Line – CD2 : 01/ Coda Variations
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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