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Henry Threadgill, Ensemble Double Up : Old Locks and Irregular Verbs (Pi, 2016)

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L’actualité se nourrit d’événements qui souvent se chassent l’un l’autre, et même parfois s’avalent. Ainsi cet hommage à Butch Morris qu’a composé Henry Threadgill aurait pu souffrir des honneurs (Pullitzer Price) récemment adressés à In for a Penny, In for a Pound de son Zooid. Et puis non.

Après tout, ce Double Up n’est-il pas, de l’aveu même de Threadgill, une « extension » du Zooid ? Dans la formation, qu’il emmène à la baguette, trouver deux pianistes (Jason Moran et David Virelles), deux saxophonistes alto (Curtis MacDonald et Roman Filiu), un tubiste (Jose Davila), un violoncelliste (Christopher Hoffman) et un batteur (Craig Weinrib).

L’évocation de Morris – musicien passé comme Threadgill par l’octette de David Murray avant de diriger, d’une manière toute personnelle, ses propres formations – passe en quatre temps. Au début du premier, les pianos entament une marche défaite que les (remarquables) saxophones emporteront bientôt : c’est « un » jazz, alors, que la composition commande avant d’aller au son de modules différents, où affleure parfois quelque lyrisme.

Si le groupe (septette dirigé de main de maître ? octette ? double quartette ?) détonne, ses musiciens ne se valent pas tous – à moins que le rôle qu’on leur a attribué affuble injustement tel ou tel d’entre eux d’un handicap. Mais les lourdeurs de l’exécution de Moran (est-ce Virelles ?) par exemple se feront oublier au son d’un solo de Weinrib, d’une idée d’Hoffman ou d’une saille de Filiu. Ce qui rassure, surtout, est que Threadgill ne s’est pas oublié à force de s’étendre. Et même : n’a pas aujourd’hui volé ce prix qu’il aurait dû recevoir hier.  



old locks

Henry Threadgill, Ensemble Double Up : Old Locks and Irregular Verbs
Pi Recordings / Orkhêstra International
Enregistrement : 22 mai 2015. Edition : 2016.
CD : 01-04/ Part One – Part Four
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Henry Threadgill Zooid : Tomorrow Sunny / The Revelry, Spp (PI, 2012)

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A y écouter de plus près, les propositions harmoniques du Zooid (Liberty Ellman, Jose Davila, Christopher Hoffman, Stomu Takeishi, Elliot Humberto Kavee) d’Henry Threadgill rejoignent souvent l’harmolodie d’Ornette Coleman. C’est sur les tempos binaires – et néanmoins contorsionnés – que le cousinage est le plus évident : la batterie s’invite élastique, jamais statique et le saxophone alto rejette le solo au profit d’interventions éphémères.

Sur tempos lents, le trouble trouve toute sa place. Ici, l’on suggère plutôt que l’on assène : tuba et basse acoustique grandissent l’unisson ou s’investissent dans le contrepoint, la flûte exulte et le violoncelle de Christopher Hoffman, nouveau venu dans le groupe, impose ses lignes claires et vivaces. En ce sens, désapprouve presque le mystère continu et persistant de la musique de Zooid. On le voit : Ornette n’est jamais très loin.

Henry Threadgill Zooid : Tomorrow Sunny / The Revelry, Spp (PI Recordings / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ A Day Off 02/ Tomorrow Sunny 03/ So Pleased, No Clue 04/ See the Blackbird Now 05/ Ambient Pressure Thereby 06/ Put on Keep-Frontispiece, Spp
Luc Bouquet © Le son du grisli

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