Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Improvisation Expéditives : Cactus Truck, Michel Côté, Igor Lumpert, Michael Vlatkovitch...

impro expéditives décembre 2012

igor lumpertIgor Lumpert : Innertextures Live (Clean Feed, 2012)
De ce jazz sans tension(s) et sans émoi(s), on ne raffole pas. Parce que trop précautionneux, parce que refusant la périphérie et parce que plafonnant en des motifs monotones, l’oreille s’évade. Reconnaissons néanmoins au saxophoniste ténor slovène Igor Lumpert une délicatesse non feinte et une sensibilité idéale quand s’invite la ballade (Sea Whispers, This Is for Billie Holiday). Sans brusquerie, contrebassiste (Christhopher Tordini) et batteur (Nasheet Waits) assistent le saxophoniste dans sa quête de douce prudence. Mais sans danger, où est le salut ?

vlatkovitch tryyo

Vlatkovich Tryyo : Pershing Woman (pfMENTUM, 2012)
Un batteur virevoltant (Damon Short), un violoncelliste languide (Jonathan Golove), un tromboniste volubile (Michael Vlatkovich), un bop qui n’en est pas, des thèmes passe-partout, des failles dans la mise en place, des dialogues croisés, des sautes d’humeur, une énergie débordée, des tricotages audacieux, une difficile facilité… et une prise de son si médiocre (comprenne qui pourra !) que l’on a du mal à aller jusqu’au terme du CD. C’était donc le Vlatkovich Tryyo.

peter romPeter Rom, Andreas Schaerer, Martin Eberle : Please Don’t Feed the Model (Unit, 2011)
Curieuses matières proposées par le trompettiste Martin Eberle, le guitariste Peter Rom et le vocaliste Andreas Schaerer : matières maniables et à la limite de la roublardise même si parfois entêtantes. Matières se répétant, invitant à faire se rencontrer Afrique et Brésil, human beatbox timide et arpèges lascifs. Dans cet océan de normalité, écartelée entre sirupeux et danger, la trompette de Martin Eberle émerge, libre et fusionnante. Presque mauvaise élève d’une musique frôlant plus d’une fois la ligne rouge.

cactus truckCactus Truck : Brand New for China! (Public Eyesore, 2012)
De cette sauvagerie extrême venue d’Amsterdam (John Dikeman : saxophones,  Jasper Stadhouders : guitare et basse électriques, Onno Govaert : batterie), on notera la colère exaucée, le déchaînement continu, l’étranglement convulsif, le paroxysme jamais abandonné, un chaos qui jamais ne se civilise, une basse enrhumée, un essorage de la matière, des bruits sans fin… et aucune trace d’essoufflement. Belle performance, messieurs !

maikrotonMaïkotron Unit : Effugit (Rant, 2012)
Du maïkotron, instrument à vent de la famille des bois, crée en 1982 par Michel Côté, on découvre ici quelques-uns des rauques effets. Entre hautbois enrhumé et clarinette basse grippée, on sait que cet assemblage hybride de trompettes, cornets, saxophones, clarinettes et trombone, courant sur cinq octaves et possédant des vertus microtonales peut s’ouvrir à de nombreux possibles. Possibles partiellement oubliés par Michel Côté, Michel Lambert et Pierre Côté dont la suave et très inspirée improvisation (longues introspection, espaces ouverts) éclaire plus les clarinettes, flûtes et saxophones des deux souffleurs que les troubles inflexions de cet étonnant maïkotron. 

shalabiSam Shalabi, Alexandre St-Onge, Michel F. Côté : Jane and the Magic Bananas (& Records, 2012)
Précepte cher à Glenn Branca, le petit jeu consistant à passer d’un apparent chaos à une transe évolutive, se retrouve plusieurs fois appliqué ici. Nous dirons donc que la guitare électrique de Sam Shalabi, la guitare basse d’Alexandre St-Onge et la batterie amplifiée de Michel F. Côté œuvrent dans l’hypnotique et le dérèglement. Sachant s’échapper de la masse pour mieux faire bloc, nos trois sidérurgistes donnent aux sévices soniques quelques vives médailles : pièces courtes et déplumées, travaillant sur les micro-intervalles, souvent déphasées et grouillantes, elles prennent source dans la dissonance même. En ce sens, habitant un profond aven, impriment la douleur dans la chair d’une musique sauvage à souhait.

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