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Peaches : I Feel Cream (XL, 2009)

Ifeelsli

En 2001, la Canadienne Peaches (Merrill Nisker, pour l’état-civil) a fait une entrée fracassante dans le grand rock’n’roll circus avec son premier album, The Teaches Of Peaches, paru sur le label berlinois Kitty-Yo. Truffé de pépites abrasives aux paroles (s)explicites, ce disque parfumé à la dynamite s’est répandu comme une traînée de poudre, s’imposant comme un classique instantané et propulsant la demoiselle à la proue du (pétaradant) courant electro-clash. Incarnation ultime de la femme fatale, Peaches combine la hargne revendicatrice des riot grrrls avec les tenues (et les poses) provocatrices d’une Madonna – un mélange haut en couleurs dont les effets deviennent franchement dévastateurs lorsque la demoiselle, mi-vamp mi-catcheuse, se produit sur scène : attention, chaud devant !

Enchaînant disques et concerts sans faiblir, tout en s’offrant de petites incartades bien senties (notamment sur le We don’t play guitars des Chicks On Speed), Peaches a maintenu ferme son emprise, à tel point que, au moment de la sortie de son troisième album (Impeach My Bush, 2006) le magazine anglais Diva l’a fort judicieusement qualifiée de « bisexual queen of dirty electro-cool » – titre autrement plus enviable que celui de reine d’Angleterre…

Ce n’est certes pas avec I Feel Cream que ce titre risque de lui échapper. Aucune révolution de palais n’accompagne ce quatrième album, tout au long duquel Peaches, égale à elle-même, se jette à plaisir dans le stupre. Armée d’une boîte à rythmes, d’un micro et d’un culot à tout casser, cette bondissante fille indigne de Joan Jett nous assène une douzaine de bombinettes pleines de sueur, de speed et de paillettes. Que Simian Mobile Disco, Digitalism ou encore Soulwax aient participé à l’enregistrement d’I Feel Cream n’a guère d’importance : nous savons qui mène la danse – et la mène rudement bien. Parmi ceux qui s’aventureront dans ce disque aux airs de cabaret déglingué, certains ne manqueront sans doute pas de chipoter, trouvant que Merrill en fait décidément un peu trop. Et alors ? N’est-ce pas précisément pour ça qu’on l’aime ? Parce que, tou(te)s (g)riff(e)s dehors, elle n’a jamais peur d’en faire trop ?

Peaches : I Feel Cream (XL / Beggars)
Edition : 2009.
CD : 01/ Serpentine 02/ Talk to Me 03/ Lose You 04/ More 05/ Billionaire 06/ I Feel Cream 07/ Trick or Treat 08/ Show Stopper 09/ Mommy Complex 10/ Mud 11/ Relax 12/ Take You Out
Jérôme Provençal © Le son du grisli

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