Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

Original Silence: The Second Original Silence (Smalltown Superjazz, 2008)

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Avec The Second Original Silence, les sélectes membres d'Original Silence (Thurston Moore, Mats Gustafsson, Jim O'Rourke et, tirés d'Offonoff, Terrie Ex, Massimo Pupillo et Paal Nilssen-Love) remettent leur ouvrage sur le métier bruitiste.

Enregistrées en public, quatre improvisations amalgament des pratiques iconoclastes et fiévreuses dispersées d'habitudes en projets différents : comme l'amas de couleurs provoque la naissance du noir, les guitares sifflante de Moore et mordante d'Ex, les graves appuyés du baryton de Gustafsson et de la basse de Pupillo, les déflagrations électroniques d'O'Rourke et l'éclat des anti-structures de Nilssen-Love, préfèrent à toute esthétique un manifeste ravageur qui, transposé sur disque, convainc plus ou moins selon qu'il profite d'un moment d'inspiration partagée ou se contente d'un ronron désabusé – virulences presque obligées. Au final, acceptable, The Second Original Silence invite surtout à tenter d'approcher le groupe en concert, si jamais.

Original SIlence : The Second Original Silence (Smalltown Superjazz / Differ-ant)
Edition : 2008.
CD : 01/ Argument Left Hanging – Rubber Cement 02/ A Sweeping Parade of Optimism – Blood Streak 03/ High Trees & A Few Birds – The Doll's Reflection 04/ Crepescular Refractions – Mystery Eye
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Loose Fur: Born Again in the USA (Drag City - 2006)

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Deuxième album en commun pour les échappés de Wilco - Jeff Tweedy et Glenn Kotche - et l’électron presque libre Jim O’Rourke, Born Again in the USA sonne des retrouvailles plus ou moins heureuses entre les 3 hommes et leurs fantômes respectifs.

Donnant souvent dans le mélange du rock et d’une country allant jusqu’aux sifflements, Loose Fur a l’excellente idée de décomplexer son parti pris à mesure que défile l’album. Lancé sur un rythme poussif et clinquant (Hey Chicken, The Ruling Class), le trio profite de compositions d’O’Rourke pour imposer des arrangements plus convaincants : instillant une longue plage instrumentale à une rengaine folk (Apostolic), adressant un clin d’œil amusé à Burt Bacharach (Thou Shalt Wilt), ou tissant sans en avoir l’air une chanson étrange posée sur canevas atmosphérique, complexe et admirable (Wreckroom).

Moins ambitieux, les musiciens pourront aussi se contenter d’un rock nerveux sans identité (Stupid as the Sun) ou d’une miniature pop par trop légère (Wanted). Noieront ailleurs un instrumental qui avait pourtant bien commencé sous le lyrisme ronflant d’un piano plus que dispensable (An Ecumenical Matter).

Ainsi, Born Again in the USA reste à sa place : celle, habituelle, d’un disque de Jim O’Rourke, capable d’excellence et de mièvrerie fade tout à la fois. Certains se satisferont de la première quand il s’agira pour d’autres de compléter une collection.

CD: 01/ Hey Chicken 02/ The Ruling Class 03/ Answers to your Questions 04/ Apostolic 05/ Stupid as the Sun 06/ Pretty Sparks 07/ An Ecumenical Matter 08/ Thou Shalt Wilt 09/ Wreckroom 10/ Wanted

Loose Fur - Born Again in the USA - 2006 - Drag City. Distribution Discograph.


Diskaholics Anonymous Trio : Weapons of Ass Destruction (Smalltown Superjazz, 2006)

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Après avoir dit beaucoup et fort sur un premier album publié en 2001 par le label Crazy Wisdom, le trio Thurston Moore / Jim O’Rourke / Mats Gustafsson réengage son Diskaholics Anonymous Trio sur la voie d’une improvisation brouillonne, certitude bruyante et désinvolte.

Le tumulte instable défendu plus que tout, en deux fois. Sur une première partie emportée, chargée des larsens ressassés de Moore, des inserts électroniques vibrants et parasites d’O’Rourke et des plaintes rauques sorties du saxophone de Gustafsson. Sur une seconde partie plus leste, combinant d’abord l’effet de masses électriques et les attaques nerveuses individuelles, avant d’accorder le trio sur un projet commun : l’établissement entendu de parallèles sonores.

Peut-être est-ce de ne s’être pas assez posé de questions, mais en instaurant l’amas grave et confus qu’est Weapons of Ass Destruction, Diskaholics Anonymous donne souvent dans la complaisance pour interroger tout à coup l’intérêt à rendre sur disque un exercice improvisé déjà partiellement intéressant en public.

Même honnête, l’improvisation n’est jamais à l’abri d’accueillir soudain les prétentions déplacées de ses apologistes. Et voilà que sans l’image et la confrontation directe au spectacle donné, le set ne tient plus que de l’anecdote ronflante, quand elle aurait dû au moins chercher à briguer le statut de document.

Diskaholics Anonymous Trio : Weapons of Ass Destruction (Smalltown Superjazz / Differ-ant)
Edition : 2006.
CD : 01/ Weapons of Ass Destruction Part 1 02/ Weapons of Ass Destruction Part 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Tri-Dim, Jim O'Rourke, Barry Guy : 2 of 2 (Sofa, 2001)

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Compilation d’enregistrements ou projets divers réunis par Tri-Dim afin d’élaborer un deuxième album hybride, 2 of 2 a été confectionné en compagnie de monstres-parrains de choix. Auprès du trio norvégien, donc : Barry Guy et Jim O’Rourke.

Il est malgré tout normal de revenir sur les présentations. Enregistré en concert sans aide extérieure au trio, Håkon Kornstad (anches), David Stackenäs (guitare) et Ingar Zach (percussions) installent en frénétiques un 01 qui mêle assauts et fulgurances sans décoller vraiment. Réunis pour investir ensemble un propos improvisé, ils ne parviennent pas à démontrerici des talents qu’on a pu leur reconnaître ailleurs.

Invité à construire 02 en assemblant à sa guise des parcelles d’enregistrements inédits du trio, Jim O’Rourke impose d’abord des concisions, glisse de longs silences dans les collages. Le grain du saxophone, à peine perceptible, lance une programmation électronique élégante, oscillant au gré des allées et venues de basses sur un bourdon rendu par quelques boucles discrètes. La rencontre avec Barry Guy s’est tenue, elle, au Molde Jazz Festival. En retrait sur l’ouverture de 03, l’archet du contrebassiste ne tarde pourtant pas à abandonner un phrasé introspectif pour donner à entendre un amas féroce et irrésistible, soutenu intelligemment par la guitare et les percussions. Les pizzicatos chassent ensuite l’archet décadent et décident d’un calme indigne de confiance. Insufflant l’essentiel de la substance de 04, qui reprend le chaos là où le quartette l’avait laissé, Guy impose le retour à l’ordre et au calme afin d’envisager au mieux la conclusion.

Voici donc installés, sur 2 of 2, trois univers différents aux ramifications se chevauchant parfois. Aperçu des formes que peut épouser l’improvisation, enregistrée sur le vif ou travaillée ensuite. Et de l’influence de superviseurs choisis sur la qualité de l’œuvre.

Tri-Dim, Jim O'Rourke, Barry Guy : 2 of 2 (Sofa)
Edition : 2001.
CD : 01/ 01 02/ 02 03/ 03 04/ 04
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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